T… Tu vivras dans la forêt

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Je me réjouis à l’idée de m’entretenir avec mes ancêtres qui vivaient du travail de la forêt. Je m’approche de la voix qui s’était exprimée au loin, et j’arrive face à un homme.

Moi : Je rencontre enfin un homme de la forêt. Quel était votre métier ? Bucheron ? Scieur de long ?

Homme : Non, garde-forestier.

Moi : Pierre PALISSON, je présume ?

Pierre, hochant la tête : En effet, vous me connaissiez ?

Moi : Une profession aussi peu courante, ça marque ! J’avais espéré trouver plusieurs générations de garde-forestiers mais non…

Pierre : En effet, mon père était laboureur, comme je l’ai été également. Il ne faut pas oublier que je suis né en 1806 et que le premier code forestier date de 1827.

–  Moi : Vous n’étiez pas originaire de Feux il me semble.

Pierre : Non, en effet mais Feux est connu pour compter de nombreuses forêts sur son territoire ! J’ai d’ailleurs vécu dans plusieurs hameaux de ce village : Savernay, Bashuchet, les Beurthes, la Bascule… Jamais très loin de la forêt.

Feux

Pierre : Mais j’imagine que si tu fais de la généalogie, ce n’est pas moi que tu as rencontré en premier mais mon gendre Auguste, qui a eu une vie dans la forêt bien différente…

Bientôt la suite

S… Santranges

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Moi : Merci Edmé pour ces échanges. Avec cette dernière discussion me voilà revenue à la limite du Berry, car Louis ROY était originaire de Châtillon-sur-Loire.

Edmé me salue, s’éloigne et rejoint les autres ancêtres qui patientent dans mon salon.

J’entends une voix au loin :

– Homme : Châtillon-sur-Loire ? Nous n’habitions pas très loin, à Santranges.

– Moi, haussant la voix : Santranges ? Je connais de nom mais pas beaucoup plus. Je n’ose pas demander votre profession de peur de découvrir de nouveaux vignerons !

– Homme, en riant : Non ! Avec mon père Gabriel nous étions meuniers !

S

– Moi : Ahhhh, des ancêtres meuniers ! J’en ai découvert quelques-uns plus proches de mon village natal. Après les vignes, je passe donc au cours d’eau ! Vivement que j’arrive en forêt !

Autre voix : tu ne crois pas si bien dire !

La suite demain

R… Roi et sa prononciation

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Moi : j’ai déjà dû le raconter maintes et maintes fois sur mon site, mais enfin voilà comment j’ai résolu une épine généalogique.

J’avais beaucoup de mal à trouver des informations sur Louis ROY, un ancêtre qui aurait été tisserand et était originaire d’une commune limitrophe du Loiret. Sa femme était Marie MOUTON, domestique, dont je ne trouvais pas l’acte de décès.

J’avais bien trouvé une Marie MOUTON, mais qui avait été mariée à Louis ROUET.

(Quelques ancêtres comprennent et se mettent à rire. Edmé qui n’est pas originaire du Berry ne comprend pas très bien).

Il faut avoir pris des cours de berrichon pour comprendre ! Par exemple on ne dit pas « moi » mais « moué ». Pour « toi » on dit « toué ». Donc pour « roi » on dit…

Edmé : Roué !

Et voilà comment j’ai résolu cette énigme ! Louis ROY et Louis ROUET ne sont qu’une seule et même personne. Mais comme les témoins au décès de Marie MOUTON ne devaient savoir ni lire ni écrire, le nom de son mari fut écrit comme il se prononçait !

Suite à venir…

Q… Quelques nouvelles révélations

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La discussion se poursuit avec Edmé, mon aïeul originaire de l’Yonne.

– Edmé : J’ai parlé de ma femme Magdeleine, mais j’ai à peine évoqué mes parents. Mon père était laboureur, mais à ses heures perdues a également été …

(suspens)

vigneron.

– Moi, me mordant les lèvres pour ne pas dire « encore » : … On se rapproche de Chablis au moins !

Edmé : Et mon grand-père était fermier au château de Curly, à Auxerre.

Moi : Tiens, c’est bien la première fois que j’entends parler d’un ancêtre ayant vécu dans une grande ville. Enfin, du chef-lieu d’un département !

Edmé : Oui, mais tu imagines bien qu’avec cette profession, il ne vivait pas dans le centre d’Auxerre, mais en périphérie.

J’ouvre une carte du secteur.

Edmé : Tu vois, c’est à l’est à proximité de Bleigny-le-Carreau. Le village d’origine de ma belle-famille.

Q

Moi : Et son père était aussi fermier au même endroit ?

Edmé réfléchit : Humm, je ne sais plus trop. Il devait bien être laboureur aussi. Mais je ne sais pas pourquoi, je crois avoir entendu dire qu’il était marchand… Ah si seulement j’avais fait de la généalogie à mon époque ! Ce que je sais c’est que sa femme s’appelait Edmée, comme ma grand-mère maternelle et sa mère également.

Moi : Et bien, voilà un prénom répandu alors que je l’ai rencontré peu souvent dans le Berry. En tous cas, merci pour cette discussion qui a débuté sur des histoires de prononciation !

D’ailleurs, il faut que je vous raconte comment j’ai débloqué une épine généalogique simplement en prononçant un mot à la berrichonne !

A suivre

 

P … Poursuivons avec Edmé DUMAY

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Après ce petit moment d’incompréhension autour de l’orthographe de l’Yonne, Edmé reprend.

Edmé : Je me suis établi à Saint-Bouize, mais si tu regardes bien les archives, je suis venu avec ma femme … et aussi avec ma sœur qui décèdera durant l’an IX ».

Moi : Ah je ne le savais pas. Et que faisiez-vous à Saint-Bouize ? Je ne pense pas que vous étiez vigneron !

Edmé, souriant : Comme bon nombre de tes ancêtres j’ai travaillé la terre : laboureur, jardinier…

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Moi : Ah oui c’est vrai que j’ai eu plusieurs ancêtres jardiniers à Saint-Bouize !

Edmé : Et pour cause, le nom du village pendant la révolution était « Les Jardins ».

Moi : Ah oui ? En même temps ça ne m’étonne pas tellement, je me souviens de l’immense jardin de mon arrière-grand-mère dans cette commune…

Edmé : Qui habitait dans le même hameau que nous ! En allant en vacances là-bas, tu as touché du doigt notre vie sans le savoir… Nous étions donc moi, et ma femme Madeleine RAOUL, issus de familles de cultivateurs. Et toi qui est à la recherche de professions insolites, son grand-père Claude CARRE était tuilier à Bleigny-le-Carreau.

Moi : Tuilier ? Il fabriquait des tuiles ?

Edmé, hochant la tête : En effet.

La suite lundi.

O … Originaire de …

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Je continue un peu la discussion avec Solange, lui parle des communes de la Nièvre que je connais, lorsque je suis interrompue par un nouvel ancêtre…

Homme : Si tu recherches un ancêtre voyageur, je pense être celui qui a fait le plus long chemin !

Je réfléchis.

Moi : Edmé DUMAY ?

Edmé : Oui, c’est bien moi !

Moi : Non seulement vous n’êtes pas originaire d’un département limitrophe, mais en plus j’ai mi un petit moment à comprendre d’où il s’agissait !

Edmé : Ah bon ?

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Moi : Oui, il y avait écrit département de Lionne.

Edmé : Oui, l’Yonne !

Moi : Non mais sur l’acte il était écrit Lionne !

Edmé, perplexe : Oh tu sais je ne sais pas signer, alors l’écriture de l’Yonne…

– Moi : Quoi qu’il en soit, j’ai découvert de nouveaux lieux : Venoy, Signelais… Que j’ai hâte d’en savoir plus !

La suite demain.

N… Nièvre la suite

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Avec cette deuxième branche nivernaise, je retrouve donc un nouvel ancêtre vigneron : décidément !

Moi : Votre famille était originaire de Saint-Père ?

Solange : Du côté de mon père oui, du moins de ce que j’en sais. Ma mère par contre était originaire de Saint-Martin-du-Tronsec.

Moi, surprise : Tiens, je ne connais pas cette ville ! Une nouvelle zone pour mes recherches ?

Solange : Pourtant non, c’est assez proche…

Après vérification, cette commune a changé de nom pour devenir Saint-Martin-sur-Nohain, une localité qui me parle plus. Cette commune se trouve à 7 kilomètres au sud-est de Saint-Père. J’en fait part à Solange, qui semble étonnée du changement de nom.

Moi : Et le bourg de la commune a été déplacé dans un hameau plus central. Même l’église a été démontée et remontée !

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Solange, un peu triste : C’est dommage, car le nom de la commune était lié à une belle légende.  AU IXème siècle, les reliques de Saint Martin de Tours avaient été déplacées de Tours à Auxerre, car on craignait les invasions normandes. Je ne sais plus trop si c’était au voyage aller ou retour… Mais quoi qu’il en soit les pèlerins chargés du transport suivaient la vallée du Nohain et furent pris dans un orage. Ils demandèrent l’hospitalité à l’abbaye de Saint-Laurent. De peur que cela ne soit un piège, on leur refusa l’hospitalité.  Comme le Nohain était en crue, il fallut gravir une côte voisine.

Ils trouvèrent un vieil orme sec dans lequel furent abritées les reliques. Le lendemain, l’arbre était couvert de feuilles verdoyantes ! En souvenir on bâtit à cet endroit une chapelle, puis une église et cela donna son nom à la commune. Voilà pourquoi ce déménagement m’attriste un peu…

(Et c’est bien compréhensible)

La suite demain.

M… Ma branche nivernaise

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Plus aucun bruit dans la pièce, tous attendent de savoir quel est ce fameux premier ancêtre que j’ai découvert hors du Cher.

Moi : Mon premier ancêtre qui n’était pas berrichon est une ancêtre : il s’agit de Solange GALLARD.

Je vois une femme s’approcher, je vais enfin la rencontrer !

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Moi : Que je suis heureuse de vous rencontrer ! Vous avez un statut tout à fait particulier pour moi.

Solange, surprise : Ah bon ?

Moi : Oui, vous êtes le premier ancêtre dont j’ai découvert une origine en-dehors du Berry. Vous auriez vu mon sourire ce jour-là !

Solange : Certainement. Mais ce n’est pas si loin, finalement,  l’autre côté de la Loire.

Moi : Oui, mais peu importe la profession que pouvaient avoir vos parents, pour moi c’était déjà l’excitation !

Solange : Comment ? vous ne connaissez pas leur profession ? Cela devait pourtant figurer dans les actes.

Moi : Non sur votre acte de mariage, il y a des gribouillis difficiles à lire.

Solange: Et bien, cherchez celui de mon frère.

Moi : Bien, je vais me rendre sur les archives de la Nièvre

Solange, en hochant la tête : Non, il s’est également marié dans le Berry, pas très loin de Sury-en-Vaux, à Léré.

Moi, intriguée : Ah ?

Je cherche donc ledit mariage. Solange a épousé un vigneron de Sury-en-Vaux, Jean DELAPORTE, en 1775. Son frère Claude s’est marié sept années plus tard à Léré, je vais enfin connaître la profession de Blaise GALLARD, père de Solange.

Moi, en lisant l’acte tout haut : alors … Claude Galard, âgé de vingt sept ans, domestique, fils de Blaise Galard vigneron en la paroisse de Saint Pierre…

Je m’arrête. Mes ancêtres scrutent ma réaction, je réprime de peu un « Encore un vigneron ??? ».

La suite demain

L … Le secret de Louis LINARD

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Je suis un peu déçue de ne pas avoir percé le mystère autour du mariage d’Henri CHAMPAULT. Mais mes ancêtres veulent peut-être garder quelques secrets.

Même si j’ai très envie de connaître le fin mot de l’histoire, je me retiens donc de parler des circonstances de la mort de Louis LINARD.

J’ai parcouru quelques numéros du petit Charitois tout à fait par hasard sur internet. Il concerne assez peu mes ancêtres car il relate surtout ce qui se passe de l’autre côté de la Loire, mais il y a parfois quelques faits divers concernant les communes limitrophes. J’ai peut-être ainsi retrouvé un ancêtre, Louis LINARD, dont l’âge sur le journal concorde. Le pauvre se serait suicidé.

LINARD

Le Petit Charitois – 2Mi 347 (AD 58)

Mais cela je le garde pour moi, et je n’en parlerai pas à Jean BEAUNEZ qui est l’un de ses aïeuls. D’autant que le ton de l’article m’avait profondément déplu !

J’ai définitivement envie de parler de choses plus gaies !

Moi : et si l’on parlait des premiers ancêtres que j’ai découvert hors du Cher ?

La suite demain

K … 200 kilomètres pour se marier

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Après avoir parlé de mes ancêtres poilus, mon cerveau commence à bouillonner. Avoir mes ancêtres sous la main : voilà qui devrait m’aider à élucider quelques mystères.

Moi : Est-ce que Henri CHAMPAULT est ici ?

Un homme s’avance, visage allongé, cheveux châtains et yeux gris-bleus.

Henri : oui ?

Moi, joyeuse : Ah vous allez pouvoir résoudre une énigme vous concernant !

Henri, surpris : Vraiment ?

Moi : Mais oui, votre mariage ?

Henri : Et bien quoi, mon mariage ?

Moi : Faire plus de 200 kilomètres pour se marier ce n’est pas banal ! Vous vous êtes mariés au Coteau dans la Loire alors que vous étions tous deux originaires du Sancerrois. Et vous en avez profité pour légitimer un enfant né hors mariage.

Henri, évasif : peut-être…

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Moi : Surtout que je ne vous retrouve pas dans les recensements du Coteau en 1906 ni à Jars où vous avez pourtant eu une fille cette même année ! Et ensuite vous êtes partis à la Chapelotte, puis à Neuilly ?

Henri : Désolé je ne me rappelle plus bien. Il doit bien y avoir une trace quelque part.

Moi, déçue : Bon, tant pis.

Henri : Mais il me reste un petit-fils encore en vie, et il ne vit pas très loin de chez tes parents. Peut-être saurait-il quelque chose ?

Je hoche la tête tandis qu’il s’éloigne, ça aurait été trop facile qu’il me donne la réponse !

A suivre