Mémoire

Je n’ai jamais publié d’article qui traite de l’actualité ou de politique.

Mais là …

Vendredi j’étais en train de finaliser ma liste des poilus morts pour la France de Sury-en-Vaux. Une succession de noms, de dates de naissance, professions. Mort pour la France, disparu, mort des suites de maladie. Je me demande souvent comment l’ont appris les proches.

J’étais loin d’imaginer qu’un ancien copain d’école de ce village voisin si tranquille âgé de 32 ans laisserait sa vie en allant au restaurant à Paris.

Je n’ai pas de mots.

Journées du patrimoine

C’est l’un des marronniers de la rentrée : ce week-end se tiennent les journées européennes du patrimoine ! Avec l’occasion de pouvoir visiter des lieux parfois fermés au grand public le reste de l’année, ou bien d’assister à des animations ou autres conférences.

Il y a deux ans je vous avais rédigé un article pour profiter des journées du patrimoine avec les enfants.

Cette année, j’ai créé une carte des lieux que j’ai visité les années passées. Malheureusement certains lieux étaient tellement incongrus que ma mémoire me fait défaut et je ne les retrouve pas !

Dimanche soir apparaitrons normalement de nouveaux points … Saurez-vous deviner où nous allons ce week-end ?

14-18. Le Front, l’Arrière, la Mémoire [Exposition]

Les archives d’Ille-et-Vilaine commémorent comme il se doit le centenaire du début de la Grande Guerre. Deux expositions sont actuellement proposées dans ce lieu : la première qui prend place dans la salle d’expositions à proprement parlé « 14-18. Le Front, l’Arrière, la Mémoire« , et la seconde qui partira en vadrouille sur la côte Nord est le septième opus du cycle BD et Histoire « 14-18. L’arrière ». Je vais me consacrer aujourd’hui à la première exposition que j’ai pu découvrir lors d’une pause méridienne.

Dans cet espace, les archives sont avantageusement mises en scène complétées par des panneaux explicatifs qui proposent le minimum pour appréhender ce conflit. Nous retrouvons pêle-mêle registres, affiches, procès-verbaux, cartes postales, photographies, lettres de prisonniers, journaux…

Des objets sont également présentés. Certains assez courants commet des casques militaires, d’autres beaucoup plus rares et impressionnants comme un bénitier (artisanat de tranchées) ou l’autel portatif qui est magnifique. Je n’ai d’ailleurs pas réussi à trouver d’équivalent sur internet, il faut vraiment que vous alliez vous rendre compte par vous-même.

Certains documents sont particulièrement émouvants lorsque l’on pense aux hommes qui ont tenu la plume. Comme ce rapport du maire de Bléruais au sujet de l’attitude la population lors de l’annonce de la mobilisation dont je vous propose un extrait [1] :

 » La nouvelle de la mobilisation générale a surpris tout le monde en plein travail de moisson, et c’est au milieu des champs le 1er août vers 18 heures, que le tocsin apprit à tous, que les bruits qui circulaient depuis quelques jours étaient confirmés ».

Je pouvais presque sentir les poussières de moisson et entendre sonner les cloches au milieu des champs. J’ai souri en regardant le journal de tranchée Grenadia du 41ème RI qui comportait un article en breton pour éviter la censure.

J’ai découvert certains éléments de la vie à l’arrière quej’ignorais comme les potagers scolaires, contribution pour aider à nourrir la population. Un concours a même eut lieu, donc les résultats furent prononcés le 8 septembre pour départager les villages brétiliens.

Comme à chaque fois, les archives proposent un petit livret de trente-deux pages très bien fait. Que dire de plus si ce n’est que tout est gratuit ?

Je vous propose de feuilleter le livret de l’exposition sur calaméo :

[1] D.A.P.I.V. 1M 153

J’ai dépassé les cents …

Un petit événement pour mon blog que je n’ai pas pu vous relater car il s’est produit durant le challenge A à Z : j’ai publié mon centième article !

Cent…

Mon sosa numéro 100 est André RAIMBAULT, né le 29 messidor an XIII rue du grand Faubourg à la Chapelle d’Angillon et décédé au bourg de Ménetou-Râtel le 30 janvier 1860. Il aurait été manœuvre, domestique, cultivateur et cabaretier (rien que ça).

Le sosa numéro 100 de mon mari, un certain Jean DAVID, laboureur qui vécut à Humbligny du 9 nivose an IV au 25 janvier 1851.

Cent comme le défi de raconter la vie d’un ancêtre en cent mots, défi relevé avec mon ancêtre Jean BEAUNEZ qui partit avec son oncle du Morvan jusqu’en Berry.

Le centième article, « charbonnier comme son père » dont la rédaction fut longue mais récompensé par de nombreux échanges.

Mon centième commentaire fut rédigé par Céline, petite publicité donc pour son blog L’univers de Céline.

Merci à tous mes visiteurs, et à bientôt !

Sources militaires aux archives municipales de Rennes

Je vous avais déjà présenté les jeudis des archives de Rennes dans un billet du challenge 2013. Hier j’ai participé à une nouvelle séance intitulée « à travers les archives militaires », qui était sur inscription et de nouveau à guichet fermé !

Avec les autres participants, nous avons déambulé entre les tables où nous attendaient les sources militaires sorties des archives. Dès l’introduction, nous avons été avertis : nous n’avons pas de registres matricules aux archives municipales. Mais alors que peut-on y trouver ?

Les tableaux de recensement : qui nous donnent des détails à la fois sur le physique ou la santé de nos aïeux, leur niveau d’instruction et diverses informations telles que : savaient-ils faire du vélo ? Comme la ville de Rennes est assez grande et regroupe quatre cantons, elle a gardé ces tableaux ; pour les plus petites communes il faut se rendre aux archives départementales.

Les jeunes hommes étaient recensés … mais aussi les ressources qui peuvent être utiles à l’armée, comme les voitures, les chevaux. Les bons de réquisition sont également conservés.

Les délibérations du conseil municipal peuvent aussi être utiles, dans le cas de demandes d’exemption du service militaire pour les soutiens de famille. Une enquête était alors menée, avec des détails sur la composition de la famille, voire leurs revenus.

Parmi les autres sources que l’on peut trouver : les candidatures pour s’engager dans la milice bourgeoise (Ancien Régime), les engagements volontaires plus récemment, les autorisations de résidence pour les réfugiés…

N’oublions pas non plus les sources iconographiques : cartes postales anciennes, photographies, affiches de mobilisation…

Mon document préféré ? Des numéros de tirage au sort qui ont été retrouvés.  Cela m’a fait quelque chose de me dire que des hommes ont tiré ces papiers, en espérant surtout ne pas être appelés.

poilus

Poilus – Archives de Rennes, 100F1705 vue 1

Les archives de Rennes ont édité un livret très bien fait qui dresse l’inventaire des sources disponibles, et également où trouver les autres sources militaires : « Les archives s’en vont en guerre – à travers les sources militaires ». Je vous invite vivement à le télécharger et le feuilleter.

En conclusion, ces sources sont moins connues … mais complémentaires de celle que l’on peut trouver aux archives départementales. Et bien que n’étant ni rennaise ni bretonne, cet atelier va m’aider à progresser dans mes recherches.

Matins malins : les nouveautés venues des Etats-Unis

Pour la seconde fois, la Revue Française de Généalogie proposait son rendez-vous des matins malins. Au menu :  les nouveautés venues des USA. Sophie Boudarel et Jacques Le Marois sont revenus pour nous sur leur expérience de l’édition 2014 de Rootstech, immense salon portant sur la généalogie, l’histoire familiale et les nouvelles technologies outre-Atlantique.

Voici quelques réflexions suite à cette matinée, qui fut une première pour moi.

Tout d’abord concernant deux thèmes qui ont fait l’objet de nombreuses interventions à Rootstech. Vous trouverez peut-être cela bizarre pour une biologiste, mais tout ce qui concerne l’utilisation de l’ADN en généalogie m’intéresse peu. Un objectif pourrait être de retrouver une parenté … personnellement une quête pour retrouver un père biologique à tout prix alors qu’il n’a pas élevé ses enfants me laisse un poil perplexe. Un autre point qui a fait débat est le storytelling, véritable phénomène de société aux Etats-Unis. Comme beaucoup de généalogistes dans la salle, je dis oui à la rédaction de l’histoire familiale, mais je suis beaucoup moins enthousiaste à l’idée de raconter minute par minute les moindres détails de ma vie

J’ai ensuite pu allonger un peu plus ma liste de choses à faire :

  • Remettre en service Picasa (que j’avais utilisé pour mes photos « contemporaines » puis abandonné) et utiliser la reconnaissance faciale pour les photographies anciennes. J’avoue ne pas avoir pensé du tout à cette application.
  • Me poser une nouvelle fois la question de mon inscription à Familisearch. Ayant la majorité de mes ancêtres en France (je dirai même plus, dans le Berry) je ne suis pas certaine que cela me permette d’avancer beaucoup en généalogie ascendante. L’outil Puzzila (représentation pour la généalogie descendante) qui a été présenté me tente vraiment bien.
  • Persévérer dans mon utilisation d’Evernote, je pense vraiment que je ne m’en sers pas de la meilleure manière.
  • Tenter une recherche dans les journaux anciens. Même si je pense avoir peu de chance de trouver quoi que ce soit sur mes paysans berrichons.

A l’issue des matins malins, une partie des blogueurs généalogistes s’est retrouvée pour un repas convivial. Nous avons pu évoquer l’avenir des cercles généalogiques, la sauvegarde des photos anciennes, les plate-formes de blog … et beaucoup de choses encore !

Voilà qui me permettra de répondre à ceux qui ne comprennent pas que l’on s’intéresse à la généalogie. A quoi bon s’intéresser aux mort ? Et bien à échanger avec d’autres passionnés bien vivants !

les-matins-malins-de-la-genealogie-a-la-sauce-americaine_illu-l

Nos ancêtres…. sur les épaules de Darwin.

Samedi dernier en voiture j’ai entendu le début d’une émission que j’affectionne particulièrement « Sur les épaules de Darwin ». J’aime beaucoup le fond… et aussi la forme. Le thème du 22 février était « A la recherche des traces des musiques de la préhistoire ».

L’introduction a fait écho en la généalogiste que je suis. Je vous en propose un petit extrait :

Plonger notre regard dans le passé, et découvrir que ce passé est immense. Au fond de nous, et au-delà encore, par-delà l’empreinte en nous  de ce que nous avons vécu. Par-delà la mémoire orale et écrite que nous ont légué les successions des générations humaines. Tentés de découvrir autour de nous, la présence de l’absence. Tentés de découvrir les vestiges de la longue histoire de nos ancêtres qui nous ont, il y a longtemps, donné naissance. Entrevoir des âges depuis longtemps révolus, où nos ancêtres arpentaient le monde et où nous n’étions pas encore.

Pouvoir remonter vers le passé à contre-courant. Pouvoir distinguer à travers le long écoulement des âges des éclats de passé, qui soudain ressurgissent de l’oubli.

Jean Claude Ameisen

Je vous invite vivement à écouter la suite car : quelle plume et quelle voix !

Les fléaux atmosphériques – Jean-Claude Bonnet [Livre]

Attention petite pépite pour qui a des ancêtres dans le Haut Berry !

En fouillant chez mes parents, j’ai trouvé ce livre offert par mon grand-père : « Les fléaux atmosphériques en Sancerrois, en Charitois et Haut Berry ». Ceci correspond parfaitement la zone de vie de mes ancêtres.

Cet ouvrage traite d’événements « exceptionnels » qui se sont produits, en s’appuyant sur les registres, journaux, mémoires et autres livres anciens. Ces événements sont restitués chronologiquement pour chaque catégorie.

Grands froids et rudes hivers ; crues et inondations ; sécheresses, canicules et pluies persistantes ; grand vents, tempêtes, ouragans, orages et grêles ; disettes et famines ; la peste en Berry ; incendies mémorables et ravageurs…

Bref, de quoi mieux comprendre ce qu’ont vécu mes ancêtres, voire formuler des hypothèses lorsque de nombreuses morts sont survenues. J’ai entrepris de construire une frise chronologique « locale » reprenant ces informations et qui serait simple à utiliser.

Les fléaux atmosphériques en Sancerrois, en Charitois et en Haut Berry. Jean-Claude Bonnet. 2009.  142 pages.

MOOC Première guerre mondiale : premières impressions

J’avais prévu de vous parler un peu plus tôt de ce cours en ligne, mais nous sommes rentrés dans le vif du sujet il y a une semaine seulement. Voici donc mes premières impressions :

Un vrai melting-pot. En parcourant les discussions sur le forum, je me suis rendue compte de la diversité des participants. On y vient souvent pour deux raisons : la passion et l’envie de comprendre de l’Histoire ou bien la volonté de faire le lien avec l’histoire familiale. Grand écart également au niveau de l’activité des participants : cela va du lycéen au prof retraité, en passant par le vétérinaire ou le militaire. Bref, une vraie diversité.

Ensuite l’organisation des séquences est particulièrement bien pensée. Les cours se sont mis en place doucement, peut-être un peu trop doucement pour certains, la « pré-rentrée » ayant duré près de dix jours. A  présent les séquences s’organisent de la manière suivante :

  • L’intervention est découpée en plusieurs vidéos assez courtes portant sur la thématique de la semaine. L’intervenant se base sur de nombreux documents : cartes, extraits de journaux, cartes postales… Ces documents sont ensuite en libre accès.
  • On passe ensuite aux exercices : tout d’abord un QCM portant directement sur le contenu du cours. Ensuite des questions sur un document. Et enfin, une analyse de documents se basant là encore sur les archives.

La séquence de la semaine précédente portait sur l’entrée en guerre et la mobilisation. Elle insistait sur la réalité géopolitique de l’avant-guerre et la manière dont le discours de l’entrée en guerre s’est construit, et déformé, en même temps que la guerre.

La séquence mise en ligne hier porte la mondialisation du conflit.

Pour le moment je trouve le contenu de qualité et le rythme de travail me convient bien : je n’aurai pas pu y consacrer plus de temps.

Fouette, cocher ! [Exposition]

L’écomusée du pays de Rennes nous de propose de nouveau une très belle exposition , cette fois axée sur les transports à Rennes au temps du cheval. Je vous parle d’un temps où il fallait quatre jours pour relier Paris contre 2h en TGV et bientôt moins ! Les voitures se généralisent au XIXe siècle, le réseau routier se densifie, c’est l’essor du chemin de fer : bref les transports sont en mutation. A Rennes en 1821 de nombreuses modifications s’opèrent : on y crée des trottoirs, on pose des pavés en granit. Ensuite la canalisation de la Vilaine s’accompagne de la création de quais. Toutes les conditions sont réunies pour faciliter la mobilité.

_am35_fi_100fi_100fi28jpg_700_451_0_0_820_528_0_0_0_0

Vue sur les quais – Archives de Rennes – Cote 100FI28

Une bonne place est réservée aux métiers en lien avec le cheval et les transports : bourrelier, charron, maréchal-ferrand, conducteurs en tous genre. Je les détaillerai dans de prochains articles au gré des démonstrations qui sont proposées tout ce premier trimestre.

D’anciennes voitures et engins roulants en tout genre sont exposés. On croirait vraiment avoir voyagé dans le temps, au son des sabots, calèches et bruits de la rue dans un décor XIXème siècle.

DSC_0976

Bien entendu, l’exposition s’appuie sur de nombreux documents en provenance des archives (départementales, municipales). Tout un programme d’animation est prévu : des démonstrations de métiers anciens à des conférences…. dont une sur les voyages libertins au XVIIIe et XIXe siècle.

Une exposition à voir jusqu’au 31 août 2014.