Poilus de Menetou-Râtel

Après Sury-en-Vaux et Verdigny, les poilus de la commune de Menetou-Râtel sont maintenant indexés.

  • Méthode et documents consultés

Comme précédemment, je suis repartie des noms présents sur le monument aux morts ainsi que du livre d’or de la commune qui a apporté quelques compléments.

L’étape suivante était l’indexation des fiches « Mort pour la France » sur le site Mémoire des Hommes, l’intégration des informations dans la base de données des poilus du Sancerrois complétée par quelques informations contenues dans les fiches matricules.

  • Découvrons nos poilus

La commune compte 36 poilus morts pour la France, moins que les 55 recensés à Sury-en-Vaux. Pour remettre ce chiffre dans son contexte, entre 1883 et 1902, la commune enregistrait autour de 27 naissances par an.

Passons maintenant à leurs carrières militaires : sur les 36 poilus, nous trouvons 30 soldats, 3 canonniers, 1 caporal et 2 sergents. La moitié des hommes appartenait à un régiment d’infanterie. Une diversité d’unités se retrouve ensuite : régiment d’infanterie territoriale (8), bataillons de chasseurs à pied (4), régiment d’artillerie (3), régiment d’artillerie à pied (1), régiment de chasseur (1) et régiment mixte zouaves et tirailleurs (1).

Menetou

Lieux de décès des poilus de Menetou-Râtel

Si la majorité des poilus sont morts sur le front, certains sont morts dans des hôpitaux plus éloignés : à Cosne, Bourges, Tours ou Châlon sur Saône. Des hommes sont également tombés à l’étranger : plusieurs en Belgique, un homme en Serbie.  Le commune a également perdu quatre poilus du 55e RIT morts dans le naufrage du Gallia en Méditerranée.

Vous pouvez retrouver la liste des poilus de Sury-en-Vaux, Verdigny et Menetou-Râtel ici et le blog des poilus du Cher .

Poilus de Sury-en-Vaux

Après la commune de Verdigny, c’est au tour de celle de Sury-en-Vaux d’être indexée.

  • Méthode et documents consultés

Je suis repartie des noms présents sur le monument aux morts ainsi que du livre d’or de la commune qui a apporté quelques compléments.

L’étape suivante était l’indexation des fiches « Mort pour la France » sur le site Mémoire des Hommes, l’intégration des informations dans la base de données des poilus du Sancerrois complétée par quelques informations contenues dans les fiches matricules.

  • Découvrons nos poilus

J’ai retrouvé sur la commune 55 poilus morts pour la France. Pour remettre ce chiffre dans son contexte, entre 1883 et 1902, la commune enregistrait autour de 40 naissances par an, donc une vingtaine d’hommes chaque année. Dans la moitié des cas, les victimes étaient âgées de moins de 24 ans lors de leur décès.

Passons maintenant à leurs carrières militaires : sur les 55 poilus, nous trouvons 43 soldats, 6 caporaux, 2 lieutenants, 2 sergents, 1 maréchal des logis et 1 canonnier. La grande majorité des hommes (41) appartenait à un régiment d’infanterie. Une diversité d’unités se retrouve ensuite : bataillons de chasseurs à pied (4), régiments d’artillerie (4), régiment d’artillerie à pied (1), régiment du génie (1), régiments de zouaves (1 ainsi que 1 régiment de marche, 1 régiment mixte zouaves et tirailleurs), section d’infirmiers militaires (1).

Sury-en-Vaux

Lieux de décès des poilus de Sury-en-Vaux

Si la majorité des poilus sont morts sur le front, d’autres sont morts dans des hôpitaux plus éloignés : à Brest, Bourges, Lyon ou Montluçon. Des hommes sont également tombés à l’étranger : Signeulx en Belgique, le camps de Klein-Wittenberg en Allemagne, Montana en Suisse ou bien Monastir en Albanie.

Vous pouvez retrouver la liste des poilus de Sury-en-Vaux et Verdigny ici et le blog des poilus du Cher .

Sancerrois 1418

Je vous annonce l’ouverture d’un nouveau blog, entièrement consacré aux poilus du Sancerrois. Dans l’idéal, je souhaite leur rendre hommage cent ans après leurs décès. Comme j’ai peu de temps pour le moment, je vais me concentrer sur les villages de Sury-enVaux, Verdigny et Menetou-Ratel. Ne les oublions pas !

L’adresse du site : http://www.sancerrois1418.blogspot.fr

Morts pour la France 14/18 : trois Dezat [4]

Voici le dernier des quatre articles planifiés pour ce généathème du mois de novembre portant sur la guerre de 14/18. Après avoir présenté les hommes morts pour la France de Sury-en-Vaux et Verdigny [1], être allés en Belgique en août 1914 [2] puis dans les tranchées du bois d’Ailly en 1915 [3], je conclurai (pour cette année) en évoquant les trois « DEZAT » morts pour la France.

  • Henri Fernand DEZAT

Henri Fernand est né le 15 novembre 1893 à Sury-en-Vaux. Il est le fils de François DEZAT, vigneron, et Marie Louise DELAPORTE.

Son dernier régiment sera le 405ème régiment d’infanterie. Celui-ci est constitué le 15 mars 1915. Le 28 septembre, 1915 il est noté dans le journal des manœuvres et opérations (jmo) des services de santé :

Attaque des points M » et N ». Attaque de la tranché des tirailleurs et du bois de la Folie (1er et 3ème bataillon). Pertes : officiers blessés : 21, tués : 17, troupe 6 blessés.

Henri Fernand Dezat fait parti de ceux-ci. Il est tué à l’ennemi à Neuville Saint Vaast dans le Pas de Calais. Le bois de la Folie porte malheureusement bien son nom…

Ce régiment sera disloqué le 10 juillet 1916. Quelques pages après le 28 septembre, je suis tombée sur ce texte, qui nous fait un peu mieux comprendre ce que les soldats devaient endurer. Ici il est question de la préparation à la défense contre les gaz asphyxiants.

15 au 30 novembre : instruction des hommes pour la défense contre les gaz asphyxiants (mise en place des  [???[ et des cagoules – emploi des pulvérisateurs à hyposulfite – fabrication de l’oxygène au moyen de l’appareil Régnier – passage dans atmosphère chlorée – appareils respiratoires  [???].

Enfin, voici un plan de la zone du bois de la Folie trouvé sur un forum ….. Il est tiré des jmo.

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  • Les frères Louis et Julien Achile DEZAT

Je n’ai pas découvert tout de suite qu’ils étaient frères, et pourtant…

Dans les registres d’État Civil de Sury-en-Vaux je trouve la naissance de Louis François DEZAT le 28 septembre 1893, fils de DEZAT Joséphine Louise et d’un père inconnu. Jospéhine Louise se marie le 2 juins 1894 avec Louis DEZAT … l’occasion de reconnaître la naissance de François Louis. Pas besoin de changer de nom !

Le 19 août 1896 nait Julien Achille Dezat, fils de ce même couple. Les frères descendent tous les deux du couple Alexandre DEZAT et Scholastique REVERDY (mon premier article du challenge AZ de 2014 portera certainement sur eux).

Louis DEZAT fait partie du 4ème régiment d’infanterie comme de nombreux hommes de Sury-en-Vaux. Il échappe aux évènements survenus à Signeulx [2]. Il décède à l’hôpital de Lyon le 19 octobre 1914 de maladie contractée au combat. Il est âgé de 21 ans.

Son jeune frère Julien Achille appartient au 360ème régiment d’infanterie. Il est tué à l’ennemi le 5 juillet 1917 à Braye en Laonnois dans l’Aisne, juste à côté du chemin des Dames. Il a 20 ans. Encore une fois peu d’indices. Il est noté dans le JMO :

Dans la nuit du 5 au 6, le 5ème bataillon est relevé par un bataillon du 169 et va s’installer en réserve de question à Ostel et dans les tranchées environnantes.

Dans le tableau récapitulatif des pertes, j’apprends que son n° de matricule est le 8767 et qu’il appartenait à la 21ème compagnie. Entre le 22 juin et le 25 juillet, 52 hommes sont tués et 87 blessés.

DezatmpfJMO consultés : 26 N 767, 26 N 761/15.

Morts pour la France 14/18 : le bois d’Ailly [3]

Après vous avoir présenté les morts pour la France 14/18 de Sury-en-Vaux et Verdigny, nous avons voyagé en Belgique en août 1914. Cette fois-ci nous partons pour les tranchées situées dans la Meuse, plus précisément au niveau du bois d’Ailly.

  • Les hommes

Cette fois-ci, nos hommes ne faisaient pas partie du même régiment mais ont tous trouvé la mort en avril 1915 au bois d’Ailly.

Louis, Camille ROBERT est né le 16/05/1893 à Sury-en-Vaux (au lieu-dit de la Vallée) de parents tisserand et couturière. Il était soldat de 2ème classe au 29ème RI lors de son décès le 24/4/1915 au bois d’Ailly.
Georges Isidore COTTAT est né le 14/3/1894 à Verdigny, de parents vignerons à Chaudoux. Il était également soldat de 2ème classe au 27ème RI lors de son décès le 14/4/1915 au bois d’Ailly (commune de Marbottes).

Le troisième homme, est Charles LEGER, 2ème classe au 56ème RI. Il meurt le 7 avril 1915 au bois d’Ailly. En recherchant quelques informations sur cet homme, comme pour les précédents, je fais une découverte : Charles LEGER est en fait le frère de mon arrière-arrière grand père Émile Justin LEGER. Je garde donc son histoire pour une prochaine fois.

  • La zone du Bois d’Ailly

La zone du bois d’Ailly se situe dans la Meuse, entre les communes de Saint Mihiel et de Marbotte.


Agrandir le plan

A Marbotte se trouve d’ailleurs actuellement une nécropole nationale.

  • Journal du 29ème RI, le 24 avril

8h : ordre est donné de faire partir le 1er bataillon à la Croix Saint Jean. Un bataillon du 100ème le remplace. Pendant la matinée, une Compagnie du 100ème, aidée par les grenadiers du 2ème bataillon s’installe à la droite de celui-ci dans la tranchée prise sur une longueur de 150 mètres.
A 10h, la 12ème compagnie quitte le point 5 et va rejoindre son bataillon à Pont sur Meuse.
A 21h, ordre est donnée de faire partir le lendemain à 6h15 le 1et bataillon et du 8ème.

18 tués, 10 blessés, 20 disparus. Louis, Camille ROBERT en faisait partie.

Une journée où l’on ne parle pas de grands combats, une journée presque « ordinaire dans les tranchées.

  • Journal du 27ème RI, le 14 avril

Le régiment occupe les mêmes emplacements que la veille.
5h : les 5 et 6èmes compagnies relèvent en 2ème ligne les 7èmes et 8èmes compagnies qui viennent bivouaquer à la Croix Saint Jean.
15h15 : le 1er bataillon quitte Pont sur Meuse pour aller remplacer le 3ème btn et des éléments du 13è d’Infanterie pour les remplacements en première ligne. Le relevé s’effectue difficilement, les 1ères, 2ème et 4èmes compagnies ne connaissant qu’imparfaitement leurs nouveaux secteurs. Elle est toutefois terminée à 22 heures.

Encore une fois pas de grandes batailles. Se dire que Georges Isidore COTTAT, est peut-être mort tout « simplement  » à cause d’un problème d’organisation…

Le quatrième et dernier volet de ce généathème sur la guerre 14/18 portera sur les « Dezat » morts pour la France. Mais je pense que je vais poursuivre mes investigations l’an prochain et peut-être même les années suivantes.

Nouvelle imageNécropole nationale à Marbotte – Google street view 2013

Sources : SGA Mémoire des Hommes. Fiches Morts pour la France. Journaux des Marches et Opérations. Archives du Cher : actes de naissance.

Morts pour la France 14/18 : le 4ème RI à Signeulx [2]

Je poursuis ma série d’articles concernant les soldats morts pour la France de Sury-en-Vaux et Verdigny. Après avoir présenté ces hommes [1], nous allons cette semaine passer la frontière pour nous rendre en Belgique.

En lisant les fiches des soldats, j’ai remarqué que certains hommes étaient morts en Belgique. J’ai retrouvé trois fois le même lieu et la même date de décès : le 22 août 1914 à Signeulx. Ces hommes faisaient tous partie du 4ème Régiment d’Infanterie. Il n’en fallait pas moins pour que je cherche à en savoir plus sur les évènements qui ont eut lieu.

  • Les hommes concernés

Louis Marie BIZET est né le 2 novembre 1889 à Sury-en-Vaux de parents vignerons et domestiques. Il était soldat de 2ème classe et âgé de 25 ans le 22 août 1914.

Louis Georges THOMAS, également soldat de 2ème classe, est  né le 14 septembre 1893 à Sury-en-Vaux de parents vignerons : THOMAS Louis Étienne et FLEURIET Marie Euphrasie. Il a 20 ans lors des évènements à Signeulx.

Fernand LAPORTE est caporal tambour, né le 21 août 1889 à Verdigny de parents vignerons. Isidore LAPORTE est en effet vigneron à Chaudoux et marié à Léontine NEVEU. Il était le seul homme d’une fratrie de trois sœurs ou devrais-je dire trois « Marie » : Marie Louise Camille, Marie Marthe et Marie Léontine Germaine.

  • Ce qui s’est passé le 22 août 1914 à Signeulx

Avertissement : n’ayant pas pu accéder au journal des marches et opérations de ce régiment, je me suis basée sur des retranscriptions trouvées sur internet [2].

Ancien cimetière militaire français à Signeulx source


Le 4ème Régiment d’Infanterie (4 RI) tient garnison à Auxerre. Ils quittent cette ville le 5 août 1914. Le régiment débarque le 6 août à Sampigny et gagne Woinville où il reçoit l’ordre de s’installer défensivement face à Metz. Le 21 août, après avoir parcouru 40 kilomètres sous une forte chaleur, il gagne la frontière belge. En route, les hommes voient la ville de Longwy en flammes.

Le 22 août ils franchissent au petit matin la frontière belge à Signeulx. Les habitants de la localité les informent que les allemandes sont à 3 km. La 9èmedivision (4ème, 82ème, 113ème et 131èmeRI) doit attaquer sur le front Signeulx – Gorcy. Le 4ème RI a pour objectif Mussy-la-Ville. Le brouillard est intense, on y voit à peine à 50m. Les allemands sont retranchés et les accueillent par le feu. Il faut se replier. Le soir le régiment se regroupe à la ferme de Bouillon : les pertes se montent à 18 officiers et 1200 hommes au total, dont nos trois hommes.
signeulx copie
Le plan des combats est disponible ici.


La bataille des Frontières est la première phase de combats le long des frontières franco belge et franco allemande entre le 7 et le 23 août 1914. Le 22 août 1914 ce sont 22000 hommes qui perdent la vie. La seule solution est de battre en retraite  : c’est la Grande Retraite qui se termine par la bataille de la Marne début septembre [3].

[1] Morts pour la France 14/18 : Sury-en-Vaux et Verdigny

[2] Histoire du 4ème Régiment d’Infanterie – Guerre de 1914 – 1918, Historique sommaire du 4ème Régiment d’Infanterie pendant la guerre 1914-1918, http://1914-18.be/, forum de l’association 14-18.

[3] L’armée française de l’été 1914, Animation sur la bataille des frontières

Morts pour la France 14/18 : Sury-en-Vaux et Verdigny [1]

Pour ce mois de novembre, j’aurai pu partager les photos de mes aïeux ayant participé à la Première Guerre Mondiale (j’en connais au moins trois), sauf que je n’aurai publié que des photos et rien eut d’autre à raconter. Je n’ai en effet en ma possession qu’un seul livret militaire : il faut tout de même que je me garde de quoi travailler pour les années à venir !
 
Pour le thème de ce mois, je vais donc vous axer mes prochains articles sur les soldats morts pour la France de Sury-en-Vaux et Verdigny : je suis originaire de ces villages, ceci explique cela. Pour ce premier article, je vais vous présenter ces hommes ; pour les prochains billets je détaillera la vie de certains d’entre eux.

 

Les informations dont je dispose

J’ai recueilli les noms des soldats morts pour la France sur les monuments aux morts des deux villages. Un site répertorie (entre autre) les monuments aux morts du Cher : Monuments du Cher 1914-1918.
Je suis ensuite allée sur le site du ministère de la défense SGA / Mémoire des hommes pour accéder aux fiches de ces soldats.

 

De jeunes hommes …

L’âge au décès de ces soldats s’échelonne de dix neuf à trente sept ans. C’est ce qui m’a inspiré ce titre de génération sacrifiée !

Pierre Gabriel BARON est né le le 31 octobre 1898 à Sury-en-Vaux et mort le 2 octobre 1918 à Orfeuil dans les Ardennes. Il faisait partie du 21ème Bataillon de Chasseurs à Pied.

 Louis REZZARD est né le 6 mars 1877 à Sury-en-Vaux et est décédé à l’hôpital mixte de Cormery, de suites de blessures de guerre le 27 novembre 1914.

Leurs affectations

Pour le recrutement, les hommes de Sury-en-Vaux et Verdigny devaient passer la Loire et ainsi changer de département et de région ! Le recrutement avait lieu à Cosne-sur-Loire (Nièvre).
Sur nos cinquante-sept hommes :

Quarante deux faisaient partie de Régiments d’Infanterie
Quatre de Régiments d’Artillerie
Deux de Régiments d’Artillerie Lourde
Trois dans un bataillon de chasseurs à pied
Un dans un Régiment de Cuirassiers
Deux chez les Zouaves
Un dans un bataillon mixte Zouaves et Tirailleurs
Enfin, l’un d’entre eux était infirmier militaire

Caserne Binot à Cosne-sur-Loire, 85ème RI de ligne, année 1915 source

 

Au niveau des grades, la quasi majorité d’entre eux étaient des soldats de deuxième classe.  Mais figuraient  aussi deux canonniers, un brigadier, un caporal, un caporal tambour, un lieutenant, un maréchal des logis ainsi qu’un sergent.

Les causes de décès

Les soldats ont été le plus souvent tué à l’ennemi ou de leurs blessures. Il est précisé que Henri Gaston JOSSERAND a été tué à l’ennemi par éclats d’obus à Rouvel, dans la Somme.
Deux hommes sont également morts en captitivité. Henri Justin GODON est décédé d’une pneumonie  au camp Klein Wittenberg en Allemagne.
D’autres sont morts de maladie à l’hopital ou en ambulance, le plus souvent de maladies respiratoires : tuberculose, pneumonies.

La carte des lieux de décès

Et enfin, voici la cartographie des lieux de décès.

SVV

Les prochaines semaines mes articles seront basés sur les découvertes  faites en lisant ces fiches.

Les sorciers du Carroi de Marlou. Un procès de sorcellerie en Berry.

 

Dans l’Berry on n’a pas de pétrole, mais on a des sorciers.

 

Pour ceux qui ne le sauraient pas, le Berry est une terre de sorciers, birettes [1] et autres meneurs de loups. Le musée de la sorcellerie est d’ailleurs l’un des lieux les plus visités du département du Cher.


Concernant la sorcellerie, une affaire en particulier est célèbre dans le Sancerrois, celle du « Carroi de Marlou » [2] situé au-dessus du village de Bué.

 

Habituellement les pièces des procès en sorcellerie n’étaient pas conservées … mais celles de cette affaire l’ont été ! Et ont été publiées sous forme d’un ouvrage il y a quelques années [3]. Le dossier  reproduit  les dépositions, interrogatoires, confrontations, et les témoignages sur les possessions, le sabbat …



L’affaire du carroir de Marloup

Je ne vais pas reprendre ici toute l’histoire racontée dans le procès, mais la description de quelques protagonistes et des principaux faits.


Celui par qui l’affaire arrive à partir de l’automne 1582 est Bernard GIRAULT (homonyme de mon beau-père). Un sorcier, Jehan TABOURDET, l’aurait possédé en faisant venir à lui par l’intermédiaire de son cousin, une petite bête noire (une sorte de taupe sans pied ni poils et de la grosseur d’un sabot) qui lui demande de renoncer à Dieu. Différentes séances d’exorcisme auront lieu, puis un procès à partir du 21 décembre. Celui-ci s’appuiera sur les dires du jeune homme, de voisins des prétendus sorciers et des dépositions des accusés. Pas moins de cent soixante personnes seront citées ou interviendront directement dans le procès. Le tout sur fond d’ensorcellement d’enfants ou d’animaux, de maladies.

Revenons un peu à nos sorciers.

Jehan TABOURDET, dit des Berthilles aurait rencontré le diable à de multiples reprises et assisté au sabbat. Un soir en revenant de Neuilly en Sancerre, au Bec d’Assiette, il rencontre un homme habillé de noir qui le tente ; ce n’est autre que le diable. Cinq ans plus tard celui-ci revient frapper à sa porte, et l’emmène au Carroi de Marloup où se tient le sabbat avec cinq ou six personnes, mais il n’y prendra pas part. Il rencontrera ensuite à de multiples reprises le diable et ira au moins une fois par an au sabbat.
Le Bec d’Assiette de nos jours. Source : google streetview

 

Un autre protagoniste est CAHOUET, connu comme sorcier et meneur de loup. Un certain Loys FROU racontera qu’après avoir refusé de rester souper chez lui, il fut contraint d’y retourner à cause de mille loups lui barrant la route. Durant le procès il niera tout ce qui lui est reproché.


Le diable apparaît sous différentes formes : souvent sous forme d’un cavalier noir, ou bien un chat noir, un cheval noir.
Le fameux sabbat y est décrit : on danse à l’envers, il y a des chandelles noires, on adore le derrière du diable sous la forme d’un  homme en noir. Il s’y passe des choses non racontables ici entre sorciers et sorcières, voire avec le diable. Souvent à la fin, le diable donne des poudres aux participants, qui auraient la particularité de faire mourir.

 

Le croisement du carroir de Marloup de nos jours. Source : google streetview



Extrait de l’interrogatoire de Joachim GIRAULT, dit le bossu de la Brosse

[…] Fut lors porté au sabat au carroy de Marlou où il adora le diable en forme d’homme noir, luy baisa le derrière comme les autres qui y estroient, dansa avec eulx, et apres la danse le diable leur maistre, qui se disoict avoir nom Chevau, eut accointance charnelle avec la femme de François Macé de Chavernolet, et chascung d’eulx après lui […]
A l’issue du procès, cinq hommes seront pendus et étranglés puis leur cadavre brûlé. Une sorcière présumée est retrouvée pendue en prison, son corps sera brûlé. Exécuté au carroi de marloup, TABOURDET se rétractera.


Sur l’ouvrage

Il ne se contente pas de retranscrire les pièces du procès. Chronologie, cartes, lexiques, liste des noms de personnes et des lieux qui permettent de s’y retrouver plus facilement au milieu de tous ces personnages. A la suite du texte, se trouvent différents études sur l’histoire locale, le procès, les stratégies de l’accusation ou encore les sorciers d’hier et d’aujourd’hui.

 

[1] Sorte de spectre en chemise
[2] Carrefour des mauvais loups
[2] Les sorciers du Carroi de Marlou. Un procès de sorcellerie en Berry, 1582-1583. Nicole Jacques-Chaquin et Maxime Préaud. Editeur : Jérôme Millon, novembre 1998. Collection Atopia. 511 pages.

Profiter des journées du patrimoine avec de jeunes enfants [hors-sujet]

Tous les ans des milliers de monuments peuvent être visités durant le week-end des journées du patrimoine. Avec des enfants en bas âge, pas facile ? Pour les enfants assez âgés, des activités peuvent être proposées, de quoi s’occuper utilement. Oui mais avec les plus jeunes ? Il suffit de bien choisir ses destinations et d’être un peu organisé en sachant que :
la visite doit être courte au risque que les enfants s’énervent vite
il faut pouvoir s’éclipser facilement si ils deviennent intenables.


1. Je limite le temps de route
On évite les destinations trop lointaines au risque de commencer la visite avec des enfants déjà grognons. Pour ma part, une demi-heure de route me semble le maximum.


2. J’évite les lieux très prisés
Qui dit lieu prisé, dit file d’attente : totalement inenvisageable. C’est le bon moment pour découvrir des lieux cachés, de petites pépites. Rien ne vous dit que la petite église qui semble bien banale ne renferme pas un trésor ? Et c’est sans compter sur l’enthousiasme des guides bénévoles.


3. Je privilégie les visites libres ou guidées de courte durée
Difficile de garder les enfants calmes longtemps. Alors on oublie les visites guidées de 2h en intérieur. Les visites libres permettent de gérer son temps comme on l’entend, ou bien choisir des visites de courte durée.


4. J’aime les visites en extérieur
En croisant les doigts pour que la météo soit clémente, les visites d’extérieurs permettent de s’éclipser facilement, et surtout les enfants peuvent plus facilement crier et courir (sous l’oeil toujours vigilant des parents bien entendu).


5. Je ne suis pas trop gourmande
Les programmes à rallonge, c’était bien avant mais maintenant on oublie ! Prévoir une liste avec une ou deux visites à faire impérativement, puis d’autres à adapter en fonction du temps dont on dispose et la forme des enfants.
6. Je laisse la poussette à la maison
Parce que la poussette ça roule mal dans le gravier et ce n’est pas pratique pour monter les marches. On peut toujours la laisser à l’entrée de la visite, mais c’est tout de même bien encombrant. Alors pour porter bébé c’est l’écharpe ou le porte bébé. En plus en étant proche des parents, les plus jeunes s’endorment facilement. Pour les plus grands, il faut compter sur les bras de papa lorsque les enfants ne voudront plus marcher.


7. Je voyage léger … mais avec l’essentiel
Je prévois dans la voiture de quoi changer bébé (deux couches, un peu de coton, une mini bouteille d’eau), un change, une bouteille d’eau et un goûter. On n’oublie pas non plus de quoi soigner les petits bobos : antiseptique et pansements si on tombe dans les allées d’un château.


8. Je n’oublie pas mon appareil photo ni mon carnet
Parce que le but c’est quand même bien de se cultiver et s’en mettre plein les yeux, je n’oublie pas mes outils essentiels : mon appareil photo et mon petit carnet. Et oui, on peut avoir la trentaine et faire de la résistance aux smartphones


Moulin de Bouillant, 2013


Bonnes visites !

La fusillade des Fours à Chaux, le Maquis de Veaugues

Pour ce 8 mai, je reviens sur un monument du sancerrois, devant lequel je suis passée quelques fois mais dont je ne connaissais pourtant pas l’histoire exacte.
Celui-ci se trouve sur le bord d’une route, entre Veaugues et Neuvy. Il s’agit en fait d’un monument commémoratif en mémoire de maquisards fusillés. Je suis allée fouiller dans les documents sur internet pour essayer de reconstituer cette histoire.Agrandir le plan

  • Quelques éléments sur la seconde guerre mondiale dans le Cher
Le site du musée de la résistance et de la déportation du Cher nous apporte quelques éléments sur la répression allemande dans le département du Cher. Celle-ci peut -être découpée en trois périodes :- De l’été 1940 à avril 1942 : une répression en zone Nord menée par la Wehrmacht et les douaniers allemands à la ligne de démarcation.
– A partir d’avril 1942 : installation à Bourges de la Gestapo et recours à des agents français. Interventions d’abord en zone Nord puis à partir de novembre 1942 dans les deux zones ; cette période va jusqu’au 6 juin 1944.

– A partir du 6 juin 1944 la période des combats et des représailles jusqu’à la libération du département le 13 septembre 1944.La tragédie de Veaugues est liée à un homme : Pierre PAOLI. Ce dernier est originaire du Cher. Il maîtrise très bien la langue allemande et se lie d’amitié avec un capitaine allemand. En 1943, il entre au service de la Gestapo à Bourges comme interprète. Il devient ensuite  policier inquisiteur, puis tortionnaire et assassin. Le 15 août 1943 à Aubigny, il est la cible d’un attentat, mais malgré une raffle de balles il survit. Il quittera Bourges le 6 août 1944 avec les troupes allemandes … il avouera plus tard entre 200 et 300 arrestations et tortures. Il sera condamné à mort et exécuté à Bourges.

  • Le 19 mai 1944 à Veaugues
Ce qui s’est passé à Veaugues, a été raconté par Pierre PAOLI lui-même. Tout commence par un plan d’attaque mené contre les maquisards présents dans les bois de Veaugues, menés par « Capitaine Daniel ». Un indicateur « du cru » a livré moyennant une belle rémunération les positions du maquis. Le 19 mai matin dès 7h des troupes d’infanterie de la Wehrmacht prennent place, avec véhicules blindées et un Messeschmidt Bf109 qui opère un vol de reconnaissance.
La Gestapo de Bourges est également présente, prête à en finir avec un « réseau de terroristes » qui sévit dans la région.
A 14h, un mécanicien (Marcel Léger) est interpellé chez car il aurait l’habitude de recevoir des résistants chez lui. La voiture sort de Veaugues et subit bientôt les feux du  groupe de maquisards qui se retrouvent pris au piège : plus de de deux cents soldats encerclent les tireurs. S’en suit une fusillade où sept maquisars et un huitième homme furent tués ainsi qu’un agent de la Gestapo. Capitaine Daniel réussit à s’enfuir.

Photo issue du blog Veaugues.overblog
Quelques éléments :
Un article sur le blog LibrHerry reprend un extrait du livre de Pierre Paoli.Les lycéens de Marguerite de Navarre, lycée de Bourges, proposent un site sur la répression dans le Cher, dans le cadre d’un concours sur la résistance : une belle initiative.

Et enfin le livre de Jacques Gimard, Trompe-la-Mort, les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo. ISBN-13 : 978-2919760046.