Mes ancêtres

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    De Bué à Sury-en-Vaux, le destin de Martin VIMON

    Les quatre premiers mois de 2024 sont denses en anniversaires généalogiques. Je vous propose aujourd’hui de revenir sur la vie de Martin VIMON, mon aïeul à la deuxième génération, décédé le 30 mars 1824.

    Martin VIMON nait le 9 novembre 1769 à Bué (Cher) de parents vignerons. Son parrain est Jean MOREUX, tonnelier, et sa marraine Radegonde DUCROUX, sans doute une cousine du côté maternel.

    Acte de baptême de Martin VIMON – Registre paroissial de Bué -1732 – 1770 – 3E 899 – Archives du Cher

    Martin n’a que onze ans lorsque sa mère Marguerite FONTAINE décède en 1780. S’il eu sept frères et sœurs, la majorité ne survécu pas à sa première année. De cette fratrie, au décès de leur mère, il ne reste que sa soeur aînée Marie âgée de 21 ans et son frère Paul âgé de 13 ans. Ce qui se passe ensuite dans cette famille est pour moi un grand mystère car, alors que j’imaginais Charles VIMON s’occuper de ses enfants suite à la perte de sa femme, il décède trois ans plus tard … mendiant à Pierrefitte-ès-Bois dans le Loiret à une trentaine de kilomètres de là…

    Ce village a une importance toute particulière dans ma généalogie, car c’est là que plusieurs filles mère étaient allées accoucher… et où donc un aïeul était aller mourir sans le sou. Le lieu de tous les secrets…

    Quoi qu’il en soit Martin a donc 16 ans lorsque son père décéde. Je ne sais si c’est avant ou après cet évènement, mais il quitte Bué pour aller travailler à Sury-en-Vaux, un autre village qui se situe à environ 8 kilomètres à pieds. Il est « garçon vigneron » chez un vigneron du hameau de la Vallée, où vit Geneviève DOUCET avec ses parents, sa future femme.

    Il retourne dans son village d’origine, Bué, le 9 pluviose an VII pour conclure un contrat de mariage chez Maître PINARD. Lui qui est orphelin de père et de mère est accompagné de sa sœur Marie et son époux Pierre BERNON, ainsi que son cousin germain Jean MOREUX.

    Première page du contrat de mariage de Martin VIMON et Geneviève DOUCET – Minutes de Me PINARD, étude de Bué – E/19586 – Archives du Cher

    Geneviève DOUCET est quant à elle accompagnée de ses parents. J’avoue avoir eu un peu de mal à déchiffrer ledit contrat, mais chacun des époux apporte la somme de 175 francs à la communauté. Le préciput est fixé à un lit « garni », des coffres, les habits hardes et le linge du survivant. Il est prévu que dès le mariage célébré les futurs époux iront demeurer à la Vallée chez la mariée où ils formeront une « communauté générale » dont la constitution est rédigée sur plusieurs pages. C’est que la situation est complexe, car les parents de l’épouse, René DOUCET et Catherine FARJOT, formaient déjà une communauté avec Anne DOUCET veuve de Jean GIRAULT, qui se poursuit également.

    Les noces sont célébrées le lendemain, le 10 pluviose an VII à Sury-en-Vaux. On y apprend que la mariée n’était pas originaire de Sury-en-Vaux mais de la commune voisine de Ménetou-Râtel, au hameau des Seguins. On y retrouve du côté du marié Jean MOREUX qui l’avait accompagné la veille chez le notaire, ainsi que François CHOLLET un vigneron de Sury-en-Vaux. Du côté de Geneviève les témoins sont son père René et son beau-frère Louis MOREUX demeurant à Verdigny.

    Acte de mariage de Martin VIMON et Geneviève DOUCET – 1799 – 1801, Sury-en-Vaux – 3E 1062 – Archives du Cher

    Martin suivra le destin qui lui était tout tracé en devenant vigneron. Seules deux filles rejoindront leur foyer : mon aïeule Geneviève née en l’an VIII, et Jeanne née en 1803.

    Il décède le 30 mars 1824 à Sury-en-Vaux, au hameau de la Vallée, à l’âge de 54 ans. C’est sa femme Geneviève qui ira déclarer le décès quatre mois plus tard. Ses filles sont les deux seules héritières ; Paul TORTERAT est cité mais pas son autre beau-fils. Il est vraisemblable que Jeanne et Paul vivaient avec Martin et Geneviève.

    L’acte de mutation après décès nous apprend que Martin laisse derrière lui :

    • Son mobilier estimé à 82,56 francs
    • Deux parcelles de vigne : 10 ares 55 centiares aux Chassaignes et une autre de 7 ares 91 centiares dans un lieu-dit dont je n’arrive pas à lire le nom. Le revenu estimé est de 10 francs
    • Une terre de 5 ares 28 centiares à la Charlotte, revenu de 1 franc
    • Une masure qui a été acquise pendant la communauté estimé moitié à un revenu 2 francs
    Registre des déclarations de mutations après décès. 1er avril 1823 – 31 décembre 1825 – 1Q/1680 – Archives du Cher
    Cliquer pour afficher l’acte de décès de Martin
    Actes de décès de Sury-en-Vaux – 1823-1842 – 3E 2428 – Archives du Cher
    Localisation des lieux cités – Géoportail
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    Les épreuves d’Étienne DEZAT

    J’ai souhaité un bien triste anniversaire généalogique le quinze mars dernier. J’imagine que c’est le cœur lourd il y a deux cents ans qu’Étienne DEZAT et Marie THOMAS ont vu mourir leur petite Marie âgé de 11 ans. De leurs six enfants, elle est la cinquième à mourir en bas âge ; Marie Rosalie, Victoire et Pierre n’avaient vécu que quelques heures ou quelques jours, François seulement quatre ans. La perte de Marie a dû être d’autant plus difficile qu’Étienne avait déjà perdu son père Jean-Baptiste en début d’année (un anniversaire que j’avais également relaté). Leur famille ne compte plus que le jeune Étienne, alors âgé de 13 ans, en qui ils fondent tous leurs espoirs

    Acte de décès de Marie DEZAT, décès de Sury-en-Vaux – 3E 2428 – Archives départementales du Cher

    Une famille resserrée

    Lorsque le malheur frappe encore sa famille avec la perte de Marie, Étienne peut compter sur ses frères Louis, Jean et sur sa petite sœur Anne. Leur sœur aînée Magdeleine qui fut mon aïeule à la neuvième génération les avait quitté bien trop tôt à l’âge de 32 ans, sans doute de suites de couches. La fratrie compta trois autres enfants qui ne vécurent que quelques jours.

    Louis est sans doute le frère qui occupe le plus mon temps de recherches, puisqu’il fut meunier au moulin de Panquelaine à Sury-en-Vaux.

    Dix ans après Marie, le dernier fils encore en vie d’Étienne et Marie décède en Algérie de maladie alors qu’il y faisait son service militaire… Une histoire qui fera sans aucun doute l’objet d’un article à part entière.

    Les héritiers d’Étienne

    Lorsqu’Étienne décède en 1848, sept ans après son épouse, il n’a donc aucun héritier direct. Ses héritiers seront donc son frère Jean, qui ira déclarer la succession, et ses neveux : ceux de Marguerite et de Louis.

    Acte de décès d’Étienne – Cliquez pour déplier
    Acte de décès d’Étienne DEZAT – Décès de Sury-en-Vaux – 1843 – 1852, 3E 2429, Archives départementales du Cher
    Les héritiers d’Étienne sont représentés avec une pastille verte

    S’il n’y a pas eu d’inventaire après décès en bonne et due forme, nous avons malgré tout une description assez précise des biens qu’a laissé Étienne. Tout d’abord tout le nécessaire pour la vie quotidienne :

    • La garniture du feu (ustensiles de la cheminée)– 5 francs
    • Une table – 2 francs
    • Une mée (sorte de commode) – 4 francs
    • Batterie de cuisine – 6 francs
    • Un coffre – 5 francs
    • Un lit garni – 70 francs
    • Un mauvais lit – 30 francs
    • Six draps – 18 francs
    • Deux nappes – 3 francs
    • Deux jarres – 3 francs
    • Une besace – 1 franc
    • Une roue et un dévidoir – 3 francs
    • Les hardes du défunt – 15 francs

    Mais également des objets en rapport avec son métier de vigneron

    • Des outils de vigneron – 5 francs
    • Une cuve et six futailles – 46 francs
    • Quatre hectolitres 48 litres de vin rouge – 30 francs

    Du côté des papier, nous apprenons qu’il existe une créance, celle de la « veuve Thuilier » pour 200 francs. En faisant de rapides recherches je n’ai pas trouvé de qui il pouvait s’agir.

    Place ensuite aux immeubles. Il y a tout d’abord une grange et une écurie en basse-goutte (zone sous le prolongement du toit) pour un revenu de 6 francs. S’en suit une longue liste de 27 parcelles situées sur la commune de Sury-en-Vaux, se décomposant de la manière suivante :

    Extrait du registre de mutations après décès – cliquez pour déplier
    Registre des déclarations de mutations après décès. Bureau de Sancerre. 1er novembre 1846 – 25 octobre 1848. Archives départementales du Cher.

    Voici donc comment se termina la vie, et la branche, d’Étienne DEZAT. Mais je n’en ai pas terminé avec cette famille, dont vous entendrez parler dans de prochains articles ! Et enfin, malgré l’homonymie, cette branche n’est pas celle qui a donné mon patronyme puisqu’elle se trouve dans mon ascendance maternelle.

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    Destins croisés de Jean LAUGERAT et Elisabeth MALLET

    Elisabeth MALLET voit le jour le 16 frimaire an X à 11 heures, au village de Montigny (18). Elle est la fille de Marc MALLET, laboureur, et Marie…MALLET. S’il faisait sans doute frais le jour de sa naissance, l’été est bien là sept mois plus tard lorsque nait son futur époux Jean LAUGERAT le 17 messidor an X à Rians, à 2h du matin. Il est le fils de François LAUGERAT, manœuvre, et d’Anne GRASSOREILLE ; sans doute le patronyme le plus étonnant de l’arbre de mes filles !

    Le grand jour est arrivé

    Le mariage entre Jean et Elisabeth se tient le 4 février 1824 à Rians. Pour notre couple d’origine modeste, il n’y aura pas de contrat de mariage. Les publications précédant l’union ont bien été faites à Rians, mais également à Nohant-en-Goût, une commune assez éloignée où l’un des époux devait sans doute travailler. Il est probable que ce soit Jean, qui est désigné comme domestique sur l’acte de mariage.

    Une toute nouvelle famille

    Elisabeth et Jean partent alors vivre à Rians, où viendront au monde leurs enfants.

    Leur premier enfant naît le 29 novembre 1827 : il s’agit de Catherine, qui est l’aïeule de mon mari (sosa 43). Quatre an plus tard, le 21 mars 1831, Pierre les rejoint. Puis c’est au tour de Marie le 15 octobre 1833, et enfin François le 29 janvier 1837.

    Quatre enfants, c’est assez peu pour l’époque ! Si notre famille vécut à Rians, elle déménagea ensuite à Aubinges, où Jean deviendra bûcheron.

    Nous y retrouvons Catherine en 1853 pour son mariage avec Claude PIZON. Malgré le fait qu’il soit boiteux de la jambe gauche, il devait avoir d’autres qualités ! Lors du mariage il était tisserand, mais il fut également coquetier.

    Puis vient le tour de la deuxième fille de la famille de se marier. Les noces se tiennent à Ménetou-Salon en novembre 1856 ; Marie épouse Claude LENOIR, avec lequel elle ira s’établir à la Chapelotte. Notre couple ne donnera malheureusement pas de petits-enfants à Elisabeth et Jean, car Marie décède moins d’un an après le mariage, en septembre 1857.

    Lors du recensement de 1861, seul François vit encore avec ses parents. Mais Pierre ne devait pas vivre très loin, puisqu’il décède à Aubinges le 19 janvier 1862, à l’âge de 30 ans. Son beau-frère Claude PIZON fut d’ailleurs l’un des témoins.

    Une période sombre

    Viennent ensuite des mois éprouvants pour la famille… Elisabeth décède le 29 mars 1870 à midi, à l’âge de 71 ans. Son fils François, qui est également devenu bûcheron, déclarera le décès. Il était toujours célibataire, vivant chez ses parents. Quelques mois plus tard la guerre franco-allemande éclate. Étant célibataire et en âge de se battre, François rejoindra la garde nationale mobilisée du Cher, le 1er bataillon. Il décède le 6 janvier 1871 au 4 rue de Chappe à Bourges. Aucun indice sur son acte de décès ne permet de savoir si sa mort est liée à la guerre.

    Jean ou Nicolas ?

    L’acte de décès de Jean ne figure pas dans les registres… ou plutôt l’officier d’état civil pour une raison inconnue l’a nommé Nicolas ! Bien que les parents ne soient pas les mêmes, un déclarant est Claude PIZON et il est bien indiqué veuf d’Elisabeth MALLLET. L’âge correspond … pour moi il s’agit bien de la personne décédée le 30 avril 1885 à 22h, à l’âge de 82 ans. Bien qu’il soit noté rentier dans son acte de décès et dans les tables de successions et d’absence, un certificat d’indigence lui a été accordé.

    Acte de décès de Nicolas, Jean (?) LAUGERAT – Archives du Cher – Etat civil d’Aubinges – 3E 4843
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    Mauvais garçons

    Le point de départ de cet article, dont la première version date de 2016, fut la mise en ligne d’une première vague de fiches matricules de 1859 à 1886 par les archives de la Nièvre.

    Si mes ancêtres ne sont pas originaires de la Nièvre, ils dépendaient malgré tout le plus souvent du bureau de recrutement de Cosne-sur-Loire. Me voici donc lancée dans la recherche des hommes de mon arbre nés entre 1839 et 1866 dans l’espoir de trouver quelques nouvelles informations sur eux.

    J’en arrive à Frédéric GUENEAU, mon sosa 24, dont je savais déjà qu’il était maçon. Je découvre sa description : un homme de 1,64m, cheveux noirs, yeux gris bleu, visage ordinaire.

    Il est appelé à activité le 10 novembre 1880 pour le 4ème régiment du Génie où il deviendra 1er canonnier conducteur. Un certificat de bonne conduite lui sera accordé. Jusque là, rien de très extraordinaire.  Mais que vois-je au pied de page ?

    « Condamné le 13 novembre 1902 par le tribunal de Sancerre à 16 francs d’amende (sursis à l’exécution) pour coups et blessures. »

    Archives départementales de la Nièvre – Bureau de Cosne, classe 1879 – 1R 69

    Moi qui cherchais un peu de piment dans ma généalogie, me voilà servie !

    Mais cette condamnation ne fut pas son premier coup d’éclat. La presse nous apprend qu’il devait être d’un naturel bagarreur, puisqu’en octobre 1904 une partie de carte avec son employé dégénéra en coups, et qu’en mai 1907 il prit pour cible deux hommes qu’il accusa d’avoir abimé son tandem.

    Je ne m’arrête pas là, voulant retrouver la trace de ses frères. J’avais noté la naissance de René GUENEAU en 1862. Je pars donc à sa recherche. Je découvre qu’il est maçon comme son frère. Il est dispensé de service militaire car Frédéric est déjà au service. Il a ensuite quitté le Berry et fera parler de lui dans le département de la Seine.

    Il est tour à tour condamné :

    • Le 24 août 1885 par le tribunal correctionnel de la Seine à 15 jours de prison pour coups et blessures et outrages à agents.
    • Le 9 février 1877 (plutôt 1887 ?) à un mois de prison pour vol à Marseille.
    • Le 29 février 1888 par le tribunal de Gien à 15 jours de prison pour vagabondage.
    • Le 3 avril 1890 à 3 mois de prison pour vol par le tribunal correctionnel de la Seine.

    Il est à peine sorti de prison qu’il refait parler de lui en ne répondant pas à la convocation pour la première période d’activité de réserviste en août 1890.

    Depuis la première publication de cet article, mes recherches sur René ont avancé grâce aux bénévoles, qui m’ont transmis les informations disponibles sur les condamnations de Gien et de Marseille. Il ne me reste maintenant plus qu’à aller à Paris !

    Article initialement publié le 20 octobre 2016, mis à jour le 28 janvier 2024

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    A la rencontre de Jean Baptiste DEZAT

    Pour ce premier généanniversaire de l’année 2024, je vous propose de partir à la rencontre Jean Bapstiste DEZAT. Assez étonnamment, bien que je porte ce même patronyme, Jean Baptiste ne figure pas dans ma lignée patronymique, mais est présent dans l’arbre de ma maman. Il est mon sosa 1010, vous aviez donc rencontré son père en 2020 lorsque je m’étais penchée sur mon sosa 2020.

    Jean Baptiste nait le 30 août 1749 à Sury-en-Vaux (18) de François, vigneron, et Marie DELAPORTE, originaire de la commune voisine de Sainte-Gemme.

    Dès le lendemain, il sera baptisé en l’église de Sury-en-Vaux. Son parrain est son oncle Jean Baptiste DELAPORTE, de qui il tiendra très certainement son prénom, et sa marraine une certaine Marguerite REVERDY, un patronyme très commun dans le canton.

    Le 17 décembre 1772, il épouse Marie Magdeleine FOREST, originaire comme lui de la commune de Sury-en-Vaux. De ce mariage naitrons huit enfants, dont l’aînée Magdeleine, qui est mon aïeule.

    J’apprends, au détour de l’acte de mariage de son fils Louis, qu’en 1813 il vit avec sa femme au hameau de la Vallée. Louis, le dernier enfant qui restait avec eux, prendra ensuite son envol pour fonder sa propre famille.

    Sury-en-Vaux – Hameau de la Vallée – 6Fi – Archives départementales du Cher

    C’est dans ce hameau de la Vallée que sa femme décèdera le 29 novembre 1818 à l’âge de 72 ans. Leur fils Étienne, vigneron, se rendra à la mairie déclarer le décès.

    Jean Baptiste vivra malheureusement au cours de sa vie le décès de plusieurs de ses enfants : Jean, Pierre et Jeanne qui n’étaient âgés que de quelques jours. Mais aussi le décès de Magdeleine, mon aïeule morte en couches en mettant au monde son troisième enfant, une petite fille. Mais il verra aussi la naissance du petit-fils qui portera le même patronyme « Jean Baptiste »en 1814, fils de Jean.

    Ce sera au tour de Jean Baptiste de quitter ce monde le 17 janvier 1824, mais cette fois-ci au hameau d’Orléans où vécurent plusieurs de mes ancêtres, mais de ma branche patronymique cette fois. Deux de ses fils iront déclarer le décès en mairie : Jean, vigneron à Orléans chez qui il vivait peut-être, et Louis, meunier au moulin de Panquelaine.

    Localisation des lieux cités dans l’article
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    Il y a 200 ans naissaient Anne Hortense LEGER et Étienne LOISEAU

    Célébrons le dernier anniversaire généalogique de l’année 2023 : le 28 décembre 1823 naissait Anne Hortense LEGER. Quelques semaines auparavant, le 19 octobre, naissait son époux Jean « Etienne » LOISEAU.

    Malgré leur condition modeste, c’est un couple qui déménagea de nombreuses fois, et durant quelques mois Etienne fut même garde particulier.

    Pour leur rendre hommage je vous propose de retrouver les lieux où ils vécurent dans cette infographie interactive (en cliquant vous aurez le nom du lieu et une photographie).

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    Le mystère du testament de Gaspard MILLARY sera-t’il résolu ?

    La mise en ligne de nouvelles sources par les archives départementales de la Nièvre me permet de mettre à jour une recherche dont j’ai parlé il y a 3 ans maintenant dans cet article. Cela concerne le testament de Gaspard MILLARY, qui légua tout ce qu’il possède à son neveu, mon aïeul, Jean BEAUNEZ. Tous deux quittèrent le village de Préporché dans le Morvan, pour traverser la Loire et s’établir à Herry. Si Jean aura trois femmes et dix-sept enfants, Gaspard terminera ses jours seul, mais dans le même hameau que son neveu.

    Extrait de l’acte de mariage de Jean BEAUNEZ avec sa première femme Catherine BALLAND – Herry – 3E 2003 – AD18

    J’ai toujours supposé que les liens entre Jean et Gaspard avaient dû être plus que ceux d’un oncle avec son neveu, étant la seule famille à proximité. Gaspard fut notamment témoin du premier mariage de Jean et de la naissance de plusieurs de ses enfants. J’appris dans les documents liés à la succession de Jean BEAUNEZ que ce dernier avait été légataire universel de Gaspard MILLARY. Et je me suis toujours demandé si en-dehors des aspects administratifs, ce testament aurait pu me permettre d’en savoir plus.

    Extrait du cahier des charges de la vente aux enchères de certains biens de Jean BEAUNEZ, Minutes de Louis COURSIER – Étude d’Herry – AD18 – 1859 E/23766

    Malheureusement pour une raison tout à fait inconnue, Gaspard MILLARY décida que son testament serait dressé par Maître CHARLER à Pouilly-sur-Loire, de l’autre côté de la Loire. Ce dernier exerça à Pouilly plusieurs années puis quitta la ville pour reprendre une étude à Saint-Saulges, dans le même département de la Nièvre. Et si les minutes rédigées à Saint-Saulges furent versées, aucune trace des minutes de son passage à Pouilly. Quelle déception !

    Des détails dans l’enregistrement

    Qu’à cela ne tienne, j’ai pu explorer une nouvelle piste l’été dernier lors de ma visite aux archives du Cher : celle des registres de mutation après décès. S’il y a eu testament c’est que Gaspard avait des bien, et s’il y avait des biens il y a forcément eu enregistrement. Et c’est bien ce qu’il s’est produit ! Je savais d’avance que dans l’enregistrement il n’y a que des aspects administratifs, mais cela me permettrait au moins de confirmer la date du testament et le notaire (la date est d’ailleurs erronée). On y apprend donc que Gaspard laissa à son neveu :

    • Un lit et des hardes, pour une valeur de 40 francs.
    • Une étable au hameau du Chêne (5 francs de revenu), quatre ares de vigne (3 francs), et 60 ares de terres (14 francs de revenu), pour un capital de 440 francs.
    Mutation après décès de Gaspard MILLARY – 1Q/2236 – AD18

    La mise en ligne des répertoires de notaires

    Une bonne nouvelle a parcouru les réseaux le 15 décembre 2023 : les répertoires de notaires ont été mis en ligne par les archives de la Nièvre. Peut-être la bonne occasion pour en savoir plus ? Le testament y est bien indiqué à la date du 29 juin 1820, et voici ce que le notaire a inscrit dans son registre :

    Testament par Gaspard Miliary manœuvre demeurant à Chesne commune de Herry département du Cher au profit de . . . . . . . .

    Répertoire de Me CHARLET – 8U 3/157 – AD58

    Il semble donc que Me CHARLET n’a non seulement pas versé les minutes, mais en plus ne remplissait pas très consciencieusement son répertoire.

    Pensez-vous qu’il y ait d’autres pistes à explorer ?

  • Mes ancêtres,  Vu lu entendu

    Les archives sortent du bois

    A l’occasion de leur réouverture, les archives départementales des Côtes d’Armor ont mis en place une exposition temporaire intitulée « Les archives sortent du bois » ainsi qu’un programme de conférences autour de ce thème. Bien que n’ayant pas d’ancêtres en Bretagne, j’ai eu l’opportunité de la visiter au mois de mai, juste avant d’écouter une conférence fort intéressante sur les charbonniers.

    La statue de gauche a fait l’objet d’une vidéo passionnante pour découvrir si elle était bien celle citée dans un acte ancien.

    La salle d’exposition est un bel espace, et un livret d’accompagnement était proposé pour mieux comprendre certaines sources. L’exposition était divisée en plusieurs parties, illustrées avec différents documents issus de leurs fonds ou prêtés :

    • Le milieu forestier.
    • De la forêt nourricière à la forêt exploitée. On y évoque ici notamment l’utilisation du bois pour le chauffage, la construction (habitations, maritime) ou encore les tanneries. En effet, jusqu’à l’arrivée du charbon puis de l’électricité, le bois constituait le seul moyen de chauffage et de cuisson. Au Moyen-Âge les villageois pouvaient se procurer du bois de chauffage par le droit d’affouage. Pour le gibier, il était réservé à la chasse, un privilège réservé à la noblesse. D’où la présence des garde-chasses. De même le pâturage des troupeaux fut encadré par le droit de pacage (pour le bétail) et de panage (pour la glanée des porcs).
    • Forêt de pouvoir et d’état. Il y était question des conflits d’usage, du personnel chargé de garder les forêts. Ces conflits ont laissé des traces dans les archives : jugements condamnant les voleurs ou braconniers, des cahiers de doléance se sont même fait l’écho du mécontentement des populations à ce sujet.
    • Forêt et société. La partie sur les métiers liés à la forêt m’a particulièrement intéressée bien qu’elle n’ait pas été la plus importante. Il était également question de la chasse et de la forêt « sacrée ».
    • De la réalité à l’imaginaire. Dans cette dernière partie étaient exposés des arbres généalogiques, mais également des œuvres (musicales ou peintures) évoquant la forêt.

    Les fonds d’où provenaient les documents mis en avant

    Mes ancêtres et la forêt

    Cette exposition et la conférence qui s’en suivait « charbonniers, brûleurs de forêt » étaient l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la vie de mes ancêtres qui ont travaillé le ou dans le bois. Parmi mes ancêtres directs se trouvent au moins :

    • Huit sabotiers, dont deux arrière-arrière-grand-pères.
    • Trois charbonniers. Je leur ai consacré plusieurs articles, dont celui-ci.
    • Trois scieurs de long.
    • Un garde forestier.

    L’exposition les archives sortent du bois est visible du 22 mars au 8 décembre 2023 aux horaires d’ouverture des archives départementales des Côtes d’Armor. Elle est gratuite.

  • Mes ancêtres

    Les anniversaires généalogiques de l’été 2023

    Cet été, nous avons fêté quatre anniversaires généalogiques dans notre arbre (en plus de celui de Solange JAMET).

    Anne MIGUET

    Anne (ma sosa 299) est née le 9 juillet 1752 à Crézancy-en-Sancerre de Pierre MIGUET, cardeur, et Anne PANARIOU. Lorsqu’elle épouse Sylvain RAIMBAULT, un vigneron, le 1er juin 1776 à Subligny, elle est orpheline. C’est donc son frère Jean, qui est également son tuteur, qui autorise cette union. Elle est âgée de 24 ans, son époux en a 51… Elle vivra à Subligny jusqu’à son décès le 21 juillet 1823, alors âgée de 72 ans. Elle aura mis au monde au moins 6 enfants, dont mon aïeule Catherine RAIMBAULT. C’est d’ailleurs son gendre Satur PORCHER et époux de Catherine qui déclarera le décès (peut-être vivait-elle avec eux ?). Elle résidait au Chezal Rousset, mais il s’agit sans soute plutôt du Chezal Rousseau.

    Anne MILLET

    Une autre Anne, de la même branche LEGER (sosa 317) est née vers 1758 de Léonard MILLET domestique et Anne COUDRAT, tous deux originaires de Bannay. Elle épouse Jean ROUSSET un laboureur le 30 juillet 1777 à Sainte-Gemme-en-Sancerrois. Elle est alors orpheline, et son tuteur est présent (je n’ai pas encore découvert son lien de famille avec lui). Elle fut fileuse, et aura au moins cinq enfants. Chose étonnante, pour quatre des cinq naissances l’époux est absent au moment du baptême alors qu’il était laboureur, ce qui ne nécessitait pas de s’éloigner du domicile familial. Elle décède le 28 juillet 1823 à Sainte-Gemme à l’âge de 65 ans.

    François SERVEAU

    Nous arrivons maintenant dans ma branche protestante, et il m’est difficile de raconter avec certitude la vie de François SERVEAU (sosa 976), car je ne parviens pas à confirmer les informations trouvées sur internet :

    • Le mariage aurait eu lieu le 22 janvier 1754 à Sancerre, comme l’attesterait le contrat de mariage passé chez Maître GRANGIER. J’ai épluché les minutes du notaire cité pour l’année 1754 sans trouver ledit contrat. Et les minutes de 1753 sont manquantes, je me demande donc si l’information était la bonne, ou si l’acte a disparu.
    • Le mariage protestant aurait été réhabilité en 1788, alors que François serait décédé en 1783.
    • Un François SERVEAU fut bien baptisé le 31 juillet 1723, mais j’aurais bien aimé confirmer l’identité des parents avec les contrat de mariage ! Il semblerait alors qu’il soit né catholique.
    Baptême de François CERVEAU – Registre paroissial de Sancerre – Archives du Cher – 3E 1031

    Jeanne HUGUET

    Jeanne HUGUET (sosa 355 de mon mari) est décédée le 15 août 1823 au Bas-Bourg de Menetou-Salon à l’âge de 70 ans. Ce sont des voisins qui viennent déclarer le décès. Elle épousa Jean CAILLER, un vigneron, le 3 février 1722 à Ménetou-Salon, alors qu’elle était originaire d’Ivoy-le-Pré. Tous étaient orphelins, leurs curateurs s’étaient mis d’accord sur les termes du mariage. Fait assez rare, ils ont obtenus une dispense : un seul ban sera publié au lieu des trois réglementaires. Cet empressement est étonnant alors qu’aucun enfant n’est né rapidement ensuite. A moins que le Carême n’ait été trop proche ?

    Localisation de ces ancêtres dans l’arbre de nos enfants
  • Mes ancêtres

    Le 6 juillet 1823 décédait Solange JAMET

    C’est à 6 heures du matin au hameau de La Bussière à Villegenon (18) que Solange JAMET âgée de 62 ans décède. Son époux François BEDU l’avait précédée de quelques mois. Parmi les deux témoins nous retrouvons Sylvain BEDU, laboureur âgé de 24 ans, son fils et aïeul de mon mari. Il était le plus jeune d’une fratrie ayant compté au moins neuf enfants. Il aura malheureusement une vie bien courte et décèdera neuf ans plus tard, laissant une veuve et deux petites orphelines.

    A gauche, acte de décès de Solange JAMET – 3E 2460 – AD18. A droite, église de Villegenon

    Revenons rapidement sur la vie de Solange. Elle est née en 1759 à Concressault, bien que ses parents aient vécus de longues années à Barlieu. Fait insolite dans notre généalogie : sa mère Christine RENARD était la sage-femme de la paroisse de Barlieu.

    Mention de la profession de sage-femme sur l’acte d’ondoiement de sa petite-fille – Edepot 231 – AD18

    Solange épouse François BEDU le 12 février 1779 à Barlieu. Tous deux étaient mineurs, 19 ans pour elle et vingt-trois ans pour lui. Ils resteront dans cette commune un peu moins de 10 ans, et déménagent entre 1787 et 1789 à Pierrefite-es-Bois, au hameau des Naudets. Ils vivront au moins jusqu’en 1801 dans cette commune située dans le département voisin du Loiret, avant de finir leurs jours à Villegenon.

    * toutes les communes citées se trouvent dans un rayon d’une dizaine de kilomètres