Mon père, cet inconnu … Jacques Champion

Cela arrive à tout généalogiste, à un moment où un autre lors de ses recherches : trouver un ancêtre né de père inconnu. C’est le cas de mon Sosa n°112 Jacques CHAMPION, né le 18 février 1810 à Feux de Jeanne CHAMPION alors âgée de 30 ans et de père inconnu.

Il n’en faut pas plus pour piquer ma curiosité, car d’autres éléments de son acte de naissance sont étonnants :
1. Le métier de Jeanne CHAMPION : mendiante
2. Elle n’est pas originaire de ce village, mais de Crézancy-en-Sancerre à 20km de là.
3. Alors que j’imaginais difficile pour une femme ayant un enfant naturel de se marier … elle trouvera un mari à peine 3 ans après la naissance de Jacques.

Il me faut alors fouiller les archives et tout reprendre par ordre chronologique :

Pour une raison que je n’ai pas encore élucidée, toute la famille CHAMPION, Jeanne y compris, déménage de Crézancy-en-Sancerre où Pierre CHAMPION était vigneron. Elle s’installe à Feux, au lieu-dit des Beurthes.
Le 11 mai 1808, Bonnet CHAMPION, frère de Jeanne, décède à l’âge de 22 ans. Il était domestique et vivait « dans la maison de sa mère ». J’apprends alors que son père est également décédé, mais aucune trace d’un acte. Peut-être ont-ils quitté Crézancy suite à ce décès ?
Le 18 février 1810 nait Jacques CHAMPION.

Le 9 février 1812 une certaine Marie LUMINAIRE, 48 ans, décède à Feux, à la loge du Pont. Mais que vient-elle faire dans notre histoire ?

Le 20 septembre 1813, son veuf de mari âgé de 51 ans épouse Jeanne CHAMPION. Il s’appelle Jacques CHEVALLIER. Son prénom ne vous dit rien ? Il est tour à tour manœuvre et fendeur de bois.
Bien entendu, nous ne saurons jamais la vérité, mais je pense qu’il y avait bien anguille sous roche.

Recherches nivernaises

Mes ancêtres n’étaient pas de grands voyageurs. En effet, après un savant calcul sur les 1002 ancêtres que j’ai trouvé pour le moment … seuls 4 ne sont pas originaires du Cher, soit 0,4%.
Mais comme je l’ai écrit, c’est pour le moment car les départements limitrophes ont la bonne idée de bien vouloir mettre en ligne leurs archives. Je vais pouvoir ainsi partir à la recherche des ancêtres qui ont émigré en Berry. C’est le cas de la Nièvre où les mises en ligne vont bon train. Avant de m’y mettre sérieusement, je vais vous présenter rapidement mes ancêtres nivernais :

Jean BEAUNEZ (ou BONNE), mon SOSA n°242, la huitième génération de mon arbre. Ce que je sais, c’est qu’il est né à Préporché le 19 février 1789 de Jean BEAUNEZ et Jeanne MILLARY. Il épouse Marie CANDRET le 22 mai 1836 à Herry. Il a 47 ans, elle en a 17. De leur union naît Rosalie BEAUNEZ, mon aïeule. Il décède le 11 décembre 1860 à Herry, au Chêne d’Herry. De Préporché dans le Morvan à Herry cela fait tout de même 100 km ! En plus de retrouver les ascendants de Jean BEAUNEZ, j’aimerai bien savoir ce qu’il c’est passé entre 1789 et 1836 … il a bien dû avoir un précédent mariage !

Françoise GALLARD, ma SOSA n° 291, la neuvième génération de mon arbre. Elle serait originaire de Saint-Père ou de Cours, à côté de Conse-sur-Loire. Cela dépend des sources ! Elle est la fille de Blaise GALLARD et Solange THEURIET. Elle épouse Jean DELAPORTE à Sury-en-Vaux le 9 mai 1775 où elle terminera ses jours.

 

Meunier sur la Belaine

J’ai dans mes ascendants plusieurs meuniers. Mais il n’est pas toujours précisé dans les actes le lieu précis du moulin ; il faudrait pour se faire dépouiller les recensements ou les archives de notaire. Ce n’est qu’à l’état de projet pour l’instant

Heureusement on peut parfois tomber sur ces informations qui permettent de pousser les investigations un peu plus loin. Ainsi, François THOMAS (1776-1817) aurait été meunier à Moulin Alix, sur la commune de Sury-en-Vaux. Renseignement pris, ce moulin se trouve sur la Belaine.
La commune de Sury-en-Vaux était apparemment bien pourvue en moulins : moulins à vent sur les collines ou à eau dans le creux des vallons. La Belaine n’est qu’un ruisseau prenant sa source au sud du Petit Chaudenay à Ménetou-Râtel. Il traverse ensuite Sury-en-Vaux, longe le bois de Charnes puis traverse Bannay avant de rejoindre le Ru et le lit de la Loire. Ce ruisseau aurait alimenté jusqu’à sept moulins, aujourd’hui presque tous disparus, ou plutôt réhabilités.

Source : Géoportail
Carte de Cassini (source : Géoportail)

Un internaute a étudié l’historique des noms de ruisseaux dans notre région, voici ce qu’il a pu trouver sur la Belaine :


Riparia de Siagacoin in Vallibus, La rivière de Baillene, Ripparia de Vellene, Baillene, Bellennes, La rivière de Vallenes, La Veleyne, Rivière de la Vellaine, La rivière de Bellennes, La rivière de Belaines, La rivière de Ballaine, Vellaine, la rivière de Belaine, Ruisseau de Belaine

Ceci est un condensé : plus d’informations sur le site ici.

Au fond coule la Belaine … ici au nord du Moulin Granger (source Google Maps – Street View)

Déclarant, tout un métier

J’ai découvert lors de dépouillements systématiques de sépultures des déclarants qui reviennent très souvent dans les actes. Et bizarrement, ils sont le plus souvent cités comme « amis » des défunts.

En voici quelques-uns pour la commune de Saint-Bouize, tirés du début du XXème siècle

– Clément DUCROUX, secrétaire de mairie (1914-1917)
– Adrien GABOT, sans profession (1912-1918)
– Hubert GAUDRY, maréchal (1910)
– Eugêne LOGNON, instituteur (1910-12)
– Pierre MECHIN, garde champêtre (1918)
– Ovide PICARD, marchand de bois (1913)
– Louis TRUCHON, charpentier (1913 – 1918)

Ces hommes étaient soit artisans, soit représentants de l’État. Le plus souvent le premier déclarant était une personne de la famille ou un voisin, et en second déclarant on pourrait retrouver l’un de ceux que j’appellerais « déclarant professionnel » à moins qu’officiel ne soit plus exact. Jamais je n’aurai pu découvrir ceci en ne m’intéressant qu’à ma généalogie. Les archives ont beaucoup de choses à nous apprendre !

Dur dur

Et oui dur dur d’avancer sur sa généalogie lorsque l’on n’est pas sur place. Je ne suis pas déjà en retraite, et même si j’ai des congés je n’ai pas forcément l’occasion de me rendre régulièrement aux archives. Archives qui ont d’ailleurs la fâcheuse tendance d’être en vacances en même temps que moi. Alors je profite des ressources sur internet … et j’essaie de faire progresser la généalogie des autres en participant à ces dépouillements.

C’est finalement cela que j’ai découvert en même temps que la généalogie, beaucoup de générosité.

Scholastique, drôle de prénom

Si je suis de moins en moins étonnée par les prénoms étranges que je peux rencontrer lors de mes recherches, j’avoue que Scholastique est un prénom qui m’intrigue toujours !

Dans mon arbre se trouve Scholastique REVERDY, née à Savigny en Sancerre le 10 février 1766, de parents vignerons. Elle se marie avec Alexandre DEZAT, lui-même vigneron à Sury-en-Vaux en 1792. Je n’en dirais pas plus, car je pense écrire plus longuement sur ce couple que j’aime bien.
Ils donneront ce même prénom Scholastique à leur fille née en 1798.

J’ai recherché les enfant qui auraient pu recevoir ce même prénom dans le village de Savigny-en-Sancerre :

– Le 10 février 1764 nait Scholastique DESREAUX à Savigny. Elle est la fille de Sylvain DESREAUX, laboureur et Marie DYON. Elle décède le 30 décembre 1765.
– Le 10 février 1769 nait Scholastique GITTON, à Savigny. Elle est fille d’un manœuvre François GITTON et Anne ROBERT.
– le 9 février 1777 nait Scholastique TIROT, fille de Jean-Baptiste TIROT Cabaretier et Marie Anne ROBLIN. Elle décède le 25 mars.
– le 14 février 1778 nait Scholastique MOINDROT, fille de François MOINDROT, manœuvre et de Magdelaine PAURON.
D’autres porteront le même prénom par la suite. Les parents sont d’origine modeste, mais voyez-vous le point commun le plus troublant ?

En faisant cet inventaire, je me suis dit que c’est tout de même une drôle de coïncidence, toutes ces naissances autour du 10 février. C’est tout simplement la date de sainte Scholastique. Voilà le mystère de ce drôle de prénom résolu. Mes aïeux n’ont fait « que » choisir le prénom en fonction de la date de la naissance.

Pour information sainte Scholastique est la sœur de saint Benoît.

Ornements de toiture

J’ai visité l’exposition temporaire « compagnons célestes » proposée par l’écomusée du pays de Rennes. Comme à chaque fois une très bonne exposition. Mais ce qui m’intéresse le plus ici, c’est surtout ce qui tourne autour des métiers associés. J’ai ainsi pu compléter ce que j’ai pu voir avec les archives d’une exposition qui s’est tenue à Bourges, mais dont je n’avais pas entendu parler. En fait, il n’y a pas à proprement parlé de métier spécifique aux ornements.

  • Le charpentier est impliqué au premier plan tout comme le couvreur qui pose les épis. Certains couvreurs pouvaient également être des créateurs de tuiles faitières ou épis en zinc par exemple.
  • Le potier fabriquait ceux en terre. Selon la composition, la terre était cuite une ou plusieurs fois. Les autres matériaux possibles étaient l’ardoise, le plomb ou encore le zinc. En Ille-et-Vilaine, de nombreux potiers étaient présents à Chartres-de-Bretagne ; dans ma région d’origine, le Sancerrois, les zones de production les plus proches étaient la Borne ou Morogues ; c’est le grès que l’on rencontre majoritairement.

Quelques exemples ci-après :


Les épis de faîtage à Bourges c’est ici.
L’écomusée de Rennes par .

Implexe … et demi, Marguerite SENEE

Pour les non initiés, un ancêtre est dit implexe lorsqu’il est rencontré à plusieurs endroits dans son arbre généalogique. Cela correspond vulgairement à ce que l’on pourrait appeler de la consanguinité. Cela était notamment monnaie courante dans les familles royales, ce qui est bien loin d’être mon cas.

J’avais rencontré fréquemment ces couples en « doublon » dans mon arbre. Mais tout récemment je suis tombée sur une aïeule qui est implexe … mais qui a eut deux maris différents, deux unions que je retrouve à différents endroits de mon arbre.

Marguerite SENEE est née à Verdigny le 10 février 1692, de Louys SENEE et Marguerite CHASTIGNIER.

– Elle se marie le 7 janvier 1712 à Verdigny avec Jean PRIEUR, manoeuvre, un gars du cru. De leur union naîtrons Jean PRIEUR (ancêtre de ma 9ème génération), Louis, Marguerite et Jeanne. Je ne connais pas la date exacte, mais le premier mari de Marguerite SENEE décède entre 1724 et 1727.

– En 1727 Marguerite SENEE se marie de nouveau à Verdigny, le 21 janvier avec Louis REVERDY un vigneron. De cette union naîtrons Pierre, Jean (qui ne vivra que 18 mois), Jean, René, Marguerite (ancêtre de ma 9ème génération) et André.

Le dirigeable République à Jussy le Chaudrier

En fouillant dans des cartes postales anciennes, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un dirigeable accidenté à Jussy le Chaudrier. Il me fallait mieux connaître cet évènement !

Le république était un dirigeable militaire mis en service en 1908, avant de réaliser différentes campagnes.

Le 3 septembre 1909, le dirigeable quitte les Yvelines. Il rejoins Montargis situé à 103km en 3h. Il survole ensuite Briare, Cosne et arrive à la Charité sur Loire.

Cependant un problème dans la circulation d’eau contraint l’équipage à atterrir en urgence. Il s’arrête au lieu-dit des Policards à Jussy-le-Chaudrier. La nacelle subit des avaries, tout comme de nombreuses autres parties du dirigeable.

Du gaz s’échappe. La décision est prise de dégonfler le dirigeable … puis de le transporter par chemin de fer.

Après remontage et différentes manoeuvres, ce dirigeable connaîtra une fin tragique en s’écrasant lors du voyage du retour le 25 septembre 1909.

Un site très complet sur l’histoire des dirigeables à Chalais Meudon.

Un article sur l’accident du dirigeable, sur histoire généalogie.