Merlin, un nom enchanteur ?

Le 22 octobre 1844 Louis GUENEAU (mon sosa 90) épouse Geneviève MERLIN. Un nom comme cela, ça ne s’invente pas ! J’arrive à remonter jusqu’à ses parents Thomas MERLIN et Victoire BERTRAND.. et puis plus rien. Impossible de trouver l’acte de mariage, cette branche est restée déserte pendant des années. Jusqu’à ce que j’arrive enfin récemment à détricoter l’histoire.

Un premier mariage

Le 25 novembre 1817 au Noyer, Thomas MERLIN alors domestique épouse Scolastique RAFESTIN, fille d’un laboureur de Ménetou Râtel. De leur union nait Jean-Baptiste MERLIN le 14 février 1818. C’est le jour de la Saint Valentin mais il n’y a pas 9 mois entre le mariage et la naissance de Jean-Baptiste il me semble !

Il n’y aura pas d’autre descendant de ce couple, Scolastique RAFFESTIN décède le 8 avril 1819.

Deuxième mariage

Le 9 novembre 1821, Thomas MERLIN épouse Victoire BERTRAND à Thou. Il y a donc bien eut mariage … mais au nom de Thomas MARTIN, voilà pourquoi j’ai mis tant de temps à faire le lien.

Le 1er janvier 1822 nait Victoire Pélagie MERLIN. Elle décèdera le 2 octobre 1823 à 21 mois. Jacques Patient MERLIN naît ensuite le 31 mai 1825 … et décède 3 mois plus tard le 27 août 1825.

Victoire BERTRAND tombe de nouveau enceinte, certainement début décembre 1825 … mais elle ne le sait pas encore que Thomas MERLIN décède le 18 décembre 1825. Geneviève naît le 2 août 1826 dans un autre village, Sury-en-Vaux.

Victoire Bertrand ne se remariera pas.

Cette même année 1825, Thomas MERLIN est le témoin de la naissance, puis du décès de Marie VATAIRE. Cette fille est née de père inconnu, de Jeanne VATAIRE domestique au Noyer (peut-être au Château de Boucard ?).

Ces histoires comme celles-ci qui nous montrent que la vie était dure, tout le monde en a dans son arbre. Pour répondre à ma question, pour le cas de Thomas son nom ne me semble pas si enchanteur que cela.

Protestantisme

J’aime beaucoup l’émission la marche de l’histoire sur France Inter. Lundi dernier a été rediffusée une émission sur Marie Durand et la résistance protestante au XVIIIème siècle. L’occasion de refaire le point sur différents événements de cette période.

Je me sens concernée car il y a quelques mois je me suis découvert une branche protestante. Familles originaires de Sancerre, haut lieu du protestantisme dans le Berry.

Une période plus ancienne, 1573 Sancerre l’enfer au nom de Dieu. Abraham Malfuson.

Une phrase de l’intervenant a particulièrement fait écho en la généalogiste que je suis. En refusant tout acte catholique, les protestants n’avaient plus d’identité. A l’époque l’état civil était géré par l’Eglise.

Ces hommes et femmes n’avaient donc pas d’existence, étaient comme suspendus en l’air.

Deux dates importantes : 1685 et la révocation de l’Edit de Nantes. L’exercice de la religion protestante est interdite, les pasteurs sont bannis. En 1787 L’Edit de Versailles, dit Edit de Tolérance, redonne des droits et donne lieu à des régularisations de mariage.

Un exemple : à Sancerre en novembre 1788, trois mariages avec le même patronyme ont été ajoutés.

– Le 18 novembre 1788 réhabilitation du mariage Pierre SERVEAU et Marie Jeanne NAUDET

– le 27 novembre 1788 réhabilitation du mariage Jean FEUILLAUT et Anne SERVEAU

– le 28 novembre 1788 réhabilitation du mariage Jacques SERVEAU et Marie Anne DUCLOU . Ceux-ci ne sont autres que les parents de Pierre SERVEAU. Leur acte de mariage est donc postérieur à celui de leur fils !

Pour écouter l’émission sur Marie Durant et la résistance protestante c’est ici.

J’ai également découvert le site du musée virtuel du protestantisme français, très bien documenté.

Le métier de cordier


Dans mon arbre je ne compte plus le nombre de laboureurs, cultivateurs, vignerons ou manœuvres. C’est pourquoi tout autre métier attire mon attention. C’est le cas de Pierre HABERT (1674-1744) cordier à Sancerre, fils de Pierre HABERT, drapier.
Première remarque, on dit bien cordier et non pas cordelier, nom que prirent les franciscains en France (sur leur robe on trouve une « corde liée »).

J’ai eut la chance de voir un aperçu de ce métier lors d’une visite au château de Guédelon. Ce métier était répandu dans les zones maritimes car les métiers de la mer nécessitent de nombreuses cordes. Dans notre région, les cordes servaient surtout aux paysans et à quelques autres métiers comme les charpentiers.

Dans notre région, le matériau pour fabriquer les cordes étaient le chanvre ; il a été cultivé jusqu’en 1920 dans le Berry.
Voici la description de la culture que j’ai trouvé sur le site Berry Passion :

La graine de chanvre, le « chènevis », était semée à la volée, fin Avril ou début Mai. Vers le milieu de l’été… pouvait commencer l’arrachage des pieds… Les pieds femelles étaient passés à travers les dents d’un « érussoir », sorte de gros peine de fer qui se destinait à récupérer la semence pour l’année suivante. Le reste de la récolte était mis en bottes, était porté généralement dans des fosses, ou dans des « boires » à l’eau stagnante, pour ce qui est nommé « rouissage ».


Les cordiers ne cultivaient pas eux-même tout le chanvre dont ils avaient besoin. Ils étaient plutôt « prestataires de service » : on leur apportait le matériau, ils donnaient la corde en retour, moyennant salaire.
La technique en elle-même comporte trois étapes :

– le peignage des fibres à l’aide d’un séran. Le séran est une sorte de grande brosse avec des pics métalliques. Cela permet de nettoyer le chanvre et séparer les fibres.

– le filage : le cordier dévide le fil de chanvre.
– le câblage, dernière étape. On réunit plusieurs fils par torsion pour obtenir un toron. Enfin, plusieurs torons permettront de produire une corde.

Sources :
Sur internet :
Métiers d’autrefois
, généalogie.com, vieux métiers, Berry passion.
Nos ancêtres vies & métiers n°2, p15.

Les Gentils Dépouilleurs

Pour ce premier vrai billet, j’ai décidé de rendre hommage à ces gentils dépouilleurs (GD) qui me permettent de rechercher mes racines malgré l’éloignement.
En effet, comme je travaille à près de 500km de ma famille et que les archives du département du Cher ne sont pas encore en ligne, mon seul salut est de fréquenter les salles de lecture lors de mes congés. Mon arbre aurait alors mis un bon moment à s’élever s’il n’y avait ces GD de Registre 18. Ils proposent en effet les dépouillements des BMS d’un bon nombre de villages du Haut Berry ce qui facilite grandement mes recherches. Un grand merci à eux.

Registre 18 c’est ici.