Deux registres de Saint-Bouize réapparaissent !

Le hasard fait bien les choses ! Pour mon premier article de cette nouvelle année, je voulais parler de paléographie ; mais j’avais toutes les peines du monde à trouver le document qui m’inspire !

Et voilà que je viens de voir sur le site des archives du Cher une histoire étonnante concernant des archives de Saint-Bouize, l’un des villages de mes ancêtres.

Deux registres paroissiaux de 1668 et 1669 viennent en effet d’être versés aux archives, alors que les exemplaires jusqu’à présent disponibles ne commencent qu’en 1674. Ces deux registres de 30 pages chacun auraient été détenus par le curé de la commune puis transmis à ses héritiers. Ils étaient recouverts de pages de livres liturgiques en parchemin (comme on peut le voir sur la première page). Comme je n’ai pas le droit de diffuser les images, je vous recommande d’aller sur le site des archives.

vign_frad018-edepot5572-0001.jpg_img
Source : Archives du Cher – E dépôt 5572

J’ai reconnu quelques patronymes que je croise fréquemment dans les archives, peut-être des ancêtres ? Un certain LINARD par exemple…

Mais pour le moment les plus anciens ancêtres de Saint-Bouize que j’ai découvert ont vécu au XVIIème siècle, donc je ne vais pas pouvoir utiliser ces registres pour le moment…

G0117
Mes plus anciens ancêtres retrouvés à Saint-Bouize

Enregistrer

Les églises disparues de Saint Rombre à Sancerre [vidéo]

Je partage avec vous une vidéo mise en ligne par le journal « Le Berry » dans le cadre de leur émission « Les petits Secrets du Berry ».

Ils font halte à Sancerre pour nous faire découvrir les églises de Saint Romble avec le Cercle Historique et Archéologique du Sancerrois.

 

Les fléaux atmosphériques – Jean-Claude Bonnet [Livre]

Attention petite pépite pour qui a des ancêtres dans le Haut Berry !

En fouillant chez mes parents, j’ai trouvé ce livre offert par mon grand-père : « Les fléaux atmosphériques en Sancerrois, en Charitois et Haut Berry ». Ceci correspond parfaitement la zone de vie de mes ancêtres.

Cet ouvrage traite d’événements « exceptionnels » qui se sont produits, en s’appuyant sur les registres, journaux, mémoires et autres livres anciens. Ces événements sont restitués chronologiquement pour chaque catégorie.

Grands froids et rudes hivers ; crues et inondations ; sécheresses, canicules et pluies persistantes ; grand vents, tempêtes, ouragans, orages et grêles ; disettes et famines ; la peste en Berry ; incendies mémorables et ravageurs…

Bref, de quoi mieux comprendre ce qu’ont vécu mes ancêtres, voire formuler des hypothèses lorsque de nombreuses morts sont survenues. J’ai entrepris de construire une frise chronologique « locale » reprenant ces informations et qui serait simple à utiliser.

Les fléaux atmosphériques en Sancerrois, en Charitois et en Haut Berry. Jean-Claude Bonnet. 2009.  142 pages.

Les sorciers du Carroi de Marlou. Un procès de sorcellerie en Berry.

 

Dans l’Berry on n’a pas de pétrole, mais on a des sorciers.

 

Pour ceux qui ne le sauraient pas, le Berry est une terre de sorciers, birettes [1] et autres meneurs de loups. Le musée de la sorcellerie est d’ailleurs l’un des lieux les plus visités du département du Cher.


Concernant la sorcellerie, une affaire en particulier est célèbre dans le Sancerrois, celle du « Carroi de Marlou » [2] situé au-dessus du village de Bué.

 

Habituellement les pièces des procès en sorcellerie n’étaient pas conservées … mais celles de cette affaire l’ont été ! Et ont été publiées sous forme d’un ouvrage il y a quelques années [3]. Le dossier  reproduit  les dépositions, interrogatoires, confrontations, et les témoignages sur les possessions, le sabbat …



L’affaire du carroir de Marloup

Je ne vais pas reprendre ici toute l’histoire racontée dans le procès, mais la description de quelques protagonistes et des principaux faits.


Celui par qui l’affaire arrive à partir de l’automne 1582 est Bernard GIRAULT (homonyme de mon beau-père). Un sorcier, Jehan TABOURDET, l’aurait possédé en faisant venir à lui par l’intermédiaire de son cousin, une petite bête noire (une sorte de taupe sans pied ni poils et de la grosseur d’un sabot) qui lui demande de renoncer à Dieu. Différentes séances d’exorcisme auront lieu, puis un procès à partir du 21 décembre. Celui-ci s’appuiera sur les dires du jeune homme, de voisins des prétendus sorciers et des dépositions des accusés. Pas moins de cent soixante personnes seront citées ou interviendront directement dans le procès. Le tout sur fond d’ensorcellement d’enfants ou d’animaux, de maladies.

Revenons un peu à nos sorciers.

Jehan TABOURDET, dit des Berthilles aurait rencontré le diable à de multiples reprises et assisté au sabbat. Un soir en revenant de Neuilly en Sancerre, au Bec d’Assiette, il rencontre un homme habillé de noir qui le tente ; ce n’est autre que le diable. Cinq ans plus tard celui-ci revient frapper à sa porte, et l’emmène au Carroi de Marloup où se tient le sabbat avec cinq ou six personnes, mais il n’y prendra pas part. Il rencontrera ensuite à de multiples reprises le diable et ira au moins une fois par an au sabbat.
Le Bec d’Assiette de nos jours. Source : google streetview

 

Un autre protagoniste est CAHOUET, connu comme sorcier et meneur de loup. Un certain Loys FROU racontera qu’après avoir refusé de rester souper chez lui, il fut contraint d’y retourner à cause de mille loups lui barrant la route. Durant le procès il niera tout ce qui lui est reproché.


Le diable apparaît sous différentes formes : souvent sous forme d’un cavalier noir, ou bien un chat noir, un cheval noir.
Le fameux sabbat y est décrit : on danse à l’envers, il y a des chandelles noires, on adore le derrière du diable sous la forme d’un  homme en noir. Il s’y passe des choses non racontables ici entre sorciers et sorcières, voire avec le diable. Souvent à la fin, le diable donne des poudres aux participants, qui auraient la particularité de faire mourir.

 

Le croisement du carroir de Marloup de nos jours. Source : google streetview



Extrait de l’interrogatoire de Joachim GIRAULT, dit le bossu de la Brosse

[…] Fut lors porté au sabat au carroy de Marlou où il adora le diable en forme d’homme noir, luy baisa le derrière comme les autres qui y estroient, dansa avec eulx, et apres la danse le diable leur maistre, qui se disoict avoir nom Chevau, eut accointance charnelle avec la femme de François Macé de Chavernolet, et chascung d’eulx après lui […]
A l’issue du procès, cinq hommes seront pendus et étranglés puis leur cadavre brûlé. Une sorcière présumée est retrouvée pendue en prison, son corps sera brûlé. Exécuté au carroi de marloup, TABOURDET se rétractera.


Sur l’ouvrage

Il ne se contente pas de retranscrire les pièces du procès. Chronologie, cartes, lexiques, liste des noms de personnes et des lieux qui permettent de s’y retrouver plus facilement au milieu de tous ces personnages. A la suite du texte, se trouvent différents études sur l’histoire locale, le procès, les stratégies de l’accusation ou encore les sorciers d’hier et d’aujourd’hui.

 

[1] Sorte de spectre en chemise
[2] Carrefour des mauvais loups
[2] Les sorciers du Carroi de Marlou. Un procès de sorcellerie en Berry, 1582-1583. Nicole Jacques-Chaquin et Maxime Préaud. Editeur : Jérôme Millon, novembre 1998. Collection Atopia. 511 pages.

Patrimoine du Sancerrois [site internet]

Je viens ici faire la publicité d’une initiative du conseil général du Cher à saluer chaudement, le site intitulé Le patrimoine du Canton de Sancerre.
Le service de l’Inventaire du patrimoine a mené une étude dans le canton de Sancerre en 2000, et un site a été créé en reprenant les informations sur la cartographie et bien entendu le patrimoine architectural et mobilier.
Le site comprend :
– Une présentation générale, avec notamment la méthodologie utilisée : comment ont été repérés, puis sélectionnés les monuments ?
– Une présentation du canton : géographique, historique, bien entendu une page sur le célèbre vignoble ainsi qu’une bibliographie des ouvrages et sources utilisées.
– Un accès par commune :

* Avec une présentation géographique et historique. Il comprend de nombreuses cartes, dont une que j’affectionne particulièrement sur l’implantation des habitats y compris disparus. Une aubaine pour repérer les lieux-dits dans les actes.

* Une analyse générale de l’habitat.

* Un accès aux habitats repérés avec un accès cartographique, topographique ou thématique.

Exemple de maison de vigneron à Verdigny sur google maps.

Un bon moyen d’approcher la vie de nos ancêtres dans le canton !

Villages de mes ancêtres, Sury-en-Vaux #1 le chemin de l’école

A l’initiative de Sophie Boudarel, nous sommes invités à nous pencher sur les villages de nos ancêtres. Je ne peux malheureusement pas y retourner cet été, mais je prévois une série de quelques billets pour vous les faire connaître.
Le village que je rencontre le plus souvent dans ma généalogie est Sury-en-Vaux, dans le Cher. Il y aurait bien des choses à raconter, aujourd’hui je vous ferai simplement découvrir le chemin d’école de mon grand-père. Habitant dans un hameau, il lui fallait parcourir près de 1,5 km aller sur un chemin bien  sympathique l’été, mais qui devait l’être beaucoup moins en plein hiver !
Je vous propose des captures d’écran actuelles des endroits les plus bucoliques de ce chemin. Elles proviennent de Google Street View, et ils ont eut la bonne idée de prendre leurs clichés en fin d’été.

Si ma généalogie était … un poète

Cela serait certainement Jean-Louis BONCOEUR. Un homme de lettres, qui a écrit presque par hasard des pièces paysannes. Se dessine alors le personnage de Jean-Louis Boncoeur, berger diseur de poèmes. Mon grand-père m’en a offert le recueil « Le Berger m’a dit… ». Un homme qui a œuvré pour sauvegarder « l’esprit berrichon ». Bien loin de l’accent forcé que certains humoristes prennent en parlant berrichon, je vous invite à écouter ce poème récité, je crois vraiment entendre les « vieux » de mon village …

 

Je me suis inspirée du blog Des Branches dont l’auteur s’est lancé dans le portrait chinois de sa généalogie. Quelle bonne idée !

Encadrer, éduquer, protéger – l’enfance à travers les archives XIXe – XXe siècle

Je relaie ici une exposition présentée aux archives départementales du Cher, du 26 mars au 16 juin 2013. Être enfant entre le XIXe et le XXe siècle : ça ressemblait à quoi ?

Source : archives18.fr

Honnêtement, vu ce que j’ai découvert dans ma généalogie, peu de risque que la vie de mes jeunes ancêtres ait ressemblé à la photo ci-dessus. Ils devaient plutôt aller travailler jeunes dans la champs, lorsqu’ils avaient la chance d’avoir survécu aux premières années très dures dans les campagnes.

Voici ce qui est inscrit sur le site des archives pour présenter l’exposition :

Dans la conscience collective l’enfance est souvent associée à l’insouciance, aux jeux et aux jours heureux. Ces images idéalisées produites par un monde d’adultes peuvent recouvrir des réalités contrastées selon les pays, les époques, le milieu social ou familial dans lequel les enfants ont vu le jour. Elles sont issues de la lente prise de conscience d’une condition spécifique de l’enfant dans les sociétés contemporaines. Le sort des enfants désoeuvrés au milieu du XIXe siècle, décrit par Dickens ou Hugo, trouve un écho frappant dans les archives de cette époque. Conditions de travail des apprentis dans les usines, vie des jeunes ouvriers dans les campagnes et lents progrès de la scolarisation sont connus mais à la lumière des documents d’archives revivent intensément. D’autres thèmes tels que les expériences nouvelles tentées pour la détention des mineurs délinquants, le développement de l’assistance publique ou le destin des enfants dans les guerres mondiales n’avaient jamais fait l’objet d’une exposition dans le département.

Pour tous ceux qui ne pourront pas s’y rendre, il est possible de télécharger le catalogue de l’exposition ici (il faut s’inscrire sur le site scribd pour télécharger).

La fusillade des Fours à Chaux, le Maquis de Veaugues

Pour ce 8 mai, je reviens sur un monument du sancerrois, devant lequel je suis passée quelques fois mais dont je ne connaissais pourtant pas l’histoire exacte.
Celui-ci se trouve sur le bord d’une route, entre Veaugues et Neuvy. Il s’agit en fait d’un monument commémoratif en mémoire de maquisards fusillés. Je suis allée fouiller dans les documents sur internet pour essayer de reconstituer cette histoire.Agrandir le plan

  • Quelques éléments sur la seconde guerre mondiale dans le Cher
Le site du musée de la résistance et de la déportation du Cher nous apporte quelques éléments sur la répression allemande dans le département du Cher. Celle-ci peut -être découpée en trois périodes :- De l’été 1940 à avril 1942 : une répression en zone Nord menée par la Wehrmacht et les douaniers allemands à la ligne de démarcation.
– A partir d’avril 1942 : installation à Bourges de la Gestapo et recours à des agents français. Interventions d’abord en zone Nord puis à partir de novembre 1942 dans les deux zones ; cette période va jusqu’au 6 juin 1944.

– A partir du 6 juin 1944 la période des combats et des représailles jusqu’à la libération du département le 13 septembre 1944.La tragédie de Veaugues est liée à un homme : Pierre PAOLI. Ce dernier est originaire du Cher. Il maîtrise très bien la langue allemande et se lie d’amitié avec un capitaine allemand. En 1943, il entre au service de la Gestapo à Bourges comme interprète. Il devient ensuite  policier inquisiteur, puis tortionnaire et assassin. Le 15 août 1943 à Aubigny, il est la cible d’un attentat, mais malgré une raffle de balles il survit. Il quittera Bourges le 6 août 1944 avec les troupes allemandes … il avouera plus tard entre 200 et 300 arrestations et tortures. Il sera condamné à mort et exécuté à Bourges.

  • Le 19 mai 1944 à Veaugues
Ce qui s’est passé à Veaugues, a été raconté par Pierre PAOLI lui-même. Tout commence par un plan d’attaque mené contre les maquisards présents dans les bois de Veaugues, menés par « Capitaine Daniel ». Un indicateur « du cru » a livré moyennant une belle rémunération les positions du maquis. Le 19 mai matin dès 7h des troupes d’infanterie de la Wehrmacht prennent place, avec véhicules blindées et un Messeschmidt Bf109 qui opère un vol de reconnaissance.
La Gestapo de Bourges est également présente, prête à en finir avec un « réseau de terroristes » qui sévit dans la région.
A 14h, un mécanicien (Marcel Léger) est interpellé chez car il aurait l’habitude de recevoir des résistants chez lui. La voiture sort de Veaugues et subit bientôt les feux du  groupe de maquisards qui se retrouvent pris au piège : plus de de deux cents soldats encerclent les tireurs. S’en suit une fusillade où sept maquisars et un huitième homme furent tués ainsi qu’un agent de la Gestapo. Capitaine Daniel réussit à s’enfuir.

Photo issue du blog Veaugues.overblog
Quelques éléments :
Un article sur le blog LibrHerry reprend un extrait du livre de Pierre Paoli.Les lycéens de Marguerite de Navarre, lycée de Bourges, proposent un site sur la répression dans le Cher, dans le cadre d’un concours sur la résistance : une belle initiative.

Et enfin le livre de Jacques Gimard, Trompe-la-Mort, les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo. ISBN-13 : 978-2919760046.

U comme Ursin

Après Solange voici Ursin, de nouveau un prénom lié au Berry.

Saint Ursin fut le premier évêque de Bourges vers 300. Il annonça bien entendu la Bonne nouvelle, et transforma une maison en église.

Un portail de la cathédrale de Bourges est consacré à la vie de ce Saint.

Le site du diocèse de Bourges nous en donne la signification :

(de gauche à droite et de bas en haut) Un pape envoie Ursin et Just en mission. Leur départ. Mais Just meurt près de Bourges : Ursin enterre son compagnon, entré à Bourges (des reliques et un bâton à la main), où il prêche (tenant cette fois sa crosse d’évêque). Au dessus : consécration de la cathédrale. Assis, il reçoit l’hommage de Léocade (pouvoir civil). En haut : baptême par immersion de Léocade et de son fils Ludre. Voussures : anges, confesseurs, diacres, prophètes.

Apostolicité de St Ursin : le pape serait alors St Pierre

C’est un prénom qui reste malgré tout peu répandu, voici mes ancêtres qui l’ont porté :

– Ursin BOUSSAT (~1703-1758), mon sosa 1930, décédé à la Chapelle Montlinard
– Ursin PRIEUR (1752-1811), mon sosa 294, vigneron à Sury-en-Vaux.
– Joseph Ursin REVERDY (1809-1855), mon sosa 88, également vigneron à Sury-en-Vaux.

L’occasion de me rendre compte que je sais encore peu de choses sur ces trois là. Allez au boulot !