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Catégorie : Histoire locale

Profiter des journées du patrimoine avec de jeunes enfants [hors-sujet]

Profiter des journées du patrimoine avec de jeunes enfants [hors-sujet]

Tous les ans des milliers de monuments peuvent être visités durant le week-end des journées du patrimoine. Avec des enfants en bas âge, pas facile ? Pour les enfants assez âgés, des activités peuvent être proposées, de quoi s’occuper utilement. Oui mais avec les plus jeunes ? Il suffit de bien choisir ses destinations et d’être un peu organisé en sachant que :
la visite doit être courte au risque que les enfants s’énervent vite
il faut pouvoir s’éclipser facilement si ils deviennent intenables.


1. Je limite le temps de route
On évite les destinations trop lointaines au risque de commencer la visite avec des enfants déjà grognons. Pour ma part, une demi-heure de route me semble le maximum.


2. J’évite les lieux très prisés
Qui dit lieu prisé, dit file d’attente : totalement inenvisageable. C’est le bon moment pour découvrir des lieux cachés, de petites pépites. Rien ne vous dit que la petite église qui semble bien banale ne renferme pas un trésor ? Et c’est sans compter sur l’enthousiasme des guides bénévoles.


3. Je privilégie les visites libres ou guidées de courte durée
Difficile de garder les enfants calmes longtemps. Alors on oublie les visites guidées de 2h en intérieur. Les visites libres permettent de gérer son temps comme on l’entend, ou bien choisir des visites de courte durée.


4. J’aime les visites en extérieur
En croisant les doigts pour que la météo soit clémente, les visites d’extérieurs permettent de s’éclipser facilement, et surtout les enfants peuvent plus facilement crier et courir (sous l’oeil toujours vigilant des parents bien entendu).


5. Je ne suis pas trop gourmande
Les programmes à rallonge, c’était bien avant mais maintenant on oublie ! Prévoir une liste avec une ou deux visites à faire impérativement, puis d’autres à adapter en fonction du temps dont on dispose et la forme des enfants.
6. Je laisse la poussette à la maison
Parce que la poussette ça roule mal dans le gravier et ce n’est pas pratique pour monter les marches. On peut toujours la laisser à l’entrée de la visite, mais c’est tout de même bien encombrant. Alors pour porter bébé c’est l’écharpe ou le porte bébé. En plus en étant proche des parents, les plus jeunes s’endorment facilement. Pour les plus grands, il faut compter sur les bras de papa lorsque les enfants ne voudront plus marcher.


7. Je voyage léger … mais avec l’essentiel
Je prévois dans la voiture de quoi changer bébé (deux couches, un peu de coton, une mini bouteille d’eau), un change, une bouteille d’eau et un goûter. On n’oublie pas non plus de quoi soigner les petits bobos : antiseptique et pansements si on tombe dans les allées d’un château.


8. Je n’oublie pas mon appareil photo ni mon carnet
Parce que le but c’est quand même bien de se cultiver et s’en mettre plein les yeux, je n’oublie pas mes outils essentiels : mon appareil photo et mon petit carnet. Et oui, on peut avoir la trentaine et faire de la résistance aux smartphones


Moulin de Bouillant, 2013


Bonnes visites !
La fusillade des Fours à Chaux, le Maquis de Veaugues

La fusillade des Fours à Chaux, le Maquis de Veaugues

Le point de départ de cet article rédigé pour ce 8 mai, est un monument devant lequel je suis passée quelques fois mais dont je ne connaissais pas l’histoire exacte.

Celui-ci se trouve sur le bord d’une route, dans un virage entre Veaugues et Neuvy-en-Sancerre. Il s’agit en fait d’un monument commémoratif en mémoire de maquisards fusillés. Je suis allée chercher quelques informations sur internet pour tenter de reconstituer cette histoire.

Source : Google StreetView
  • Quelques éléments sur la seconde guerre mondiale dans le Cher

Le site du musée de la résistance et de la déportation du Cher nous apporte quelques éléments sur la répression allemande dans le département du Cher. Celle-ci peut -être découpée en trois périodes :
– De l’été 1940 à avril 1942 : une répression en zone Nord menée par la Wehrmacht et les douaniers allemands à la ligne de démarcation.
– A partir d’avril 1942 : installation à Bourges de la Gestapo et recours à des agents français. Interventions d’abord en zone Nord puis à partir de novembre 1942 dans les deux zones ; cette période s’étend jusqu’au 6 juin 1944.

– A partir du 6 juin 1944 la période des combats et des représailles jusqu’à la libération du département le 13 septembre 1944.La tragédie de Veaugues est liée à un homme : Pierre PAOLI. Ce dernier est originaire du Cher. Il maîtrise très bien la langue allemande et se lie d’amitié avec un capitaine allemand. En 1943, il entre au service de la Gestapo à Bourges comme interprète. Il devient ensuite  policier inquisiteur, puis tortionnaire et assassin. Le 15 août 1943 à Aubigny, il est la cible d’un attentat, mais malgré une rafle de balles il survit. Il quittera Bourges le 6 août 1944 avec les troupes allemandes … il avouera plus tard entre 200 et 300 arrestations et tortures. Il sera condamné à mort et exécuté à Bourges.

  • Le 19 mai 1944 à Veaugues

Ce qui s’est passé à Veaugues, a été raconté par Pierre PAOLI lui-même. Tout commence par un plan d’attaque mené contre les maquisards présents dans les bois de Veaugues, menés par « Capitaine Daniel ». Un indicateur « du cru » a livré moyennant une belle rémunération les positions du maquis. Le 19 mai matin dès 7h des troupes d’infanterie de la Wehrmacht prennent place, avec véhicules blindées et un Messeschmidt Bf109 qui opère un vol de reconnaissance.
La Gestapo de Bourges est également présente, prête à en finir avec un « réseau de terroristes » qui sévit dans la région.

A 14h, un mécanicien (Marcel Léger) est interpellé chez car il aurait l’habitude de recevoir des résistants chez lui. La voiture sort de Veaugues et subit bientôt les feux du  groupe de maquisards qui se retrouvent pris au piège : plus de de deux cents soldats encerclent les tireurs. S’en suit une fusillade où sept maquisards et un huitième homme furent tués ainsi qu’un agent de la Gestapo. Capitaine Daniel réussit à s’enfuir.

Photo issue du blog Veaugues.overblog
A lire :

Un article sur le blog LibrHerry reprend un extrait du livre de Pierre PAOLI. Les lycéens de Marguerite de Navarre, lycée de Bourges, proposent un site sur la répression dans le Cher, dans le cadre d’un concours sur la résistance : une belle initiative.

Et enfin le livre de Jacques Gimard, Trompe-la-Mort, les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo. ISBN-13 : 978-2919760046.
P comme protestant en 1573 à Sancerre

P comme protestant en 1573 à Sancerre

Je vous ai déjà raconté que je suis tombée par hasard sur une branche protestante dans ma généalogie. Article ici.
Je vais maintenant aborder un évènement plus ancien, qui a laissé des marques à Sancerre : le siège de 1573, lors de la quatrème guerre de religions.

Sancerre est en effet devenu un haut lieu du protestantisme dans le Berry, et plus globalement en France.

Sancerre, ville rebelle, était surnommée à l’époque la Petite Rochelle. Dès la fin 1572, de nombreux protestants vinrent à Sancerre qui accueillait les « réformistes ». Le roi Charles IX ne supportait plus l’affront de ces villes. Claude de la Châtre mobilisa jusqu’à 7000 hommes. Il tenta des assauts qui se terminèrent tous par des échecs.
Nouvelle tactique : assiéger Sancerre. Les assiégés tinrent bon mais les vivres vinrent à manquer. On mangea rats, taupes, vieux cuir … un récit raconte même qu’un couple mangea leur fille morte de faim. Le père fut brûlé et la mère étranglée.. Les protestants de Sancerre acceptèrent finalement la rédition lors de l’été 1573.
Cette histoire a été racontée par un ministre protestant, Jean de Léry dans son Histoire mémorable du siège de Sancerre.
Deux cents ans plus tard, Sancerre fera encore parler d’elle pour s’opposer cette fois à la Révolution Française d’où le terme « Petite Vendée Sancerroise ».
Ornements de toiture

Ornements de toiture

J’ai visité l’exposition temporaire « compagnons célestes » proposée par l’écomusée du pays de Rennes. Comme à chaque fois une très bonne exposition. Mais ce qui m’intéresse le plus ici, c’est surtout ce qui tourne autour des métiers associés. J’ai ainsi pu compléter ce que j’ai pu voir avec les archives d’une exposition qui s’est tenue à Bourges, mais dont je n’avais pas entendu parler. En fait, il n’y a pas à proprement parlé de métier spécifique aux ornements.

  • Le charpentier est impliqué au premier plan tout comme le couvreur qui pose les épis. Certains couvreurs pouvaient également être des créateurs de tuiles faitières ou épis en zinc par exemple.
  • Le potier fabriquait ceux en terre. Selon la composition, la terre était cuite une ou plusieurs fois. Les autres matériaux possibles étaient l’ardoise, le plomb ou encore le zinc. En Ille-et-Vilaine, de nombreux potiers étaient présents à Chartres-de-Bretagne ; dans ma région d’origine, le Sancerrois, les zones de production les plus proches étaient la Borne ou Morogues ; c’est le grès que l’on rencontre majoritairement.

Quelques exemples ci-après :


Les épis de faîtage à Bourges c’est ici.
L’écomusée de Rennes par .

Le dirigeable République à Jussy le Chaudrier

Le dirigeable République à Jussy le Chaudrier

En fouillant dans des cartes postales anciennes, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un dirigeable accidenté à Jussy le Chaudrier. Il me fallait mieux connaître cet évènement !

Le république était un dirigeable militaire mis en service en 1908, avant de réaliser différentes campagnes.

Le 3 septembre 1909, le dirigeable quitte les Yvelines. Il rejoins Montargis situé à 103km en 3h. Il survole ensuite Briare, Cosne et arrive à la Charité sur Loire.

Cependant un problème dans la circulation d’eau contraint l’équipage à atterrir en urgence. Il s’arrête au lieu-dit des Policards à Jussy-le-Chaudrier. La nacelle subit des avaries, tout comme de nombreuses autres parties du dirigeable.

Du gaz s’échappe. La décision est prise de dégonfler le dirigeable … puis de le transporter par chemin de fer.

Après remontage et différentes manoeuvres, ce dirigeable connaîtra une fin tragique en s’écrasant lors du voyage du retour le 25 septembre 1909.

Un site très complet sur l’histoire des dirigeables à Chalais Meudon.

Un article sur l’accident du dirigeable, sur histoire généalogie.

Protestantisme

Protestantisme

J’aime beaucoup l’émission la marche de l’histoire sur France Inter. Lundi dernier a été rediffusée une émission sur Marie Durand et la résistance protestante au XVIIIème siècle. L’occasion de refaire le point sur différents événements de cette période.

Je me sens concernée car il y a quelques mois je me suis découvert une branche protestante. Familles originaires de Sancerre, haut lieu du protestantisme dans le Berry.

Une période plus ancienne, 1573 Sancerre l’enfer au nom de Dieu. Abraham Malfuson.

Une phrase de l’intervenant a particulièrement fait écho en la généalogiste que je suis. En refusant tout acte catholique, les protestants n’avaient plus d’identité. A l’époque l’état civil était géré par l’Eglise.

Ces hommes et femmes n’avaient donc pas d’existence, étaient comme suspendus en l’air.

Deux dates importantes : 1685 et la révocation de l’Edit de Nantes. L’exercice de la religion protestante est interdite, les pasteurs sont bannis. En 1787 L’Edit de Versailles, dit Edit de Tolérance, redonne des droits et donne lieu à des régularisations de mariage.

Un exemple : à Sancerre en novembre 1788, trois mariages avec le même patronyme ont été ajoutés.

– Le 18 novembre 1788 réhabilitation du mariage Pierre SERVEAU et Marie Jeanne NAUDET

– le 27 novembre 1788 réhabilitation du mariage Jean FEUILLAUT et Anne SERVEAU

– le 28 novembre 1788 réhabilitation du mariage Jacques SERVEAU et Marie Anne DUCLOU . Ceux-ci ne sont autres que les parents de Pierre SERVEAU. Leur acte de mariage est donc postérieur à celui de leur fils !

Pour écouter l’émission sur Marie Durant et la résistance protestante c’est ici.

J’ai également découvert le site du musée virtuel du protestantisme français, très bien documenté.