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Auteur/autrice : Elodie

S… Silvain ARDOIN et les trois bougies

S… Silvain ARDOIN et les trois bougies

Silvain ARDOIN n’a aucun lien de famille avec Jean BEAUNEZ. Pourtant nous les retrouvons le 14 mai 1859 avec Maître COURSIER, dix jours après que Jean ait dicté son testament, et le lendemain de la rédaction du cahier de charges pour la vente de ses biens.

L’objectif de ce jour est de donner mandat à Silvain ARDOIN, propriétaire demeurant à Sancergues (à plus de 8 km), de vendre soit à l’amiable soit aux enchères les lots qui ont été définis la veille. Il y a quinze lots au total, le premier est la maison de Jean située aux Chênes, les quatorze autres étant diverses parcelles situées à Herry, dont la localisation a été présentée précédemment.

Pour sa mission, Silvain ARDOIN aura pour salaire la moitié du « pot de vin » stipulé à l’article 5 du cahier des charges, soit 2,5% des ventes.

Nous retrouvons nos hommes huit jours plus tard, le 22 mai, après que la vente aux enchères ait eu lieu. Celle-ci n’a pas été très concluante. Sur les quinze lots, seuls deux ont été vendus.

Le treizième lot fut disputé : après plusieurs enchères Henri et Étienne CROCHET se sont portés acquéreurs (père et fils). Ils sont propriétaires et cultivateurs à la Grange Neuve ; ils achètent les 31 ares situés aux Hâtes pour 960 francs.

 » Trois bougies s’étant éteinte sans qu’aucune nouvelle enchère n’ait été portée, Messieurs CROCHET ont été proclamés adjudicataires indivis ».

La vente du sixième lot a donné lieu à une anecdote étonnante. Cette fois, ce sont 30 ares de terres au Bourneau qui sont mis en vente. Louis BOUCHARD, garde particulier à Challivoy fait une offre au prix, pour 750 francs. Les trois bougies s’éteignent, il en devient donc acquéreur.

Vient de moment de signer ; il indique qu’il le sait. Mais finalement….

« M Bouchard ayant pris la plume et tenté de signé quoi qu’il ait déclaré qu’il le pourrait ce qui a donné lieu à la mention précédente de sa signature n’a pu tracer que les caractères imparfaits ci-dessus, et déclaré ensuite ne pouvoir signer autrement à cause d’un tremblement nerveux causé par l’âge. »

Cahier des charges, procuration, adjudication - Minutes de Louis COURSIER - Herry - AD18 : avril-août 1859 ; E/23766
R… Rue Saint-Fulgent

R… Rue Saint-Fulgent

Aujourd’hui, nous nous intéressons de nouveau à l’un des enfants de Jean BEAUNEZ, Jacques. Lorsque Rosalie est née en 1841, son demi-frère avait déjà déjà dix-neuf ans.

En 1856, on le retrouve lors du recensement au hameau du Chêne à Herry. Il y vit avec toute sa famille; aucun commentaire le concernant.

Le 6 septembre 1858, il est témoin du mariage de son frère Cyprien et Rose DEBONDANT.

Le 3 janvier 1859 on dresse l’inventaire après décès de Marie CANDRET, belle-mère de Jacques. On donne la valeur de tout ce qu’il y a dans la maison, mais on compte aussi toutes les dettes. Et j’ai découvert à cette occasion que Jean avait payé pour Jacques des frais à l’hospice des aliénés de Bourges, pour un coût de 122 francs.

Pour donner un ordre de grandeur, une génisse (vache qui n’a pas encore eu un veau) et deux porcs valaient 130 francs.

A la place de l’asile de Saint-Fulgent se tient aujourd’hui le centre d’action médico-sociale (Google street view)

Je ne sais pas de quoi il souffrait, mais il décède le 3 février 1869 à l’asile de Bourges, à une heure du matin. Il était alors âgé de 57 ans. Ce sont deux gardiens de l’asile qui vont déclarer le décès… et ils se trompent sur son âge de plus de 10 ans !

Acte de naissance - Herry - AD18 : 1813-1822, 3E 2005
Acte de mariage - Herry - AD18 : 1853-1862, 3E 3705
Acte de décès - Bourges - AD18 : 1879, 3E 4654
Inventaire après décès - Herry - AD18 : minutes de Louis COURSIER, E/23765
Recensement - Herry - AD18 : 1856, 27J 0082
Q…Que cultivait Jean BEAUNEZ ?

Q…Que cultivait Jean BEAUNEZ ?

A la suite des inventaires après décès de ses deuxième et troisième épouses, Jean accompagné du notaire de l’époque et de témoins a réalisé une estimation des récoltes. L’occasion de savoir exactement ce qu’il cultivait !

Récolte 1837

L’inventaire après le décès de Jeanne DUSSAULT a été réalisé le 22 mai 1837, l’estimation des récoltes le 23 juillet de la même année. Voici donc les cultures et les surfaces :

  • Méteil (mélange de plusieurs espèces) sur 85 ares – 96,25 francs
  • « Maraîche » (si j’ai bien lu, peut-être du maraîchage ?) sur 40 ares – 21 francs
  • Froment sur 1,40 hectares – 261 francs
  • Avoine sur 15 ares – 7,5 francs
  • Pommes de terre sur 10 ares – 7,5 francs
  • Pois ronds (petits pois ?) sur 60 ares, déjà récoltés. Il est indiqué 150 francs… et une somme de 700 francs supplémentaires… ça me semble beaucoup, mais c’est bien ce que l’on retrouve dans le total.
  • Pois (déjà récoltés) sur 6 ares – 30 francs
  • Haricots sur 12 ares – 9 francs

Pour un total de 1255,25 francs. Je comprends mieux pourquoi dans certains actes, Jean était indiqué « jardinier » ; c’est sans doute lié à la présence importante de légumes.

Récolte 1859

L’inventaire après décès de Marie CANDRET a eu lieu le 3 janvier 1859, l’estimation de récoltes le 16 juin suivant.

Ce qui est assez amusant, c’est qu’entre temps un nouveau notaire est arrivé (le fils du précédent en fait). Il précise dans l’inventaire après décès que l’estimation des récoltes n’est en fait pas très légale, et que normalement il faut compter les frais d’implantation des cultures. Mais l’estimation des récoltes étant une coutume locale, il consent à la faire.

Petit rappel de la loi
  • Orge, haricots, froment sur 37 ares- 35 francs
  • Froment sur 22 ares – 25 francs
  • Blé, haricots sur 46 ares – 50 francs
  • Blé sur 92 ares – 190 francs
  • Mauvaise récolte de blé sur 10 ares – 12 francs
  • Excellente récolte de blé sur 20 ares – 70 francs
  • Trèfle sur 52 ares – 50 francs
  • Pommes de terre sur 32 ares – 38 francs
  • Blé et trèfle sur 63 ares – 440 francs
  • Petits pois – 50 francs

Pour un total de 660 francs.

Estimation de récoltes - Minutes de Jean-Baptiste COURSIER - Herry : 1837, E/23721
Estimation de récoltes - Minutes de Louis COURSIER - Herry : Avril-août 1859, E/23765
P… Paulin

P… Paulin

Encore une triste histoire aujourd’hui. Elle concerne Paulin, le jeune frère d’Alice.

Il n’aura eu qu’une coutre vie, ça je le savais déjà car j’ai trouvé son acte de décès alors qu’il n’avait que 4 ans. Puis j’ai trouvé la raison dans les journaux de l’époque…

Le 9 novembre 1893, Jean-Baptiste LINARD et sa femme s’absentent de leur maison à Récy, et laissent le petit Paulin seul. Il cherche de quoi jouer, et prend alors une bouteille d’essence, apparemment placée sur la cheminée. L’essence se répand, et bientôt ses vêtements s’enflamment.

Il sort dans la cour en criant, alertant des voisins. Ceux-ci parviennent à éteindre le début d’incendie, mais lorsqu’ils arrivent à débarrasser Paulin de ses vêtements, il est déjà « atrocement brûlé ». Il succombe plusieurs heures plus tard « dans d’horribles souffrances ».

Un journaliste de conclure après cette triste description : les dégâts matériels s’élèvent à 80 francs.

Acte de naissance - Vinon - AD18 : 1883-1892, 3E 5321
Acte de décès - Vinon - AD18 : 1893-1902, 3E 5771
La Démocratie du Cher, 17 décembre 1893
L'indépendant du Cher, 19 décembre 1893
O… Où se situent les terres de Jean BEAUNEZ ?

O… Où se situent les terres de Jean BEAUNEZ ?

Lorsque j’ai lu le cahier des charges pour la vente des terres de Jean BEAUNEZ, la tentation était grande en voyant cette liste de lieux-dits d’essayer de localiser les parcelles !

N’ayant pas pu consulter le cadastre aux archives, par manque de temps et à cause des fermetures, j’ai utilisé les plans du cadastre disponibles en ligne. La carte date de 1829, le cahier des charges de 1859. Il me manque un quart des surfaces que je n’ai pas su localiser, ce n’est déjà pas si mal !

Extrait du tableau d’assemblage du cadastre – Herry – AD18 – 3P 2549/01
Extrait de la section C1 de Champalay – Herry – AD18 – 3P 2549/14

La parcelle la plus au Nord correspond à trois petits ares de vigne situés à Champalay ; les parcelles sont reconnaissables par leur petite taille, et la forme allongée. J’ai bien le nom des propriétaires qui jouxtent la parcelle, mais cela ne m’est pas d’une grande utilité ! On ne trouve plus aucune trace de ce passé viticole aujourd’hui…

Extrait de la section D1 de la Prée- Herry – AD18 – 3P 2549/17

Si l’on se rapproche du hameau du Chêne, mais de l’autre côté du canal, on trouve 30 ares aux Bourneaux. Avec ces cartes il faut toujours faire attention, car le Nord n’est pas forcément en haut de la page ! De la même manière j’ai le nom des propriétaires qui se trouvent autour ; je sais donc que la parcelle ne se trouve pas à proximité d’un chemin…

Extrait de la section A4 des Buteaux- Herry – AD18 – 3P 2549/05

La parcelle suivante est située aux Hâtes. Deux zones assez proches portent le même nom… Je sais que la parcelle est bordée au couchant par la rue ; ce qui me fait penser qu’il s’agirait du point le plus proche du Chêne (en vert), Les Hâtes situées plus au Nord à proximité de la Prée étant bordées par le canal à l’Ouest.

Extrait de la section A5 des Buteaux- Herry – AD18 – 3P 2549/06

Enfin, de nombreuses parcelles sont logiquement situées autour du hameau du Chêne, où a vécu Jean. On retrouve les Ouches, les Grandes Ouches, l’Ouche de derrière, le Champ Luherne et le Champ Brouet.

Aujourd’hui j’ai cherché la localisation, bientôt je vous présenterai ce qui y était cultivé…

Minutes de Louis COURSIER - Étude d'Herry - AD18 : testament ; partage testamentaire, avril-août 1859 E/23766
Plans du cadastre d'Herry - AD18 : Tableau d'assemblage, 3P 2549/01 ; section A4 des Buteaux,3P 2549/05 ; section A5 des Buteaux,3P 2549/06 ; section C1 de Champalay, 3P 2549/14 ; section D1 de la Prée, 3P 2549/17
N… Neurasthénique

N… Neurasthénique

Dans cet article, nous allons nous intéresser à quelques enfants de Rosalie.

Louise « Célestine » PERROY, née en 1871, épouse François Jean Benoît JALLET en 1893. Elle est âgée de 22 ans, il est de 4 ans son aîné et domestique à l’époque. Ils auront deux enfants en 1894 et 1895. Puis Célestine décède en 1900 à l’âge de 29 ans.

François Jean Benoît décide de se remarier après un peu plus d’un an de veuvage. Le 19 mai 1901 il épouse… sa belle-soeur Françoise Rosalie PERROY.

Ils auront au moins quatre enfants ensemble. François Jean Benoît a dû partir en premier car Françoise Rosalie est veuve lors de son décès. Ce dernier a été rapporté le 19 juin 1919 dans les journaux.

La dépêche du Berry – 19 juin 1919

Fait étonnant, mon aïeul Louis LINARD, son demi-frère, s’est également suicidé par noyade en 1936. Y aurait-il une influence génétique ?

Autre similarité entre frère et sœurs : après la décès de Julien Henri PERROY au tout début de la guerre de 1914, sa veuve s’est remariée avec son beau-frère Jacques Jules. Ils auront attendu la fin de la guerre et l’année 1920 pour ce faire…

Actes de naissance et de mariage - Feux - AD18 : 1893-1902 ; 3E 5496 - 1903-1912 ; 3E 6269
La dépêche du Berry - Retronews : 19 juin 1919
M… Mariages de Rosalie BEAUNEZ

M… Mariages de Rosalie BEAUNEZ

Le 20 février 1859, Rosalie rencontre son futur époux Louis LINARD chez Maître COURSIER ; c’est le deuxième contrat de mariage rédigé en un mois. Elle est toujours âgée de 17 ans, Louis en a 24.

Si la dot de Rosalie n’est toujours pas estimée, la liquidation de la succession de sa mère n’étant pas faite, Louis apporte une dot bien plus conséquente que François BALUT : 200 francs d’argent comptant, 100 francs en meubles et objets mobiliers et surtout 1650,50 francs en obligations et quittances diverses. Soit au total 1956,50 francs.

Vient également la description du préciput : 1. les habits et linge à son usage personnel, 2. un lit garni de tous ses accessoires, 3. une pièce de meubles au choix.

Pour la signature de ce contrat, outre la mère du futur époux et le père de la future épouse, sont présents Jacques LINARD, oncle de Louis, son frère Jean, et du côté de Rosalie son beau-frère Antoine LEFAUX et son oncle François DUSSAULT (également son subrogé tuteur).

Le mariage est célébré le 6 mars à 17h en la commune d’Herry. Comme je l’avais raconté précédemment, Louis a un certificat d’exemption du service militaire pour atrophie du bras droit. Les témoins du côté du marié sont son frère Jean LINARD, un ami Genefort DEBRET, et pour Rosalie son frère Cyprien BEAUNEZ et son oncle François DUSSAULT.

Neuf mois tout pile après son mariage, Rosalie met au monde Louis, mon aïeul, puis Jean-Baptiste un peu moins de deux ans plus tard.

Louis LINARD décède en 1864 à l’âge de 30 ans ; son inventaire après décès précise qu’il souffrait d’une longue maladie.

Le 15 janvier 1865, Rosalie alors veuve et mère de deux garçons de 4 et 3 ans, se présente chez le successeur de Maître COURSER, maître DUMOULIN. Un nouveau mariage est prévu, cette fois-ci avec Louis PERROY. Il est âgé de 30 ans, elle en 24.

Rosalie apporte une confortable dot : 2600 francs, ses meubles et les habits de son défunt époux pour 650 francs, soit un total de 3250 francs.

Son futur mari apporte 1000 francs (plus que François, moins que Louis).

De nouveau la description du préciput : 1. le meilleur lit de la maison avec quatre draps, 2. un meuble à son choix, 3. les habits, linges et hardes à son usage personnel.

Le mariage est célébré le 23 janvier à 10 heures. Les témoins du côté de Rosalie sont son frère Cyprien, et son oncle Louis RABOIN. J’apprends à cette occasion qu’il est son parrain !

Pour la première Rosalie signe. Elle est d’ailleurs la seule ce jour-là. Elle a dû s’entraîner (mais l’orthographe de son nom n’est pas tout à fait exacte). AD18 – 3E 4039

De cette union, j’ai trouvé au moins dix enfants :

  • 1865 : François Moïse
  • 1867 : Théodule
  • 1869 : Jean Baptiste
  • 1871 : Louise Célestine
  • 1874 : Marie Louise
  • 1876 : Françoise Rosalie
  • 1878 : Marie Rosalie
  • 1879 : Louis Camille
  • 1882 : Julien Henri
  • 1886 : Jacques Jules

Entre la naissance de Théodule et celle de Jean Baptiste, la famille déménage de Herry à Feux, une commune voisine. C’est dans cette commune que Rosalie finira sa vie. Elle décède le 20 juillet 1910 à l’âge de 68 ans, trois ans après son époux Louis PERROY.

Minutes de Louis COURSIER - Étude d'Herry - AD18 : contrat de mariage 1859 - E/23765
Publications de mariage - Château-sur-Allier - AD03 : 1833-1862 ; 2 Mi EC 56 4
Actes de mariage - Herry - AD18 : 1853-1862, 3E 3705 ; 1863-1872, 3E 4039
Minutes de Paul DUMOULIN - Étude d'Herry - AD18 : contrat de mariage janvier-avril 1865- E/23785
Actes de naissance - Herry - AD18 : 1853-1862, 3E 3704 ; 1863-1872, 3E 4038 ; 
L… Le mariage fantôme de Rosalie BEAUNEZ

L… Le mariage fantôme de Rosalie BEAUNEZ

Marie CANDRET, mère de Rosalie est décédée le 8 décembre 1858. Était-elle encore encore en vie lorsque la perspective d’un mariage commençait à être évoquée ?

Le 25 janvier 1859, Rosalie (alors âgée de 17 ans) se rend avec son père chez Maître COURSIER pour rédiger le contrat de mariage. Son futur époux François BALUT, âgé de 27 ans, est présent. Il réside à Herry « de droit », mais de fait en la commune de Château-sur-Allier où il y est domestique, au hameau de Ponçu. Le père de François est décédé, mais sa mère Rose BONNARD est présente.

François apporte comme dot la somme de 900 francs ; 50 francs viennent de la succession de son père, le reste étant « le fruit de ses gains et économies ».

Du côté de Rosalie, elle apporte les droits immobiliers de la succession de la sa mère qui n’est pas encore chiffrée, car pas encore liquidée.

Dans les autres éléments du contrat, le fameux préciput (ce qui reste à l’époux survivant après le décès du conjoint) : 1. les habits et linge à son usage personnel, 2. un lit garni de trois de ses accessoires, 3. une pièce de meuble au choix.

Si la date du mariage n’est pas précisée, il est indiqué que la célébration aura lieu « incessamment » en la commune d’Herry.

Les archives de l’Allier ont mis en ligne les publications de mariage en plus de l’état civil. J’ai pu ainsi retrouver la trace des publication de mariage à Château-sur-Allier les 30 janvier et 6 février 1859.

Nous retrouvons Rosalie le 20 février, non pas pour le mariage, mais pour signer un contrat de mariage avec Louis LINARD mon aïeul… Que s’est-il passé durant ces deux semaines ???

Je sais que la dot de mon aïeul était plus importante… Serait-ce la seule raison ?

François BALUT épousera finalement Madeleine CHARLES à Herry le 25 septembre 1859. Il a alors quitté la commune de Château-sur-Allier pour s’établir à Herry. Pas de trace d’une reconnaissance d’enfant, ce qui aurait également pu expliquer le revirement de situation.

Minutes de Louis COURSIER - Étude d'Herry - AD18 : contrat de mariage 1859 - E/23765
Publications de mariage - Château-sur-Allier - AD03 : 1833-1862 ; 2 Mi EC 56 4
Acte de mariage - Herry - AD18 : 1853-1862 ; 3E 3705
K… Kilomètres

K… Kilomètres

Revenons-en un petit moment à Jean BEAUNEZ. Nous avons parlé directement de son premier mariage… sans avoir parlé de son village d’origine.

Jean BEAUNEZ est originaire de Préporché, commune du Morvan, où l’on trouve le hameau … des Beaunés ! Peut-être est-ce l’origine du patronyme ?

Carte de Cassini – Le hameau des Beaunés, au nord du bourg de Préporché

Préporché est distant de 75 km à vol d’oiseau de Herry, où Jean vivra par la suite.

Mais j’ai découvert tout récemment qu’il ne fut pas le seul de la fratrie à émigrer dans le Berry. Sa sœur Jeanne BEAUNEZ, sept ans plus âgée que lui, s’est mariée à Mornay-Berry, une commune située à 20 kilomètres d’Herry. Chose étonnante, Jeanne se marie le 28 août 1832, à l’âge de 50 ans. Son époux Jean GAJAT est âgé de 65 ans. Si l’acte précise bien que l’époux est veuf, rien n’est dit pour la mariée.

Accolé à l’acte de mariage se trouve le consentement de Jeanne MILLARY, mère de Jean et Jeanne BEAUNEZ, qui est veuve en 1832. Elle approuve le mariage, et charge un propriétaire de Ménetou-Couture (commune voisine de Mornay-Berry) d’être mandataire et « réciter » ce consentement. Il sera en effet l’un des témoins du mariage.

Son frère Jean BEAUNEZ ne fait pas partie des témoins signataires.

Ce mariage durera onze ans ; Jeanne décède le 20 mai 1844 à l’âge de 61 ans.

Acte de mariage - Mornay-Berry - AD18 : 1820-1832 ; 3E 1804
J… Jusqu’à Chalon-sur-Saône

J… Jusqu’à Chalon-sur-Saône

Aujourd’hui je vous propose de poursuivre le récit de la vie d’Alice LINARD, après le terrible évènement relaté hier.

Le 9 mai 1908, soit cinq mois après son acquittement, Alice épouse Emille TAILLANDIER, ajusteur. Le juge avait précisé en janvier qu’elle était fiancée à un cousin de Chalon-sur-Saône, il semble que les fiançailles aient été maintenues. En effet, Emile est un cousin du côté de la mère d’Alice, Pauline DUBOIS.

Ils se marient à Chalon-sur-Saône à 17 heures. Aucun membre de leur famille n’est présent ; la mère du marié, veuve, et les parents de la mariée ont fait connaître leur consentement par écrit. Les témoins sont chauffeur, charpentier en bateau, ajusteurs… sans doute des collègues de travail du marié.

Les signatures le jour du mariage ; à gauche, celles des mariés

Émile habite au 23 rue de Lyon, ils ont vraisemblablement dû y habiter après le mariage. Ils déménagerons ensuite régulièrement. Leur premier fils Émile Auguste nait un an après leur mariage. En 1910 nait un second fils, André. Leur père Émile est absent pour une période d’exercices militaires dans le 4ème Régiment du Génie. Quelques semaines avant cette naissance, une inondation a touché Chalon-sur-Saône ; vivant proches des quais, peut-être l’ont-ils vécue ?

Plan de la commune de Chalon sur Saône en 1904 – Archives de Chalon sur Saône – 1O 3/6 (1)

Le 13 avril 1913, Émile déménage loin, mais de manière temporaire, à Martigues. Puis il revient aux Granges forestiers à Chalon-sur-Saône en janvier 1904. Il sera mobilisé le 1er août 1914 au 11ème Régiment de Génie, puis sera détaché en septembre 1915 aux usine Schneider et Compagnie à Chalon-sur-Saône. Il passe au 29ème Régiment d’Infanterie en juillet 1914, mais sera maintenu détaché.

Alice et Emile déménagent ensuite plus loin. En mai 1921 ils vivent avenue Leclerc à Lyon, puis chemin des culattes prolongées en 1925 dans la même ville.

Le dernier domicile renseigné sur la fiche matricule d’Emile est le hameau de Récy, commune de Vinon, lieu d’origine d’Alice ! Ils sont retournés dans le berceau familial, où après une vie d’ajusteur dans des usines Emile deviendra cultivateur. Au recensement de 1931 ils y vivent avec leur dernier fils, qui les aide sur la ferme.

Acte de mariage - Archives de Châlon-sur-Saone : 1908, 3E 115
Fiche Matricule d'Emille TAILLANDIER - AD18 - 2R0613 - Numéro de matricule 128 - Classe 1900
Actes de naissance - Archives de Châlon-sur-Saone : 1909, 2E 116 ; 1910, 2E 117
Recensement - Vinon - AD18 : 1931, 6M 0307