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Le métier de vignier

Le métier de vignier

En ce mois de mars, les généalogistes sont invités à présenter un métier occupé par nos ancêtres.

Avant de décrire le métier que j’ai choisi, voici le contexte dans le quel je l’ai découvert pour la première fois : Louis MOREUX, mon sosa 172, est un vigneron habitant Sury-en-Vaux. Jusque-là, rien de plus ordinaire car un très grand nombre de mes ancêtres sont vignerons et vivaient à Sury-en-Vaux. Mais, alors qu’il est décédé depuis quatre ans déjà, son fils Germain MOREUX se marie et cette fois-ci la profession de Louis n’est plus vigneron … mais garde-vignier !

MOREUX Germain BERTRAND Genevieve M 1838

Mariage de Germain MOREUX et Geneviève BERTRAND – 3E 2427 – Archives du Cher

Vous l’aurez donc compris, je vous présente aujourd’hui le métier de vignier, qui vous l’imaginez est en rapport avec la vigne. Pour trouver une traduction plus compréhensible, il faut aller chercher un dictionnaire de berrichon. Nous y apprenons alors que le vignier est un garde-vignes [1].

Mais me diriez-vous, pourquoi garder les vignes ? A l’approche des vendanges, il était d’usage de nommer des gardes temporaires pour surveiller les vignes . Le but était de les protéger avant tout des vols, mais aussi des bêtes qui pouvaient s’introduire dans les parcelles. Ils étaient généralement nommés par le conseil municipal et payés par les propriétaires.

Si le garde-vignes venait à attraper un voleur, il le remettait ensuite à un magistrat. Bien qu’équipé d’une lance, son rôle était avant tout défensif [2, 3]. Dans d’autres régions, ce métier est également nommé messier.

Au cours de mes recherches, je suis tombée sur une petite pépite dans l’ouvrage « Les Coustumes générales des pays et duché de Berry » [4] ; à l’article III du chapitre « vignerons » il est question de garde-vigne :

« Le devoir desdites gardes est d’empescher qu’aucun entre és vignes ou champs qu’ils gardent, de prendre et saisir ceux qu’ils trouveront en présent dommage, les amènera au Magristrat, leur oster les fruicts qu’ils auront desrobez. S’ils ont prins derniers pour les laisser eschaper ou les bestes qu’ils auront prinses en faisant dommages, ils vent estre punis griefuement. Par l’Ordonnace de Cremieu, il  appartient aux Pevosts de commettre les Messiers et gardes des commis pour la conservation des vignes et autres fruicts et biens au temps qu’ils sont de garde, et recevoir le serment d’eux.

Et vous, avez-vous rencontré ce métier ?

[1]. Vocabulaire du Berry et de quelques cantons voisins. Librairie encyclopédique Roret. 1842. [2] Paysans du Berry : la vie des campagnes berrichonnes. Daniel Bernard. 1982. 206 p. [3]. Métiers de la vigne et du vin. Nos ancêtres - Vie & Métiers - n°34 - novembre / décembre 2008. [4] Les Coustumes générales des pays et duché de Berry, avec les annotations de Gabriel Labbé S.r de Montveron (1607).
Le métier de bourrelier

Le métier de bourrelier

Cet article fait suite à notre visite à l’écomusée de Rennes, car en plus de l’exposition Fouette, cocher ! nous avons pu assister à une démonstration de bourrellerie-sellerie. Bourrelier, un métier rare, mais encore d’actualité grâce à l’équitation de loisir.  Nous n’étions pas les seuls intéressés, il était parfois difficile de se frayer un chemin !

Ecomusee 1Un collier : cuir et « bourre » à l’intérieur – Écomusée de Rennes

Voici un métier au nom étrange lorsque l’on ne sait pas ce qui se cache derrière… Le bourrelier est un artisan qui travaille le cuir et la bourre (poils d’animaux, chanvre…). Un métier oh combien important pour nos ancêtres au temps de la traction animale : il fabriquait et réparait les colliers ainsi que tout l’harnachement nécessaire. C’était en quelque sorte le mécanicien de nos villages.

Un métier qui faisait appel à diverses compétences : il fallait couper le cuir, l’assembler en faisant de la couture.

ecomusee 2Les outils du bourrelier – Ecomusée de Rennes. Rembourroirs, passe-corde, couteaux, emporte-pièces, alène…

Il faut ainsi imaginer le bourrelier dans son atelier : entre ses cuisses, une pince serre la pièce à coudre. Le bourrelier tient une aiguille dans chaque main pour réaliser une double couture. Le fil de chanvre utilisé est enduit de poix et passe dans des avant-trous percés par une alène.

Pour assembler un collier d’épaule, le bourrelier fixe des atèles (pièces en bois) sur un corps de collier et y ajoute un coussin de cuir souple qu’il remplit de poils d’animaux ou de fibres végétales. Il y fixe ensuite des anneaux.

Dans l’arbre de mon mari, Philippe BERTHET (sosa 88) est bourrelier à la naissance de ses enfants, puis propriétaire. Il a vécu de 1814 à 1848 dans la commune de Ménetou-Salon.

Cuir

Fête du travail … mais quel travail ?

Fête du travail … mais quel travail ?

En ce jour de fête du travail, loin de toute polémique sur le « vrai » travail, je souhaite rendre hommage au travail des mes aïeux. Leurs conditions de vie, et de travail, étaient sans nul doute bien moins bonnes que les nôtres. Une page recense leurs métiers, mais je veux aller un peu plus loin que cette simple liste. Je ne parle ici que des métiers des hommes, un billet précédent étant consacré aux femmes.

Des vignes …
Sans grande surprise, la majorité de mes ancêtres étaient vignerons. Ils représentent près de 40% des professions indiquées. Attention toutefois aux biais, car mes branches les plus complètes sont aussi celles de vignerons. Ces ancêtres étaient majoritairement originaires de Sury-en-Vaux, Verdigny, mais plus généralement de tout le Sancerrois.

 … aux champs
Viennent ensuite les laboureurs, et en 4ème position les cultivateurs. Ces deux métiers réunis représentent un quart des métiers mentionnés.

Un autre groupe important est celui des « petites mains » avec en premier lieu les manoeuvres, également les journaliers mais aussi les domestiques. Ils représentent à peu près un métier sur 6 renseigné. Il est intéressant d’observer qu’un nombre important de ‘manoeuvres » ne le restent pas toute leur vie.

Une multitude d’autres professions

Tout cela mis bout à bout, il ne reste plus beaucoup de place pour les autres métiers car ces trois grands groupes représentent les 4/5 des métiers. J’ai pourtant recensé 27 autres métiers différents !

La plupart sont des petits métiers des campagnes, pouvant compléter ou non la vie de vigneron ou de cultivateur : sabotier, « propriétaire », meunier, tonnelier, cordier, bourrelier.
Je retrouve également quelques professions liées à la forêt : fendeur, charbonnier, garde forestier, bucheron.
Divers artisans : boucher, charpentier, drapier, marchand, pannetier, tailleur d’habits, tuillier …
Et quelques métiers plus « prestigieux » (je ne sais pas si c’est le bon terme) comme notaire ou procureur.

Profession de femme

Profession de femme

Voici de nouveau un article sur les femmes, journée de la femme oblige. Cette fois je me suis penchée sur la profession des femmes de mon arbre.
Leur profession n’est pas toujours indiquée dans les registres. J’ai ainsi pu calculer que la profession des hommes est renseigné 2,4 fois plus souvent que celle des femmes.

Voici le classement décroissant des métiers de mes ancêtres :

  • Ménagère 41
  • Vigneronne 29
  • Manœuvre, journalière 10
  • Couturière 5
  • Domestique 3

mais aussi meunière, mendiante, cultivatrice, jardinière, bucheronne.

La profession n°1 des femmes reste bien celle de ménagère. Bien qu’il soit difficile de savoir ce qui se cache derrière ce terme. Femme au foyer ? Mais aussi certainement s’occuper de la basse-cour, voire plus.
Région viticole oblige, de nombreuses femmes sont notées vigneronnes.

Le métier de cordier

Le métier de cordier


Dans mon arbre je ne compte plus le nombre de laboureurs, cultivateurs, vignerons ou manœuvres. C’est pourquoi tout autre métier attire mon attention. C’est le cas de Pierre HABERT (1674-1744) cordier à Sancerre, fils de Pierre HABERT, drapier.
Première remarque, on dit bien cordier et non pas cordelier, nom que prirent les franciscains en France (sur leur robe on trouve une « corde liée »).

J’ai eut la chance de voir un aperçu de ce métier lors d’une visite au château de Guédelon. Ce métier était répandu dans les zones maritimes car les métiers de la mer nécessitent de nombreuses cordes. Dans notre région, les cordes servaient surtout aux paysans et à quelques autres métiers comme les charpentiers.

Dans notre région, le matériau pour fabriquer les cordes étaient le chanvre ; il a été cultivé jusqu’en 1920 dans le Berry.
Voici la description de la culture que j’ai trouvé sur le site Berry Passion :

La graine de chanvre, le « chènevis », était semée à la volée, fin Avril ou début Mai. Vers le milieu de l’été… pouvait commencer l’arrachage des pieds… Les pieds femelles étaient passés à travers les dents d’un « érussoir », sorte de gros peine de fer qui se destinait à récupérer la semence pour l’année suivante. Le reste de la récolte était mis en bottes, était porté généralement dans des fosses, ou dans des « boires » à l’eau stagnante, pour ce qui est nommé « rouissage ».


Les cordiers ne cultivaient pas eux-même tout le chanvre dont ils avaient besoin. Ils étaient plutôt « prestataires de service » : on leur apportait le matériau, ils donnaient la corde en retour, moyennant salaire.
La technique en elle-même comporte trois étapes :

– le peignage des fibres à l’aide d’un séran. Le séran est une sorte de grande brosse avec des pics métalliques. Cela permet de nettoyer le chanvre et séparer les fibres.

– le filage : le cordier dévide le fil de chanvre.
– le câblage, dernière étape. On réunit plusieurs fils par torsion pour obtenir un toron. Enfin, plusieurs torons permettront de produire une corde.

Sources :
Sur internet :
Métiers d’autrefois
, généalogie.com, vieux métiers, Berry passion.
Nos ancêtres vies & métiers n°2, p15.