L’étrange affaire d’Henri GILLET, maréchal-ferrant

L’étrange affaire d’Henri GILLET, maréchal-ferrant

J’ai en ma possession un acte qui correspond parfaitement au thème de la 3ème semaine du mois Geneatech : une découverte que vous n’auriez pas pu faire sans vous rendre aux archives.

C’est une nouvelle fois une trouvaille faite lors d’un dépouillement d’une liasse de notaire. Je cherchais alors un contrat de mariage du côté de mon mari, mais comme à chaque fois je prends le soin de lire chaque minute à la recherche d’un éventuel ancêtre. Cette fois-ci je tombe sur une mainlevée, je vérifie le patronyme et le prénom et confirme qu’il s’agit d’un aïeul de mon mari. Une mainlevée … j’avoue ne pas m’être précipitée pour la transcrire. Alors qu’elle renfermait quelques surprises…

L’acte en question est dressé le 10 octobre 1894 devant Maître Cyprien Théodore AUBRY, notaire à Henrichemont. Ce jour comparaissent :

  • Henri GILLET (sosa 38 de mon mari), maréchal ferrant, demeurant aux Poteries commune de Neuvy deux Clochers ;
  • Eugène BERNON, cultivateur, et Célestine SALMON sa femme, demeurants au hameau voisin des Alliers à Neuvy.

Ce jour donc, les époux BERNON / SALMON remettent deux cent quatre vingt sept francs, en espèce, à Henri GILLET, « à la vue du notaire ». Il n’y a pas de détail sur l’origine de cette dette, qui me semble assez importante pour l’époque. Les hameaux où vivent les protagonistes sont en tout cas assez proches.

Les familles GILLET et BERNON lors du recensement de 1891

Le montant de cette somme est issu d’une condamnation prononcée contre les époux aux termes d’un jugement contradictoire rendu par le juge de paix du canton d’Henrichemont le 22 août 1894. Il est précisé ensuite que :

« le comparant fait main levée entière et consent la radiation sans réserve d’une inscription prise à son profit contre les époux Bernon au bureau des hypothèques de Sancerre le vingt neuf août mil huit cent quatre vingt quatorze vol 367, n°162 ».

Jusque là, rien de très exceptionnel… Si ce n’est qu’un nouveau protagoniste apparaît en la personne de Pierre LHERBE, agent de l’arrondissement de sancerre pour la société d’assurance contre l’incendie « l’Abeille ».

« M Lherbe pris comme agent principal de l’arrondissement de Sancerre pour la société d’assurance contre l’incendie dite l’Abeille dont le siège est à Paris, rue <Tailbout ?> n°57. Le comparant entend que cette saisie-arrêt soit considérée comme non avenue et ne produise aucun effet ; en conséquence il consent que MM les directeurs, administrateurs, caissiers et comptables comme tous représentants de la société l’Abeille soient valablement déchargés, en opérant entre les mains de Bernon sus nommé le paiement de toute indemnité ou somme pouvant lui être due en raison d’un sinistre incendie arrivé le vingt sept août dernier ; il autorise en outre mention partout où besoin sera. »

Quel est le lien entre la créance et cet incendie qui eu lieu très peu de temps après le jugement ? L’argent de l’assurance aurait-il servi à payer la somme due à Henri GILLET ? Pour le savoir la seule solution sera de me rendre de nouveau aux archives.

Sources :
Recensement de Neuvy-Deux-Clochers - 1891 - Archives du Cher - 6M 0114
Mainlevée - Minutes de Maître Cyprien-Théodore AUBRY, notaire à Henrichemont - octobre-décembre 1894 - Archives du Cher - E/25332

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