Z… Zoom sur le challenge 2016

Et voilà ma quatrième participation au Challenge A à Z se termine. Comme chaque année ce fut difficile de tenir le rythme, comme chaque année je vais dire qu’on ne m’y reprendra plus, mais comme chaque année j’y retournerai certainement.

Cette édition est peut-être celle qui me laisse l’impression la plus positive. D’abord parce que je termine en temps et en heure. Ensuite, il y a la fierté de compter parmi les 13 généalogistes qui ont tenté le grand chelem des 4 participations.

Enfin j’ai beaucoup aimé rédiger ces (petits) articles. Je ne voulais pas écrire de textes trop long et difficile à lire vu le volume d’articles écrits en si peu de temps. Et l’idée m’est venue de rédiger des dialogues, qui auraient pu rendre ma généalogie plus vivante.

Merci à mes commentateurs, sans vous je ne serais pas allée jusqu’au bout ! Et merci à mes lecteurs qui ne commentent pas mais qui m’en touchent un mot à l’occasion d’une pause café ;-).

Y… Y’a minuit qui sonne !

Alors que j’allais poursuivre ma discussion avec Martin, j’entends sonner minuit au loin.

Martin : Il est l’heure pour nous de partir maintenant.

Moi : Déjà ?

Martin : Oui, mais nous ne serons pas très loin, il reste des traces de nous un peu partout. Je te souhaite de belles découvertes et de prendre du plaisir comme tu l’as fait depuis tant d’années.

Voix d’homme : Mais ne nous force pas à revenir !

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Moi : Je vous en fais la promesse, j’arrête de dire que mes ancêtres sont ennuyeux. Par contre je crois pouvoir dire d’où vient notre caractère !

Fou rire dans l’assemblée. Puis mes ancêtres disparaissent un à un et me laissent seule dans mon salon. Quelle histoire ! Il faut que je raconte ça !

X… eXilé à Pierrefitte-ès-Bois

Lire le début ici.

Martin m’écoute attentivement.

Moi : En effet, j’ai eu beaucoup de mal à trouver le décès de votre père Charles. Je cherche, je cherche… et là je tombe sur le décès d’un certain Charles VIMON, non pas à Bué … mais à Pierrefitte-ès-Bois ! Un village bien loin de là, dans le département voisin du Loiret.

Je montre l’impression d’écran de son acte de décès.

Moi : Alors qu’il était vigneron lors de son mariage, il est précisé sur son acte de décès qu’il est pauvre mendiant originaire de Bué. J’ai tout de même eu un pincement au coeur en imaginant ce qu’il a pu endurer.

La gorge de Martin se noue, il ne m’en dira pas plus.

Moi : Mais ce qui est étonnant c’est qu’il n’est pas le premier à s’exiler à Pierrefitte-ès-Bois ! Une aïeule Catherine CHAMPAULT a donné naissance à Jean-Louis, né de père inconnu dans cette commune. Alors qu’elle n’est pas du tout originaire de ce lieu, et qu’elle n’y restera pas.

Martin : Certains ancêtres préfèreraient sans doute garder leurs secrets…

La suite bientôt

W… Who is the invisible man ?

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Moi : Décidément quels ancêtres passionnants !

Homme : Professions prestigieuses, ancêtres voyageurs… Tu en oublies la majorité des ancêtres qui peuplent ton arbre. Petites mains, hommes de la terre, des invisibles en quelque sorte.

Cet homme a un peu raison, trop heureuse d’aller de surprise en surprise j’en ai oublié une bonne partie de mes aïeux.

Moi : Mais ce n’est pas pour autant que je trouve leur vie moins intéressante ! J’admets simplement que vu le nombre d’ancêtres, les petites particularités sautent plus vite aux yeux.

L’homme qui me parle hoche la tête.

Martin : Je suis Martin VIMON. Vigneron, né à Bué et mort à Sury-en-Vaux. Comme bon nombre de tes ancêtres.

Moi : Des ancêtres de Bué, je n’en ai pas tant que ça !

Martin : Mes parents et grand-parents étaient de petites gens. Ma grand-mère Marie DUCROUX, servante et domestique. Et mon père Charles…

Je le coupe…

Moi : Charles VIMON… Je crois me souvenir qu’il m’a donné du fil à retordre, et contrairement à ce que vous pouvez penser je me suis intéressée à lui !

La suite dans la foulée !

V… Villate, lieu de naissance de Marie AUGIER

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Après quelques politesses d’usage, Pierre me quitte et je commence à discuter avec une femme. Elle me parle en berrichon, mais pas tout à fait les même mots ni le même accent. Je lui en fais part.

Marie : C’est que je suis originaire du Bas-Berry !

En effet, le Sancerrois et la plupart des lieux de vie de mes ancêtres berrichons se situent dans le Haut-Berry, correspondant grosso modo à l’actuel département du Cher.

Marie poursuit : plus précisément d’Issoudun. Puis je suis allée vivre à Sancerre.

Moi : Issoudun – Sancerre, ça fait une trotte ! Plus de 80 km à vol d’oiseau.

Marie acquiesce.

Moi : mais enfin pourquoi aller à Sancerre ?

Marie : Regarde bien ton arbre et tu trouveras la réponse.

Moi : Alors vous étiez mariée à Pierre HABERT. HABERT, HABERT… Ma branche protestante !

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Cette branche protestante m’apporte définitivement beaucoup de surprises.

Moi : Alors il y avait des protestants aussi à Issoudun ?

Marie : Bien entendu ! C’était l’une des principale place-forte du Bas-Berry ! Seules six églises réformées étaient autorisées dans le Berry, dont Sancerre et Issoudun.

Nous avions notre quartier à Villate, un important faubourg de la ville. Avec notre cimetière et notre temple. Ce dernier avait été incendié le jour de la Fête-Dieu en 1569 par des catholiques. Mais le temple fut reconstruit. Je suis née au moment où la communauté protestante d’Issoudun était la plus forte. Puis la vie devint plus difficile avec diverses interdictions ; certaines professions nous étaient interdites.

Et puis en 1685 alors que j’habitais déjà à Sancerre, j’ai appris que le Roi ordonna la démolition de notre temple et la religion réformée fut interdite.

Moi : Mince, je serais bien allée sur place voir à quoi ce temple pouvait ressembler.

Marie : Il n’en reste plus rien aujourd’hui…

La suite la semaine prochaine

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U… Un métier difficile

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Pierre me parle de son gendre…

Moi : En effet, j’ai rencontré votre gendre avant vous, et votre petit-fils encore plus tôt ! Et grâce à lui, je crois pouvoir me vanter d’avoir dans mon arbre une profession liée à la forêt que tout le monde n’a pas !

Les ancêtres présents se mettent à parler entre eux et cherchent ce que cela peut être.

Moi : Je vous donne un indice, il s’agit d’un métier difficile et fatigant qui n’existe plus aujourd’hui.

Les ancêtres se grattent la tête, cherchent la réponse à cette devinette. Pierre me demande s’il peut donner la réponse. J’acquiesce.

Pierre : Ils étaient charbonniers ! Il faut dire qu’à Feux et au village voisin de Saint-Bouize, beaucoup de familles vivaient de la forêt. On trouvait beaucoup de bûcherons, scieurs de long, fendeurs…

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Moi : Je me demande bien ce que pouvait être le quotidien d’un charbonnier… et celui de sa femme !

Pierre : Les hommes n’étaient pas souvent à la maison, et se rendaient sur le les lieux de fabrication du charbon, là où on abattait les arbres.  Auguste a vécu dans de nombreux endroits autour de Feux, Saint-Bouize voire beaucoup plus loin ! Mais toujours à proximité de la forêt.

Moi : Et Pierre son fils a pris le relai. Ses autres fils trouvèrent d’autres métiers bien plus loin de la forêt. Et ma branche de charbonnier prend fin ici, le fils de Pierre, mon arrière-grand-père était livreur. D’ailleurs elle ne remontera pas beaucoup plus haut non plus, le père d’Auguste étant un simple manœuvre … né de père inconnu.

La suite demain

T… Tu vivras dans la forêt

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Je me réjouis à l’idée de m’entretenir avec mes ancêtres qui vivaient du travail de la forêt. Je m’approche de la voix qui s’était exprimée au loin, et j’arrive face à un homme.

Moi : Je rencontre enfin un homme de la forêt. Quel était votre métier ? Bucheron ? Scieur de long ?

Homme : Non, garde-forestier.

Moi : Pierre PALISSON, je présume ?

Pierre, hochant la tête : En effet, vous me connaissiez ?

Moi : Une profession aussi peu courante, ça marque ! J’avais espéré trouver plusieurs générations de garde-forestiers mais non…

Pierre : En effet, mon père était laboureur, comme je l’ai été également. Il ne faut pas oublier que je suis né en 1806 et que le premier code forestier date de 1827.

–  Moi : Vous n’étiez pas originaire de Feux il me semble.

Pierre : Non, en effet mais Feux est connu pour compter de nombreuses forêts sur son territoire ! J’ai d’ailleurs vécu dans plusieurs hameaux de ce village : Savernay, Bashuchet, les Beurthes, la Bascule… Jamais très loin de la forêt.

Feux

Pierre : Mais j’imagine que si tu fais de la généalogie, ce n’est pas moi que tu as rencontré en premier mais mon gendre Auguste, qui a eu une vie dans la forêt bien différente…

Bientôt la suite

S… Santranges

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Moi : Merci Edmé pour ces échanges. Avec cette dernière discussion me voilà revenue à la limite du Berry, car Louis ROY était originaire de Châtillon-sur-Loire.

Edmé me salue, s’éloigne et rejoint les autres ancêtres qui patientent dans mon salon.

J’entends une voix au loin :

– Homme : Châtillon-sur-Loire ? Nous n’habitions pas très loin, à Santranges.

– Moi, haussant la voix : Santranges ? Je connais de nom mais pas beaucoup plus. Je n’ose pas demander votre profession de peur de découvrir de nouveaux vignerons !

– Homme, en riant : Non ! Avec mon père Gabriel nous étions meuniers !

S

– Moi : Ahhhh, des ancêtres meuniers ! J’en ai découvert quelques-uns plus proches de mon village natal. Après les vignes, je passe donc au cours d’eau ! Vivement que j’arrive en forêt !

Autre voix : tu ne crois pas si bien dire !

La suite demain

R… Roi et sa prononciation

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Moi : j’ai déjà dû le raconter maintes et maintes fois sur mon site, mais enfin voilà comment j’ai résolu une épine généalogique.

J’avais beaucoup de mal à trouver des informations sur Louis ROY, un ancêtre qui aurait été tisserand et était originaire d’une commune limitrophe du Loiret. Sa femme était Marie MOUTON, domestique, dont je ne trouvais pas l’acte de décès.

J’avais bien trouvé une Marie MOUTON, mais qui avait été mariée à Louis ROUET.

(Quelques ancêtres comprennent et se mettent à rire. Edmé qui n’est pas originaire du Berry ne comprend pas très bien).

Il faut avoir pris des cours de berrichon pour comprendre ! Par exemple on ne dit pas « moi » mais « moué ». Pour « toi » on dit « toué ». Donc pour « roi » on dit…

Edmé : Roué !

Et voilà comment j’ai résolu cette énigme ! Louis ROY et Louis ROUET ne sont qu’une seule et même personne. Mais comme les témoins au décès de Marie MOUTON ne devaient savoir ni lire ni écrire, le nom de son mari fut écrit comme il se prononçait !

Suite à venir…

Q… Quelques nouvelles révélations

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La discussion se poursuit avec Edmé, mon aïeul originaire de l’Yonne.

– Edmé : J’ai parlé de ma femme Magdeleine, mais j’ai à peine évoqué mes parents. Mon père était laboureur, mais à ses heures perdues a également été …

(suspens)

vigneron.

– Moi, me mordant les lèvres pour ne pas dire « encore » : … On se rapproche de Chablis au moins !

Edmé : Et mon grand-père était fermier au château de Curly, à Auxerre.

Moi : Tiens, c’est bien la première fois que j’entends parler d’un ancêtre ayant vécu dans une grande ville. Enfin, du chef-lieu d’un département !

Edmé : Oui, mais tu imagines bien qu’avec cette profession, il ne vivait pas dans le centre d’Auxerre, mais en périphérie.

J’ouvre une carte du secteur.

Edmé : Tu vois, c’est à l’est à proximité de Bleigny-le-Carreau. Le village d’origine de ma belle-famille.

Q

Moi : Et son père était aussi fermier au même endroit ?

Edmé réfléchit : Humm, je ne sais plus trop. Il devait bien être laboureur aussi. Mais je ne sais pas pourquoi, je crois avoir entendu dire qu’il était marchand… Ah si seulement j’avais fait de la généalogie à mon époque ! Ce que je sais c’est que sa femme s’appelait Edmée, comme ma grand-mère maternelle et sa mère également.

Moi : Et bien, voilà un prénom répandu alors que je l’ai rencontré peu souvent dans le Berry. En tous cas, merci pour cette discussion qui a débuté sur des histoires de prononciation !

D’ailleurs, il faut que je vous raconte comment j’ai débloqué une épine généalogique simplement en prononçant un mot à la berrichonne !

A suivre