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N comme … nés de père inconnu

N comme … nés de père inconnu

Je n’ai jamais rencontré jusqu’à présent d’enfant abandonné, que ce soit dans mon arbre ou celui de mon mari. J’ai trouvé par contre de nombreux enfants nés de père inconnu.

Le premier cas, le plus favorable pour le généalogiste et certainement pour l’enfant en question, est la reconnaissance de l’enfant par son père. Celle-ci a souvent lieu au moment du mariage de ses parents et la régularisation de la situation. J’ai rencontré ce cas pour deux ancêtres :

  • Guillaume GIRAULT né le 6 août 1864 à Morogues de Marie Agathe MALLET et reconnu le 4 mars 1867 par Alexandre GIRAULT, le jour même de son mariage.
  • Isidore CHAMPAULT, dont le grand-père était né de père inconnu, et qui reconnaîtra être le père d’une fille lors de son mariage avec Jeanne ETIEVE [1].

Dans le second cas, le père ne se manifeste pas, ce qui se produit le plus souvent.

  • Jean-Thomas LAUGERAT, né en 1822 et placé à l’hospice de Bourges [2].
  • Marie Justine GRESSIN, née le 23 mai 1840 à Jars, de Justine GRESSIN.
  • Jean Louis CHAMPAULT, né en 1818 à Pierrefite-es-Bois de CHAMPAULT Catherine, un lieu pourtant éloigné de plusieurs dizaine de kilomètres du domicile de sa mère. Était-elle allée accoucher là-bas en secret ?
  • Jacques Victor CHAMPION, pour lequel j’ai une hypothèse quant à l’identité de son père [3].
  • Valérie GODON, pour laquelle j’avais présenté la manière dont j’ai retrouvé son ascendance [4].

Car pour rassurer les généalogistes qui se retrouvent devant un enfant né de père inconnu, s’il faut souvent faire une croix sur son ascendance paternelle, retrouver son ascendance maternelle est tout à fait possible. J’ai la chance de ne jamais avoir été bloquée en trouvant un ou plusieurs indices (c’est d’ailleurs plus simple lorsque l’enfant est un garçon) : fils témoin sur l’acte de décès de sa mère, grand-père ou oncle déclarant ou témoin pour la naissance ou le mariage…

[1] I comme Isidore CHAMPAULT
[2] Jean Thomas LAUGERAT, élève de l'hospice de Bourges
[3] Mon père cet inconnu, Jacques CHAMPION
[4] De nouveau un enfant naturel

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De nouveau un enfant naturel

De nouveau un enfant naturel

La mise en ligne des archives du Cher a permis la résolution d’une première énigme. Elle n’était pas bien compliquée, mais avec le peu de temps dont je dispose pour consulter les archives, j’avais laissé cette épine de côté.

J’ai découvert il y a quelques temps un deuxième enfant « naturel » dans mon arbre. Fait étrange, cette branche se situe côte à côte avec celle d’un autre enfant né de père inconnu auquel j’avais déjà consacré un article, Jacques CHAMPION.

Cette fois-ci, c’est ma SOSA 55 Valérie GODON, mariée à Jean-Baptiste BEUCHON le 30 avril 1878 à Subligny. C’est dans cet acte de mariage que j’ai découvert la mention « Fille majeure et naturelle non reconnue de père inconnu », fille d’Agathe GODON sans profession.
Sans acte de mariage, il est souvent plus difficile d’avoir avec certitude des informations sur la branche maternelle.

1. Exploiter à fond l’acte de mariage

L’acte de mariage me donne de nombreux indices :
– la référence à l’acte de naissance de Valérie figure dans l’acte de mariage, il me sera donc facile de le retrouver ultérieurement
– les témoins de la mariée sont deux cousins Louis et Jean Barnabé LEBEAU âgés de 33 et 36 ans, demeurant à Subligny
– concernant la mère de la mariée, et bien j’ai tout de même son prénom, sa profession et je sais qu’elle était en vie en 1878.

La seule solution maintenant, trouver l’acte de décès d’Agathe GODON.

2. Chercher des indices dans l’acte de décès

Je découvre dans les tables décennales de Subligny une seule correspondance mais approximative : l’acte de décès de Marie Agathe GODON le 15 février 1882. Aucune trace dans cet acte d’une Valérie GODON ni de son mari. J’y apprends néanmoins :
– que Marie Agathe GODON est célibataire et sans profession, ce qui concorde avec l’acte de mariage.
– un témoin du décès est Louis LEBEAU, neveu de la décédée âgé de 36 an, certainement le même témoin que pour le mariage de Valérie
– ses parents sont Pierre GODON en son vivant cultivateur à Subligny et Marguerite NEHOU ménagère.

Les indices semblent concorder, mais tout de même cette différence de prénom me gène.

Je pars donc à la recherche de l’acte de naissance de Valérie GODON mentionné dans l’acte de mariage.

2. Chercher des indices dans l’acte de naissance

Je retrouve très facilement son acte de naissance en date du 7 juillet 1842 à Subligny. Sans surprise, elle est née de « sieur inconnu » et de Agathe GODON, filleuse. J’y découvre un indice qui me permet de dissiper le doute, le déclarant est Pierre GODON âgé de 65 ans, propriétaire qui me semble bien être le père de notre fameuse Agathe Marie GODON.

Et voilà, il ne me reste plus qu’à remonter cette branche !

Mon père, cet inconnu … Jacques Champion

Mon père, cet inconnu … Jacques Champion

Cela arrive à tout généalogiste, à un moment où un autre lors de ses recherches : trouver un ancêtre né de père inconnu. C’est le cas de mon Sosa n°112 Jacques CHAMPION, né le 18 février 1810 à Feux de Jeanne CHAMPION alors âgée de 30 ans et de père inconnu.

Il n’en faut pas plus pour piquer ma curiosité, car d’autres éléments de son acte de naissance sont étonnants :
1. Le métier de Jeanne CHAMPION : mendiante
2. Elle n’est pas originaire de ce village, mais de Crézancy-en-Sancerre à 20km de là.
3. Alors que j’imaginais difficile pour une femme ayant un enfant naturel de se marier … elle trouvera un mari à peine 3 ans après la naissance de Jacques.

Il me faut alors fouiller les archives et tout reprendre par ordre chronologique :

Pour une raison que je n’ai pas encore élucidée, toute la famille CHAMPION, Jeanne y compris, déménage de Crézancy-en-Sancerre où Pierre CHAMPION était vigneron. Elle s’installe à Feux, au lieu-dit des Beurthes.
Le 11 mai 1808, Bonnet CHAMPION, frère de Jeanne, décède à l’âge de 22 ans. Il était domestique et vivait « dans la maison de sa mère ». J’apprends alors que son père est également décédé, mais aucune trace d’un acte. Peut-être ont-ils quitté Crézancy suite à ce décès ?
Le 18 février 1810 nait Jacques CHAMPION.

Le 9 février 1812 une certaine Marie LUMINAIRE, 48 ans, décède à Feux, à la loge du Pont. Mais que vient-elle faire dans notre histoire ?

Le 20 septembre 1813, son veuf de mari âgé de 51 ans épouse Jeanne CHAMPION. Il s’appelle Jacques CHEVALLIER. Son prénom ne vous dit rien ? Il est tour à tour manœuvre et fendeur de bois.
Bien entendu, nous ne saurons jamais la vérité, mais je pense qu’il y avait bien anguille sous roche.