Mon avis sur Heredis 2027
Qui dit rentrée, dit nouvelle version de Heredis ! Une information apprise par hasard sur internet, car je ne fais visibelement plus partie de la liste de diffusion… Après être passée de la version 2021 à la version 2025, j’avais fait l’impasse l’an dernier. Alors, que penser de cette édition 2027 ? Je vous propose de passer en revue les quelques améliorations techniques avant de m’arrêter plus longuement sur la principale (et presque seule) nouveauté : l’arrivée de l’intelligence artificielle.
Mes attentes initiales pour cette nouvelle version
Avant de passer au test proprement dit, je suis repartie de ma conclusion de l’an dernier sur ce qu’il me manquait toujours dans le logiciel :
- la possibilité d’exporter les arbres au format image (partiellement résolu l’an dernier).
- la modernisation des arbres généalogiques.
- avoir un pack qui combine la nouvelle version sur ordinateur et application mobile.
- la correction d’un bug d’affichage récurrent qui persiste malgré mon changement d’ordinateur.
Les améliorations : assemblage d’images, analyse du fichier…
Avant d’e présenter’aborder la grosse nouveauté de la version 2027, place à quelques améliorations.
Le passage en 64 bits
Le logiciel passe en 64 bits. L’augmentation de la puissance de calcul est censée permettre de gérer plus facilement les grosses bases généalogiques. Testé sur une petite base de données, je n’ai pas pu constater de différence – et je ne sais pas non plus si ce passage permettrait (enfin) de résoudre mon bug d’affichage récurrent.
Le diagnostic de l’arbre
Un nouvel outil de diagnostic fait son apparition pour réparer les fichiers corrompus, contrôler les incohérences et analyser l’arbre afin d’identifier les doublons ou oublis de saisie. Un ajout intéressant : si l’on ouvre son logiciel sans savoir par quel bout prendre sa session de recherche, c’est une bonne occasion de remettre de l’ordre dans sa base.

L’assemblage d’images
Enfin passons à l’outil d’assemblage d’images, dont l’objectif est d’assembler les actes dont le texte se trouve sur plusieurs pages. Mes essais ne se sont pas révélés concluants, peut-être à cause de la qualité des photos ?
- Test 1 (Acte de mariage sur 2 pages) : L’outil automatique s’est contenté de superposer les deux pages sans demander quelles zones seraient à assembler.
- Test 2 (Donation-partage) : Le résultat ne semble satisfaisant que si les photographies de départ sont parfaitement cadrées et alignées, sns ombre.
De mon côté, ne stockant pas mes actes directement dans le fichier Heredis (ils sont archivés sur un serveur externe), l’intérêt reste limité. Quitte à devoir retoucher des visuels, autant utiliser un logiciel d’édition d’images dédié.
L’arrivée de l’intelligence artificielle avec l’assistant de lecture
La grande nouveauté de cette année mise en avant par Heredis, est l’arrivée de l’intelligence artificielle. Disons-le d’entrée : cette version propose ce qui existe chez le concurrent Généatique depuis deux ans déjà. Côté transparence, aucune mention n’est faite du fournisseur du modèle de langage (LLM) utilisé ; on évoque simplement une « solution française sécurisée »., Geneatique n’est pas plus transparent à ce sujet.
L’assistant de lecture promet de déchiffrer les actes, de les traduire et d’intégrer directement les individus et événements détectés dans l’arbre.
Le dilemme de l’IA en paléographie
Le principal problème est que la transcription par IA manque encore de fiabilité sur les écritures anciennes. Elle ne donne de bons résultats que sur les actes récents… c’est-à-dire ceux les généalogistes lisent rapidement sans aide !
L’un des principes fondamentaux avec l’IA — et Heredis a raison de la qualifier d’aide — est qu’on ne devrait l’utiliser que si l’on est capable de vérifier soi-même le résultat. Si l’outil ne sert qu’aux actes que l’on sait déjà déchiffrer pour gagner du temps de saisie, la question du rapport coût/bénéfice se pose immédiatement.
Les coûts d’utilisation
En plus de l’achat de la mise à jour du logiciel, chaque recours à l’assistant IA est payant. Ce système de crédits payants est d’ailleurs très mal expliqué (voire caché ?) : il n’apparaît clairement ni sur la page « nouveautés », ni dans le corps de la page de vente. Il faut déplier les lignes des prérequis tout en bas de page pour lire la mention : « Nécessite l’achat de crédits pour l’utilisation des fonctions I.A. ». Ce manque de transparence est dommageable.
Seuls 3 crédits étant offerts avec la licence (tout comme dans la version d’évaluation), j’ai sélectionné deux axtes à tester avec soin.
Test de l’assistant de lecture
Comment se déroule la transcription ? Après avoir sélectionné l’outil asssitant depuis le dictionnaire de médias, j’ai été redirigée vers une page web connectée à mon compte utilisateur Heredis, qui mentionne le nombre de crédits restants. L’outil demande ensuite de préciser le type d’acte. Le modèle a sans doute être entraîné plus spécifiquement pour ce type d’acte.
Premier acte : procès de Jean-Louis BLONDEAU
Pour mon premier crédit, j’ai choisi un acte de 1815 concernant la condamnation de mon ancêtre Jean-Louis Blondeau.
Résultat Heredis : Le traitement s’est fait en 40 secondes. Le résumé global est bon (date, lieux et patronyme exacts), la transcription est correcte. En revanche, les zones d’extraction automatique d’individus et d’événements sont restées vides. De pluis, il est impossible de copier directement le texte transcrit, mais l’import en note de média fonctionne.

Comparatif : Sur cet acte du XIXᵉ siècle, Heredis s’en sort mieux que les IA gratuites. Gemini, par exemple, a confondu le terme juridique « contumax » avec un patronyme, me proposant le double nom BLONDEAU CONTUMAY.
Second acte, un contrat de mariage de 1627
Pour mon second crédit, j’ai choisi un acte plus ancien : un contrat de mariage de 1627.
Résultat Heredis : Le traitement n’a duré que 24 secondes, mais pour cause : l’outil n’a transcrit qu’un court extrait du document. Le résumé comporte des erreurs (qualifié d’« acte de mariage » et non de contrat), et le prénom de l’épouse est erroné (Anne au lieu de Louise). Aucune information complémentaire (parents, lieux, professions) n’a été extraite.
Comparatif : Claude et ChatGPT ont refusé de retranscrire l’a pièce’acte en indiquant que le risque d’erreur sur ce type d’écriture était trop élevé. Gemini a fait beaucoup de fautes, mais a été le seul à identifier le père de l’épouse.
Comparaison des outils Heredis et Geneatique
Geneatique propose depuis sa version 2025 des outils basés sur l’IA : aide à la transcription, rédaction, colorisation de photographies.
Les deux éditeurs majeurs ont fait le choix d’un modèle économique à la consommation, mais la logique d’attribution des crédits diffère sensiblement :
| Logiciel | Tarification des packs de crédits | Nombre de crédits inclus | Modèle de consommation |
| Heredis | 20 crédits : 9,99 € (0,49 € / acte) 100 crédits : 39,99 € (0,39 € / acte) 350 crédits : 99,99 € (0,29 € / acte) | 3 crédits offerts lors de l’achat | 1 crédit = 1 page transcrite |
| Généatique | Pack unique 20 000 crédits : 19,95 € | 1 000 crédits/mois offerts pendant 12 mois (version 2027) | Variable selon l’action (une transcription peut consommer plusieurs centaines de crédits). |
Ma conclusion sur Heredis 2027
Vous l’aurez compris, je ressort plutôt déçue du test de cette version 2027 d’Heredis, qui ne correspond pas à ce que j’attendais comme améliorations. Je crains également que l’intégration de l’IA entraîne la multiplication des erreurs dans les arbres en ligne si des utilisateurs débutants valident ces transcriptions automatiques sans vérification préalable. Il va falloir redoubler de vigilance en parcourant les arbres en ligne !
Il y avait tellement d’autres améliorations à apporter avant de sortir un outil qui manque encore de fiabilité — notamment du côté des arbres, dont le graphisme reste très daté. C’est un point sur lequel Généatique, à l’inverse, n’a cessé de travailler. D’autant plus rageant qu’Heredis propose par ailleurs des roues et des frises bien rénovées et modernes.
J’espère très sincèrement que les prochaines versions ne seront pas basées sur l’IA et que je vais pouvoir rayer quelques points de ma liste de souhaits.
Et vous, avez-vous testé cette nouvelle version d’Heredis ?
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3 commentaires
Stéphane
J’ai testé aussi sauf pour les transcriptions par l’IA quand j’ai vu à combien cela pouvait revenir et le fait que cela pouvait intégrer des individus dans l’arbre. Je préfère saisir moi-même et je ne cherche pas de gain de temps. Les nouveaux outils de diagnostic n’apportent pas grands choses à mon sens puisque l’on peut avoir le même genre de résultats avec la recherche intelligente à la différence qu’il n’y a plus qu’un bouton à cliquer. En ce qui concerne l’assemblage des images, j’utilise déjà des outils performants pour assembler proprement, donc ne m’intéresse pas.
Bref, tout comme toi qui suis passé de la 2021 à la 2025, je fais l’impasse sur cette nouvelle version et vais peut-être prendre plutôt la nouvelle version de la France à la loupe car j’utilise l’ancienne très régulièrement.
Briqueloup
J’apprécie cette critique intéressante de l’apport de l’IA. J’utilise Généatique 2026 et je n’ai pas réussi à pousser le test bien loin, car je trouve cette utilisation ennuyeuse, alors que j’adore faire mes recherches personnelles. La lecture des actes est loin d’être résolue par l’IA, tant pis, c’est un plaisir de déchiffrer seul, et de percer le mystère petit à petit. Tout ce que l’on aime en généalogie !
Paul
Voilà qui m’intéresse, car je viens juste d’apprendre qu’il existerait des logiciels capables de transcrire les actes anciens, ce qui me ferait gagner beaucoup de temps.
Par contre, j’ai un cahier des charges précis:
– je veux une transcription exacte, et non un résumé
– elle doit pouvoir être éditée (ou convertie) au format Word.
– les tarifs doivent être aussi clairs que la transcription
Quelqu’un doit venir me voir demain (de Montigny…) pour me montrer ce qu’il utilise. On verra s’il arrive à me convaincre.