Histoire locale
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Avez-vous déjà vu un globe de mariée ?
J’ai découvert l’existence des globes de mariées en 2025 lors de deux occasions. Tout d’abord, l’exposition temporaire de l’écomusée du pays de Rennes, portait sur les fleurs ; mais au-delà du végétal, d’autres thèmes étaient abordés, dont celui des couronnes de fleurs d’oranger et leur conservation dans les globes de mariées. La seconde fois lors des journées du patrimoine à la ferme de la Morinaie, à Saint-Aignan-sur-Roë.
Je n’avais jamais entendu parler de cette coutume dans ma famille, et plus largement dans mon coin de Berry. Mais que racontent réellement ces objets ?
Une tradition de transmission familiale
Les globes de mariée étaient courants à la fin du XIXe siècle. À l’origine, les globes de verre servaient à protéger les mécanismes d’horlogerie de la poussière, ce qui explique pouquoi ils s’achetaient généralement chez un horloger-joialler. Leur usage s’est ensuite détourné pour préserver la couronne de fleurs d’oranger (en cire) de la mariée et autres souvenirs après son mariage. La couronne était posée sur un coussin de velour (ou calotte), et le globe était exposé dans la pièce principale du foyer. Pour les plus modestes, il pouvait s’agir de l’objet le plus luxueux de la maison, rappelant aux époux leur engagement.
Les globes étaient souvent offerts à la mariée par sa mère, sa tante, sa marraine.

Globes de mariées présentés à l’écomusée de Rennes en 2025 – collections musée Maison de la mariée – Parc naturel régional de Brière Les ornements à l’intérieur du globe
La couronne de fleurs d’oranger en cire, symbolisait à la fois la virginité et l’éternité, car elle ne s’altérait pas avec le temps. La production de ces fleurs artificielles fut une industrie prospère en France, notamment à Saint-Joachim en Brière ou à Josselin, où certains ateliers ont perduré jusqu’aux années 1980.
Des mirroirs et éléments de métal doré venaient compléter le contenu du globe, avec chacun une signification précise.
- Les miroirs : leur nombre et leur forme avaient une signification : fécondité, bonheur, nombre d’enfants souhaités…
- Les ornenements en métal : par exemple la feuille de chêne représentait la longévité du couple, le tilleul la fidélité, une grappe de raisin l’abondance et la fécondité.
Le globe devient un album de famille
Après le mariage, le globe évoluait avec le couple, devenant une sorte d’album de famille. On pouvait y glisser des souvenirs de la noce, comme les bouquets, puis les traces de la vie commune : médailles de baptême, mèches de cheveux des enfants, photographies…
Le globe pouvait être le témoin d’évènements moins joyeux : on ajoutait un ange dans le cas d’un enfant mort-né, pendant les conflits les veuvent déposaient les médailles militaires du défunt.
La mode des globes a connu son apogée entre 1890 et 1920, avant de décliner après la Seconde Guerre mondiale.
J’ai découvert que l’on peut acheter des globes de mariée sur des sites de vente aux enchères, me laissant aussi perplexe que pour la vente de photos de familles qui trouvent ensuite place chez une personne n’ayant aucun lien.
Et vous, aviez-vous déjà vu un globe de mariée ?

Quelques publicités pour les globes de mariées Quelques liens :
https://www.ecomuseelizio.com/collections/la-coutume-des-globes-de-mariage/
https://www.museedebaden.fr/pages/expositions/expositions-temporaires/page-1.html -
Une journée européenne du patrimoine 2025 aux confins de quatre départements
Je fais une petite infidélité à mon Berry natal et mes ancêtres pour vous présenter mes visites réalisées lors des journées européennes du patrimoine, dans un secteur aux confins de quatre départements : Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire et enfin Mayenne.
L’oratoire de Notre-Dame de Bon-Secours – Villepot (Loire-Atlantique)
Première étape avec cette petite chapelle – oratoire située à la sortie du bourg de Villepot. Édifiée avant 1789, elle fut construite pour y abriter une statue de la Vierge en bois, fabriquée par un sabotier local. A l’époque de la Révolution, cette statue aurait été jetée dans une mare, puis repêchée et repeinte en 1900 par un curé de la paroisse.
L’oratoire tomba à l’abandon, et en 1891 il était réduit à l’état de ruine. Le conseil municipal décida de le rénover bien des années plus tard ; les fidèles purent s’y rendre à nouveau lors de la fête patronale de la paroisse le 15 août 1961.
Ce lieu devint un site de pèlerinage réputé, où les habitants de la région venaient notamment demander des guérisons.

Remarquez le joli clocher de l’oratoire du Bon-Secours La chapelle de Dougilard – Soudan (Loire-Atlantique)
Notre périple nous a mené vers une seconde chapelle, celle de Dougilard. Ce lieu a bénéficié du « Loto du patrimoine« , permettant de restaurer les peintures murales, rénover le clocher et effectué des réparations urgentes au niveau de la charpente.
Si la chapelle date du XIIe siècle, les peintures du XVe siècle ont été découvertes par hasard par les propriétaires en 2022. Elles étaient cachées sous un enduit de plâtre et de briques.
Les projets se poursuivent, avec des fouilles archéologiques prévues pour la fin de l’année. D’autres travaux sont prévus (sous réserve de financement suffisant) avec la pose de nouveaux vitraux et la restauration de l’autel.

La ferme de la Morinaie – Saint-Aignan-sur-Roë (Mayenne)
La ferme de la Morinaie a ouvert ses portes pour la toute première fois pour ces journées du patrimoine 2025 ! Cette ferme, maintenant musée, appartient à la congrégation religieuse des petites Sœurs de Marie Mère du Rédempteur.
C’est ici que vécut dans sa jeunesse celle qui devint Mère Marie de la Croix, fondatrice de cette congrégation religieuse. La reconstitution de l’intérieur de la ferme a été réalisée afin de restituer fidèlement ce que Maria avait pu connaître. Un travail qui s’est fait à partir de nombreuses archives.

La chapelle-pagode Sainte-Anne – La Selle-Guerchaise (Ille-et-Vilaine)
Nous avons terminé notre périple avec une curiosité unique en France, perdue dans la campagne bretonne !
Cette chapelle-pagode fut démontée en Indochine en 1875 par le père François Lizé, prêtre missionnaire qui effectua deux missions à Saïgon (aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville). Devenu recteur de la paroisse de La Selle-Guerchaise, il fit remonter la pagode en 1877 à l’emplacement de l’ancienne chapelle du Poncel.
Le père Lizé ne resta que trois ans dans la paroisse avant de repartir en mission, où il mourut à Wing-Long en Chine à l’âge de 49 ans.

Bonus : le chêne à la Vierge de la forêt de Rannée (Ille-et-Vilaine)
Ce lieu n’était pas répertorié pour les journées européennes du patrimoine, mais étant dans le secteur nous avions envie de lui accorder une seconde visite. Car le chêne qui abrite ce lieu de dévotion a brûlé en 2018, probablement à cause d’une bougie.
D’après la tradition locale, en 1792 des soldats républicains à la recherche d’un prêtre réfractaire caché vers Fontaine-Couverte rencontrèrent une jeune fille au pied du chêne, où était déjà accrochée une statue de la Vierge. Refusant de révéler où se trouvait le refuge du prêtre, elle fut fusillée au pied de l’arbre.
Il devint dès lors un lieu de piété. Aujorud’hui l’arbre mort est toujours entretenu par des bénévoles qui protègent les statuelles et autres objets déposés par les pèlerins.
Jusqu’à quand tiendra-t-il ? Si vous voulez voir le Chêne avant l’incendie, vous pouvez consulter ce site.

Et vous, avez-vous profité des journées du patrimoine ?
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Le 25 juin 1944 à Thauvenay, l’Oradour berrichon
Pour ce huit mai, je voudrais relater un évènement tragique survenu à Thauvenay le 25 juin 1944, soit un mois après une autre tragédie qui avait l’objet d’un article sur le blog :
Le dimanche 25 juin 1944 en début d’après-midi, un détachement allemand venant de Cosne-sur-Loire s’arrête contrôler des jeunes du village. L’un d’entre eux prend peur et tente de se cacher ; un soldat allemand abat alors Robert et Maurice MOLLET âgés de 16 et 24 ans, blessant leur jeune frère.
Un allemand se rend dans une maison, où un homme caché (sans doute un résistant) abat le soldat. Les représailles seront sanglantes.
Des hommes arrêtés sur la route, et qui se trouvaient dans le camion allemand, sont emmenés dans le parc du château. Une colonne de camions vient de Cosne, apportant plaques et grenades incendiaires.
Les hommes arrêtés seront fusillés, les soldats tirent en tout sens, des rafales de mitraillettes atteignent les murs du château où les enfants de l’école ont été mis à l’abri, faisant une jeune victime de plus, âgée de seulement huit ans.
Puis c’est l’incendie du village. Les pompiers qui viennent de Sancerre sont repoussés. Le maire avait contacté la kommandantur de Bourges, les soldats reçoivent alors l’ordre de cesser.
Le bilan sera de 7 morts, 3 blessés, 18 prisonniers dont 9 seront déportés. Souvenons-nous du nom des victimes :
Roland Doucet, Robert Lavevre, Lucien Maillard, Paul Josserand, Maurice Mollet, Robert Mollet et Raymond Voyemant
Mon grand-père m’en avait parlé. Dans ma mémoire il me semble qu’ils avaient vu de très loin la colonne de fumée, et cela l’avait beaucoup marqué car les victimes étaient des jeunes de la région (il avait 18 ans).
Sources Discours du maire de Thauvenay pour 70ème anniversaire de l'événement. Article du Berry Républicain en date du 1er juillet 2014 L'Emancipateur, 22 avril 1949 et 22 juin 1950.
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Journées du patrimoine 2019
Aujourd’hui je vous propose un article « hors-sujet » , mais rapide à écrire sur les journées du patrimoine ! Cette année nous avons profité de deux lieux, et il y a un lien entre ces deux visites (la raison est donnée à la fin).
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Les archives départementales d’Ille-et-Vilaine
Bien que n’ayant pas d’ancêtres bretons, nous nous sommes rendus aux archives départementales, à Rennes. Un avantage, c’est qu’il est beaucoup plus facile de s’y garer qu’en plein centre-ville.
Les enfants ont tout d’abord pu assister à deux ateliers. L’atelier BD animé par Luc Monnerais, qui a réalisé l’album Arsenic, la bande dessinée consacrée à Hélène Jegado (l’exposition temporaire en cours aux archives d’Ille-et-Vilaine).
Ensuite direction la calligraphie, pour s’initier à l’écriture avec un porte plume ou une vraie plume d’oie. Une activité reposante et une belle découverte pour les enfants.
Pour terminer nous avons visité le bâtiment des archives, en suivant le circuit de l’arrivée des archives à la communication en salle, en passant par la restauration. Avec toutes ces activités, nous sommes restés plus de deux heures, sans avoir visité l’exposition consacrée à Hélène Jegado (que je dois de toutes manières visiter avec d’autres généalogistes).
Encore un programme aux petits oignons, mais on a l’habitude !
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Les fours à chaux de Lormandière
Une autre visite, cette fois-ci sur le patrimoine industriel bretillien. Un accident géologique a donné naissance à une langue calcaire (plutôt rare en Bretagne), ce qui a engendré sur ce lie une faune et une flore particulière … et le calcaire fut surtout exploité pendant de nombreuses années pour la production de chaux. Les explications données par le président de l’association qui se bat pour faire connaître ce site furent passionnantes. Le site est sauvé, sécurisé … et les passionnés aimeraient aller plus loin avec la création d’un musée sur le passé industriel. Ce n’est pas pour tout de suite, mais c’est à souhaiter.
Et alors, quel lien entre les deux visites ? La parution d’un livre sur le site de Lormandière, disponible depuis le week-end dernier et disponible en vente aux archives !
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Poilus de Menetou-Râtel
Après Sury-en-Vaux et Verdigny, les poilus de la commune de Menetou-Râtel sont maintenant indexés.
- Méthode et documents consultés
Comme précédemment, je suis repartie des noms présents sur le monument aux morts ainsi que du livre d’or de la commune qui a apporté quelques compléments.
L’étape suivante était l’indexation des fiches « Mort pour la France » sur le site Mémoire des Hommes, l’intégration des informations dans la base de données des poilus du Sancerrois complétée par quelques informations contenues dans les fiches matricules.
- Découvrons nos poilus
La commune compte 36 poilus morts pour la France, moins que les 55 recensés à Sury-en-Vaux. Pour remettre ce chiffre dans son contexte, entre 1883 et 1902, la commune enregistrait autour de 27 naissances par an.
Passons maintenant à leurs carrières militaires : sur les 36 poilus, nous trouvons 30 soldats, 3 canonniers, 1 caporal et 2 sergents. La moitié des hommes appartenait à un régiment d’infanterie. Une diversité d’unités se retrouve ensuite : régiment d’infanterie territoriale (8), bataillons de chasseurs à pied (4), régiment d’artillerie (3), régiment d’artillerie à pied (1), régiment de chasseur (1) et régiment mixte zouaves et tirailleurs (1).
Lieux de décès des poilus de Menetou-Râtel
Si la majorité des poilus sont morts sur le front, certains sont morts dans des hôpitaux plus éloignés : à Cosne, Bourges, Tours ou Châlon sur Saône. Des hommes sont également tombés à l’étranger : plusieurs en Belgique, un homme en Serbie. Le commune a également perdu quatre poilus du 55e RIT morts dans le naufrage du Gallia en Méditerranée.
Vous pouvez retrouver la liste des poilus de Sury-en-Vaux, Verdigny et Menetou-Râtel ici et le blog des poilus du Cher là.
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Poilus de Sury-en-Vaux
Après la commune de Verdigny, c’est au tour de celle de Sury-en-Vaux d’être indexée.
- Méthode et documents consultés
Je suis repartie des noms présents sur le monument aux morts ainsi que du livre d’or de la commune qui a apporté quelques compléments.
L’étape suivante était l’indexation des fiches « Mort pour la France » sur le site Mémoire des Hommes, l’intégration des informations dans la base de données des poilus du Sancerrois complétée par quelques informations contenues dans les fiches matricules.
- Découvrons nos poilus
J’ai retrouvé sur la commune 55 poilus morts pour la France. Pour remettre ce chiffre dans son contexte, entre 1883 et 1902, la commune enregistrait autour de 40 naissances par an, donc une vingtaine d’hommes chaque année. Dans la moitié des cas, les victimes étaient âgées de moins de 24 ans lors de leur décès.
Passons maintenant à leurs carrières militaires : sur les 55 poilus, nous trouvons 43 soldats, 6 caporaux, 2 lieutenants, 2 sergents, 1 maréchal des logis et 1 canonnier. La grande majorité des hommes (41) appartenait à un régiment d’infanterie. Une diversité d’unités se retrouve ensuite : bataillons de chasseurs à pied (4), régiments d’artillerie (4), régiment d’artillerie à pied (1), régiment du génie (1), régiments de zouaves (1 ainsi que 1 régiment de marche, 1 régiment mixte zouaves et tirailleurs), section d’infirmiers militaires (1).
Lieux de décès des poilus de Sury-en-Vaux
Si la majorité des poilus sont morts sur le front, d’autres sont morts dans des hôpitaux plus éloignés : à Brest, Bourges, Lyon ou Montluçon. Des hommes sont également tombés à l’étranger : Signeulx en Belgique, le camps de Klein-Wittenberg en Allemagne, Montana en Suisse ou bien Monastir en Albanie.
Vous pouvez retrouver la liste des poilus de Sury-en-Vaux et Verdigny ici et le blog des poilus du Cher là.
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Sancerrois 1418
Je vous annonce l’ouverture d’un nouveau blog, entièrement consacré aux poilus du Sancerrois. Dans l’idéal, je souhaite leur rendre hommage cent ans après leurs décès. Comme j’ai peu de temps pour le moment, je vais me concentrer sur les villages de Sury-enVaux, Verdigny et Menetou-Ratel. Ne les oublions pas !
L’adresse du site : http://www.sancerrois1418.blogspot.fr
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Morts pour la France 14/18 : trois Dezat [4]
Voici le dernier des quatre articles planifiés pour ce généathème du mois de novembre portant sur la guerre de 14/18. Après avoir présenté les hommes morts pour la France de Sury-en-Vaux et Verdigny [1], être allés en Belgique en août 1914 [2] puis dans les tranchées du bois d’Ailly en 1915 [3], je conclurai (pour cette année) en évoquant les trois « DEZAT » morts pour la France.
- Henri Fernand DEZAT
Henri Fernand est né le 15 novembre 1893 à Sury-en-Vaux. Il est le fils de François DEZAT, vigneron, et Marie Louise DELAPORTE.
Son dernier régiment sera le 405ème régiment d’infanterie. Celui-ci est constitué le 15 mars 1915. Le 28 septembre, 1915 il est noté dans le journal des manœuvres et opérations (jmo) des services de santé :
Attaque des points M » et N ». Attaque de la tranché des tirailleurs et du bois de la Folie (1er et 3ème bataillon). Pertes : officiers blessés : 21, tués : 17, troupe 6 blessés.
Henri Fernand Dezat fait parti de ceux-ci. Il est tué à l’ennemi à Neuville Saint Vaast dans le Pas de Calais. Le bois de la Folie porte malheureusement bien son nom…
Ce régiment sera disloqué le 10 juillet 1916. Quelques pages après le 28 septembre, je suis tombée sur ce texte, qui nous fait un peu mieux comprendre ce que les soldats devaient endurer. Ici il est question de la préparation à la défense contre les gaz asphyxiants.
15 au 30 novembre : instruction des hommes pour la défense contre les gaz asphyxiants (mise en place des [???[ et des cagoules – emploi des pulvérisateurs à hyposulfite – fabrication de l’oxygène au moyen de l’appareil Régnier – passage dans atmosphère chlorée – appareils respiratoires [???].
Enfin, voici un plan de la zone du bois de la Folie trouvé sur un forum ….. Il est tiré des jmo.
- Les frères Louis et Julien Achile DEZAT
Je n’ai pas découvert tout de suite qu’ils étaient frères, et pourtant…
Dans les registres d’État Civil de Sury-en-Vaux je trouve la naissance de Louis François DEZAT le 28 septembre 1893, fils de DEZAT Joséphine Louise et d’un père inconnu. Jospéhine Louise se marie le 2 juins 1894 avec Louis DEZAT … l’occasion de reconnaître la naissance de François Louis. Pas besoin de changer de nom !
Le 19 août 1896 nait Julien Achille Dezat, fils de ce même couple. Les frères descendent tous les deux du couple Alexandre DEZAT et Scholastique REVERDY (mon premier article du challenge AZ de 2014 portera certainement sur eux).
Louis DEZAT fait partie du 4ème régiment d’infanterie comme de nombreux hommes de Sury-en-Vaux. Il échappe aux évènements survenus à Signeulx [2]. Il décède à l’hôpital de Lyon le 19 octobre 1914 de maladie contractée au combat. Il est âgé de 21 ans.
Son jeune frère Julien Achille appartient au 360ème régiment d’infanterie. Il est tué à l’ennemi le 5 juillet 1917 à Braye en Laonnois dans l’Aisne, juste à côté du chemin des Dames. Il a 20 ans. Encore une fois peu d’indices. Il est noté dans le JMO :
Dans la nuit du 5 au 6, le 5ème bataillon est relevé par un bataillon du 169 et va s’installer en réserve de question à Ostel et dans les tranchées environnantes.
Dans le tableau récapitulatif des pertes, j’apprends que son n° de matricule est le 8767 et qu’il appartenait à la 21ème compagnie. Entre le 22 juin et le 25 juillet, 52 hommes sont tués et 87 blessés.
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Morts pour la France 14/18 : le bois d’Ailly [3]
Après vous avoir présenté les morts pour la France 14/18 de Sury-en-Vaux et Verdigny, nous avons voyagé en Belgique en août 1914. Cette fois-ci nous partons pour les tranchées situées dans la Meuse, plus précisément au niveau du bois d’Ailly.
- Les hommes
Cette fois-ci, nos hommes ne faisaient pas partie du même régiment mais ont tous trouvé la mort en avril 1915 au bois d’Ailly.
Louis, Camille ROBERT est né le 16/05/1893 à Sury-en-Vaux (au lieu-dit de la Vallée) de parents tisserand et couturière. Il était soldat de 2ème classe au 29ème RI lors de son décès le 24/4/1915 au bois d’Ailly.
Georges Isidore COTTAT est né le 14/3/1894 à Verdigny, de parents vignerons à Chaudoux. Il était également soldat de 2ème classe au 27ème RI lors de son décès le 14/4/1915 au bois d’Ailly (commune de Marbottes).Le troisième homme, est Charles LEGER, 2ème classe au 56ème RI. Il meurt le 7 avril 1915 au bois d’Ailly. En recherchant quelques informations sur cet homme, comme pour les précédents, je fais une découverte : Charles LEGER est en fait le frère de mon arrière-arrière grand père Émile Justin LEGER. Je garde donc son histoire pour une prochaine fois.
- La zone du Bois d’Ailly
La zone du bois d’Ailly se situe dans la Meuse, entre les communes de Saint Mihiel et de Marbotte.
A Marbotte se trouve d’ailleurs actuellement une nécropole nationale.
- Journal du 29ème RI, le 24 avril
8h : ordre est donné de faire partir le 1er bataillon à la Croix Saint Jean. Un bataillon du 100ème le remplace. Pendant la matinée, une Compagnie du 100ème, aidée par les grenadiers du 2ème bataillon s’installe à la droite de celui-ci dans la tranchée prise sur une longueur de 150 mètres.
A 10h, la 12ème compagnie quitte le point 5 et va rejoindre son bataillon à Pont sur Meuse.
A 21h, ordre est donnée de faire partir le lendemain à 6h15 le 1et bataillon et du 8ème.18 tués, 10 blessés, 20 disparus. Louis, Camille ROBERT en faisait partie.
Une journée où l’on ne parle pas de grands combats, une journée presque « ordinaire dans les tranchées.
- Journal du 27ème RI, le 14 avril
Le régiment occupe les mêmes emplacements que la veille.
5h : les 5 et 6èmes compagnies relèvent en 2ème ligne les 7èmes et 8èmes compagnies qui viennent bivouaquer à la Croix Saint Jean.
15h15 : le 1er bataillon quitte Pont sur Meuse pour aller remplacer le 3ème btn et des éléments du 13è d’Infanterie pour les remplacements en première ligne. Le relevé s’effectue difficilement, les 1ères, 2ème et 4èmes compagnies ne connaissant qu’imparfaitement leurs nouveaux secteurs. Elle est toutefois terminée à 22 heures.Encore une fois pas de grandes batailles. Se dire que Georges Isidore COTTAT, est peut-être mort tout « simplement » à cause d’un problème d’organisation…
Le quatrième et dernier volet de ce généathème sur la guerre 14/18 portera sur les « Dezat » morts pour la France. Mais je pense que je vais poursuivre mes investigations l’an prochain et peut-être même les années suivantes.
Nécropole nationale à Marbotte – Google street view 2013Sources : SGA Mémoire des Hommes. Fiches Morts pour la France. Journaux des Marches et Opérations. Archives du Cher : actes de naissance.
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Morts pour la France 14/18 : le 4ème RI à Signeulx [2]
Je poursuis ma série d’articles concernant les soldats morts pour la France de Sury-en-Vaux et Verdigny. Après avoir présenté ces hommes [1], nous allons cette semaine passer la frontière pour nous rendre en Belgique.En lisant les fiches des soldats, j’ai remarqué que certains hommes étaient morts en Belgique. J’ai retrouvé trois fois le même lieu et la même date de décès : le 22 août 1914 à Signeulx. Ces hommes faisaient tous partie du 4ème Régiment d’Infanterie. Il n’en fallait pas moins pour que je cherche à en savoir plus sur les évènements qui ont eut lieu.
- Les hommes concernés
Louis Marie BIZET est né le 2 novembre 1889 à Sury-en-Vaux de parents vignerons et domestiques. Il était soldat de 2ème classe et âgé de 25 ans le 22 août 1914.
Louis Georges THOMAS, également soldat de 2ème classe, est né le 14 septembre 1893 à Sury-en-Vaux de parents vignerons : THOMAS Louis Étienne et FLEURIET Marie Euphrasie. Il a 20 ans lors des évènements à Signeulx.
Fernand LAPORTE est caporal tambour, né le 21 août 1889 à Verdigny de parents vignerons. Isidore LAPORTE est en effet vigneron à Chaudoux et marié à Léontine NEVEU. Il était le seul homme d’une fratrie de trois sœurs ou devrais-je dire trois « Marie » : Marie Louise Camille, Marie Marthe et Marie Léontine Germaine.
- Ce qui s’est passé le 22 août 1914 à Signeulx
Avertissement : n’ayant pas pu accéder au journal des marches et opérations de ce régiment, je me suis basée sur des retranscriptions trouvées sur internet [2].
Ancien cimetière militaire français à Signeulx source
Le 4ème Régiment d’Infanterie (4 RI) tient garnison à Auxerre. Ils quittent cette ville le 5 août 1914. Le régiment débarque le 6 août à Sampigny et gagne Woinville où il reçoit l’ordre de s’installer défensivement face à Metz. Le 21 août, après avoir parcouru 40 kilomètres sous une forte chaleur, il gagne la frontière belge. En route, les hommes voient la ville de Longwy en flammes.Le 22 août ils franchissent au petit matin la frontière belge à Signeulx. Les habitants de la localité les informent que les allemandes sont à 3 km. La 9èmedivision (4ème, 82ème, 113ème et 131èmeRI) doit attaquer sur le front Signeulx – Gorcy. Le 4ème RI a pour objectif Mussy-la-Ville. Le brouillard est intense, on y voit à peine à 50m. Les allemands sont retranchés et les accueillent par le feu. Il faut se replier. Le soir le régiment se regroupe à la ferme de Bouillon : les pertes se montent à 18 officiers et 1200 hommes au total, dont nos trois hommes.Le plan des combats est disponible ici.La bataille des Frontières est la première phase de combats le long des frontières franco belge et franco allemande entre le 7 et le 23 août 1914. Le 22 août 1914 ce sont 22000 hommes qui perdent la vie. La seule solution est de battre en retraite : c’est la Grande Retraite qui se termine par la bataille de la Marne début septembre [3].
[1] Morts pour la France 14/18 : Sury-en-Vaux et Verdigny
[2] Histoire du 4ème Régiment d’Infanterie – Guerre de 1914 – 1918, Historique sommaire du 4ème Régiment d’Infanterie pendant la guerre 1914-1918, http://1914-18.be/, forum de l’association 14-18.
[3] L’armée française de l’été 1914, Animation sur la bataille des frontières












