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Catégorie : Berry

S comme Sainte Solange, patronne du Berry

S comme Sainte Solange, patronne du Berry

Sainte Solange est la sainte patronne du Berry.

Sainte Solange

L’histoire raconte que Solange était une bergère d’une grande beauté. Elle refusa d’épouser le fils du comte de Poitiers pour se consacrer à Dieu. L’homme l’enleva de force sur son cheval, Solange se débat et ils tombent dans un ruisseau. Elle sort de l’eau pour s’enfuir mais l’homme de rage lui tranche la tête. La légende dit que la tête séparée du corps invoque trois fois le saint Nom de Jésus. Solange décapitée aurait prit sa tête dans ses mains et la porta jusqu’à l’église Saint-Marin. Son décès aurait eut lieu en 880.

Un pèlerinage a lieu tous les ans le lundi de Pentecôte dans le village qui porte son nom.


Parmi mes ancêtres, 12 femmes portent ce prénom : mes deux grand-mères et la plus ancienne femme à le porter se trouve à la dixième génération.

Sur Gallica, Sainte Solange, vierge et martyre.

P comme protestant en 1573 à Sancerre

P comme protestant en 1573 à Sancerre

Je vous ai déjà raconté que je suis tombée par hasard sur une branche protestante dans ma généalogie. Article ici.
Je vais maintenant aborder un évènement plus ancien, qui a laissé des marques à Sancerre : le siège de 1573, lors de la quatrème guerre de religions.

Sancerre est en effet devenu un haut lieu du protestantisme dans le Berry, et plus globalement en France.

Sancerre, ville rebelle, était surnommée à l’époque la Petite Rochelle. Dès la fin 1572, de nombreux protestants vinrent à Sancerre qui accueillait les « réformistes ». Le roi Charles IX ne supportait plus l’affront de ces villes. Claude de la Châtre mobilisa jusqu’à 7000 hommes. Il tenta des assauts qui se terminèrent tous par des échecs.
Nouvelle tactique : assiéger Sancerre. Les assiégés tinrent bon mais les vivres vinrent à manquer. On mangea rats, taupes, vieux cuir … un récit raconte même qu’un couple mangea leur fille morte de faim. Le père fut brûlé et la mère étranglée.. Les protestants de Sancerre acceptèrent finalement la rédition lors de l’été 1573.
Cette histoire a été racontée par un ministre protestant, Jean de Léry dans son Histoire mémorable du siège de Sancerre.
Deux cents ans plus tard, Sancerre fera encore parler d’elle pour s’opposer cette fois à la Révolution Française d’où le terme « Petite Vendée Sancerroise ».
D comme Daktulosphaira

D comme Daktulosphaira

Daktulosphaira vitifoliae est plus connu sous le nom de phylloxera. Ce petit insecte venu d’Amérique se nourrit en piquant les racines des vignes et a commencé à s’attaquer aux vignobles français à partir du milieu du XIXème siècle.

En 1885, coup de massue dans le sancerrois : des vignes de Sancerre, Verdigny et Veaugues sont touchées. Les nombreuses tentatives pour sauver le vignoble furent en pure perte : sulfure de carbone, arrosage des vignes pour noyer le puceron … mais il fallut arracher comme partout ailleurs, et on avait perdu bien du temps ! Le vignoble ne sera sauvé qu’en utilisant des prote-greffe résistants au phylloxera en provenance des Etats-Unis. Pendant un temps le sancerrois a porté les cicatrices de cet épisode comme on peut le voir sur ces carte postales.

De nombreux habitants quittèrent la terre. Il fallait acheter les porte-greffes, travailler le sol (donc acheter un cheval), attendre quatre ans le temps que les plants commencent à produire.

Un vrai cataclysme, dont j’imagine sans peine l’impact pour mes ancêtre. En 1900, il ne restait plus qu’un faible nombre de vignerons.
Ainsi à Verdigny, le vignoble passera de 145 ha en 1885 à 20 ha en 1898.

B comme Berry

B comme Berry

Encore un point commun de bon nombre de mes ancêtres, le Berry. Pour être plus précise, le Haut-Berry.

Les berrichons ne sont pas souvent pas taxés de régionalisme. En effet, si vous dites « berrichon » à la majorité des français, l’image qui leur viendra en tête sera celle d’un paysan un peu arriéré à l’accent absurde. C’est que le Berry, c’est moins sexy que la Bretagne, le Pays Basque et la Corse.

Et pourtant !

Le Berry disparait officiellement avec la révolution française. Il se divise grosso modo en deux départements le Cher (Haut Berry) et l’Indre (Bas Berry). Je dis bien grossièrement car certaines communes du Berry seront intégrées à d’autres départements, tout comme certaines communes d’autres régions rejoindrons le Cher ou l’Indre.

Le Berry se compose de huit régions naturelles (du nord au sud) : le Val de Loire, la Sologne, le Pays-Fort, le Sancerrois, la Champagne berrichonne, le Boischaut Nord, le Boischaut Sud et la Brenne.

Mes ancêtres viennent surtout de trois de ces « régions » : le Sancerrois, le Val de Loire et le Pays Fort.

  • Le Sancerrois est une zone de collines à l’est du Cher, connue pour sa gastronomie : les vins AOC de Sancerre et le crottin de Chavignol. Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire du sancerrois, j’espère bien m’y atteler sérieusement un jour !
  • Le Val de Loire, ou plutôt des communes à proximité de la Loire, souvent situées au sud-est du Sancerrois. Ce sont des zones plus planes. Les communes de mes ancêtres sont souvent situées sur, ou à proximité du canal latéral à la Loire.
  • Le Pays Fort qui jouxte le sancerrois est une région de polyculture-élevage. Au niveau architectural, une particularité est la présence de grandes pyramidales, qui comme leur nom l’indique ont un toit en forme de pyramide.

Vous l’aurez compris, ce billet est un hommage à ma région d’origine, que je n’échangerai pas pour tout l’or du monde.

Pour voyager dans le Berry de chez soi :

Berry Province, le tourisme dans le Berry
Site de la grande pyramidale de Vailly-sur-Sauldre

Mariage de cousins germains

Mariage de cousins germains

Encore des surprises au détour des archives …

La surprise du jour se trouve toujours dans la lignée de Valérie GODON (cf précédent billet) née de père inconnu. Mais cette fois c’est sa grand mère Marguerite NEHOU qui m’intéresse. Celle-ci s’est mariée avec Pierre GODON le 13 juin 1809 à Subligny. Il est précisé que Marguerite NEHOU est veuve de Marc LEBEAU. Je cherche donc cet acte, jusque là rien de plus normal.

Je découvre l’acte de mariage en date du 28 pluviose an III (16 février 1795). Marc LEBEAU est fils de François LEBEAU et Marie NEHOU. Marguerite NEHOU, âgée de 14 ans, est fille de Jean NEHOU et Marguerite LEBEAU.

Je trouve étrange ce « croisement » des noms de familles ! En remontant d’un cran, je découvre qu’en fait les époux sont cousins germains : leurs parents François et Marguerite LEBEAU sont les enfants de  François LEBEAU et Marie TURPIN ; Marie et Jean / Pierre NEHOU sont les enfants de Silvain NEHOU et Marie JULIEN.

Autre fait pour le moins étonnant, les deux couples se sont mariés … le même jour ! Le 19 novembre 1771 à Subligny.

L’occasion de découvrir qu’il est bien difficile de réaliser un arbre affichant les liens avec la plupart des logiciels de généalogie.

Cadeau avant Noël

Cadeau avant Noël

Quel soulagement : les archives du cher sont enfin en ligne !

Moi qui ne pouvait avancer que par sauts de puce et en comptant sur le travail des autres bénévoles, je vais pouvoir m’atteler à reprendre mon arbre qui était un peu en jachère. Cela s’accompagnera je l’espère de nouveaux posts sur ce blog !

J’en oublierai presque de vous donner l’adresse : http://www.archives18.fr

Louis Augustin Raimbault, charron

Louis Augustin Raimbault, charron

Les vacances sont enfin l’occasion de me replonger dans l’étude de ma généalogie.
Au programme : une nouvelle branche, ce qui est déjà un évènement en soi et qui plus est m’a permis de rencontrer un nouveau métier.

Un ancêtre, un métier : celui de charron

Encyclopédie méthodique. Arts et métiers mécaniques. Tome 1 / , [par Jacques Lacombe]
Encyclopédie méthodique. Arts et métiers mécaniques. Tome 1 / , [par Jacques Lacombe]
Source: gallica.bnf.fr

En effet, Louis Augustin RAIMBAULT (Sosa 50) était charron. Ce métier est celui de la fabrication des roues, de la brouette à la charrette. Activité au combien nécessaire dans chaque village !
Ce qui m’a tout d’abord étonnée, c’est que Louis Augustin ne tient pas cette activité de son père, « simple » cultivateur. Pas de trace non plus de ce métier chez ses oncles ou grand-pères.
D’après les différentes sources, cette profession sera la sienne durant toute sa vie, et toutes les saisons. Un de ses fils, Narcisse RAIMBAULT deviendra charron à son tour.

Quelques éléments de la vie de Louis Augustin RAIMBAULT

Il est né le 10 mars 1835 à Menetou-Râtel d’André RAIMBAULT, manœuvre et cultivateur originaire de La Chapelle d’Angillon et Lucie COLLEAU. Il se marie le 18 juin 1860 à Ménetou-Râtel avec Marguerite BEAUCHARD âgée comme lui de 25 ans. J’ai trouvé trace de quatre enfants de ce couple :

  • Marie Louise, mon aïeulle, née en 1862
  • Louis Augsutin né en 1864 et décédé à 1 an
  • Henri Augustin né en 1870 et décédé cette même année
  • Narcisse, né vers 1879

Il sera le témoin des mariages de ses frères et sœurs

  • Jeanne Clémence Sidonie Françoise, la cadette, mariée le 21 juillet 1857 à Joseph Jean Baptiste GODON, charron originaire de Jars. On retrouve ici le métier de charron,une piste à creuser.
  • Catherine, de 2 ans son ainée, mariée le 25 novembre 1857 à Ménetou-Râtel à Antoine GODON, domestique originaire de Jars. Elle se mariera donc quatre mois après sa sœur, avec son beau-frère.
  • André, son aîné de 5 ans, marié le 22 novembre 1858 à Ménetou-Râtel avec Cécile GODON, domestique originaire de Subligny. Encore une Godon, mais qui n’est pas la sœur des précédents.
Fête du travail … mais quel travail ?

Fête du travail … mais quel travail ?

En ce jour de fête du travail, loin de toute polémique sur le « vrai » travail, je souhaite rendre hommage au travail des mes aïeux. Leurs conditions de vie, et de travail, étaient sans nul doute bien moins bonnes que les nôtres. Une page recense leurs métiers, mais je veux aller un peu plus loin que cette simple liste. Je ne parle ici que des métiers des hommes, un billet précédent étant consacré aux femmes.

Des vignes …
Sans grande surprise, la majorité de mes ancêtres étaient vignerons. Ils représentent près de 40% des professions indiquées. Attention toutefois aux biais, car mes branches les plus complètes sont aussi celles de vignerons. Ces ancêtres étaient majoritairement originaires de Sury-en-Vaux, Verdigny, mais plus généralement de tout le Sancerrois.

 … aux champs
Viennent ensuite les laboureurs, et en 4ème position les cultivateurs. Ces deux métiers réunis représentent un quart des métiers mentionnés.

Un autre groupe important est celui des « petites mains » avec en premier lieu les manoeuvres, également les journaliers mais aussi les domestiques. Ils représentent à peu près un métier sur 6 renseigné. Il est intéressant d’observer qu’un nombre important de ‘manoeuvres » ne le restent pas toute leur vie.

Une multitude d’autres professions

Tout cela mis bout à bout, il ne reste plus beaucoup de place pour les autres métiers car ces trois grands groupes représentent les 4/5 des métiers. J’ai pourtant recensé 27 autres métiers différents !

La plupart sont des petits métiers des campagnes, pouvant compléter ou non la vie de vigneron ou de cultivateur : sabotier, « propriétaire », meunier, tonnelier, cordier, bourrelier.
Je retrouve également quelques professions liées à la forêt : fendeur, charbonnier, garde forestier, bucheron.
Divers artisans : boucher, charpentier, drapier, marchand, pannetier, tailleur d’habits, tuillier …
Et quelques métiers plus « prestigieux » (je ne sais pas si c’est le bon terme) comme notaire ou procureur.

Meunier sur la Belaine

Meunier sur la Belaine

J’ai dans mes ascendants plusieurs meuniers. Mais il n’est pas toujours précisé dans les actes le lieu précis du moulin ; il faudrait pour se faire dépouiller les recensements ou les archives de notaire. Ce n’est qu’à l’état de projet pour l’instant

Heureusement on peut parfois tomber sur ces informations qui permettent de pousser les investigations un peu plus loin. Ainsi, François THOMAS (1776-1817) aurait été meunier à Moulin Alix, sur la commune de Sury-en-Vaux. Renseignement pris, ce moulin se trouve sur la Belaine.
La commune de Sury-en-Vaux était apparemment bien pourvue en moulins : moulins à vent sur les collines ou à eau dans le creux des vallons. La Belaine n’est qu’un ruisseau prenant sa source au sud du Petit Chaudenay à Ménetou-Râtel. Il traverse ensuite Sury-en-Vaux, longe le bois de Charnes puis traverse Bannay avant de rejoindre le Ru et le lit de la Loire. Ce ruisseau aurait alimenté jusqu’à sept moulins, aujourd’hui presque tous disparus, ou plutôt réhabilités.

Source : Géoportail
Carte de Cassini (source : Géoportail)

Un internaute a étudié l’historique des noms de ruisseaux dans notre région, voici ce qu’il a pu trouver sur la Belaine :


Riparia de Siagacoin in Vallibus, La rivière de Baillene, Ripparia de Vellene, Baillene, Bellennes, La rivière de Vallenes, La Veleyne, Rivière de la Vellaine, La rivière de Bellennes, La rivière de Belaines, La rivière de Ballaine, Vellaine, la rivière de Belaine, Ruisseau de Belaine

Ceci est un condensé : plus d’informations sur le site ici.

Au fond coule la Belaine … ici au nord du Moulin Granger (source Google Maps – Street View)
Déclarant, tout un métier

Déclarant, tout un métier

J’ai découvert lors de dépouillements systématiques de sépultures des déclarants qui reviennent très souvent dans les actes. Et bizarrement, ils sont le plus souvent cités comme « amis » des défunts.

En voici quelques-uns pour la commune de Saint-Bouize, tirés du début du XXème siècle

– Clément DUCROUX, secrétaire de mairie (1914-1917)
– Adrien GABOT, sans profession (1912-1918)
– Hubert GAUDRY, maréchal (1910)
– Eugêne LOGNON, instituteur (1910-12)
– Pierre MECHIN, garde champêtre (1918)
– Ovide PICARD, marchand de bois (1913)
– Louis TRUCHON, charpentier (1913 – 1918)

Ces hommes étaient soit artisans, soit représentants de l’État. Le plus souvent le premier déclarant était une personne de la famille ou un voisin, et en second déclarant on pourrait retrouver l’un de ceux que j’appellerais « déclarant professionnel » à moins qu’officiel ne soit plus exact. Jamais je n’aurai pu découvrir ceci en ne m’intéressant qu’à ma généalogie. Les archives ont beaucoup de choses à nous apprendre !